Jia Pingwa
Jia Pingwa
Gulu, "Fours anciens", village reculé des montagnes du Shaanxi, dans la Chine du Nord, est réputé depuis des siècles pour la qualité de sa porcelaine. Rythmé par les travaux saisonniers, la quête de nourriture et le poids des traditions, le quotidien de ses habitants n'était jusque-là que la répétition d'un même ennui. Pissechien est le souffre-douleur autant que la mascotte du bourg. Petit de taille malgré ses treize ans, d'origine incertaine, il rend de menus services aux villageois. Truchement du merveilleux dans ce monde dur, il parle aux animaux, assujettis eux aussi à la loi du plus fort. Mais si la vie était rude avant la Révolution culturelle, elle devient alors absurde. La gestion du village tourne à la foire d'empoigne et Gulu glisse dans le chaos. Les rebelles affrontent les révolutionnaires pour s'emparer des précieux fours à porcelaine. Protégé par sa "mauvaise origine de classe" et sa candeur, Pissechien assiste, en observateur, au déferlement de haine. Véritable événement littéraire en Chine à sa parution, L'art perdu des fours anciens amène le lecteur au plus près des mécanismes de la violence politique et sociale qui ont marqué le pays en profondeur. Cette ambitieuse étude de moeurs qui se donne à lire comme une satire magistrale nous révèle un immense conteur.
Gulu, "Fours anciens", village reculé des montagnes du Shaanxi, dans la Chine du Nord, est réputé depuis des siècles pour la qualité de sa porcelaine. Rythmé par les travaux saisonniers, la quête de nourriture et le poids des traditions, le quotidien de ses habitants n'était jusque-là que la répétition d'un même ennui. Pissechien est le souffre-douleur autant que la mascotte du bourg. Petit de taille malgré ses treize ans, d'origine incertaine, il rend de menus services aux villageois. Truchement du merveilleux dans ce monde dur, il parle aux animaux, assujettis eux aussi à la loi du plus fort. Mais si la vie était rude avant la Révolution culturelle, elle devient alors absurde. La gestion du village tourne à la foire d'empoigne et Gulu glisse dans le chaos. Les rebelles affrontent les révolutionnaires pour s'emparer des précieux fours à porcelaine. Protégé par sa "mauvaise origine de classe" et sa candeur, Pissechien assiste, en observateur, au déferlement de haine. Véritable événement littéraire en Chine à sa parution, L'art perdu des fours anciens amène le lecteur au plus près des mécanismes de la violence politique et sociale qui ont marqué le pays en profondeur. Cette ambitieuse étude de moeurs qui se donne à lire comme une satire magistrale nous révèle un immense conteur.
Car Bruno savait rire avec moi. Avec son sourire, ses airs tendres, ses phrases affectueuses qui plaisaient tant à sa petite soeur Laura, la joie de vivre roulait en lui ses vagues nonchalantes. Non, il ne savait pas crier. Il ne criait jamais. Ou alors, s'il avait crié ce jour-là, face aux requins, son cri ne fut qu'un murmure qu'aucun être humain ne peut entendre. Un cri étouffé par la mer, mort-né. Et depuis je m'enorgueillis d'avoir fait de lui le héros de ma vie. Un dimanche matin, Bruno, jeune surfeur de vingt ans, disparaît en mer sur le spot de L'Ermitage, à La Réunion. Mais personne n'a rien vu ni rien entendu. Seul indice : une moitié de la planche de surf cisaillée, semble-t-il, par la gueule d'un requin-tigre, au-delà de la barrière de corail. En l'absence du corps, la mère refuse d'admettre que son fils unique soit mort... Plongeon dans les eaux tumultueuses du chagrin et de l'insomnie, jusqu'au jour où, sur les conseils de son mari, elle téléphone au père biologique de Bruno, qu'elle a aimé autrefois et qui l'a abandonnée alors qu'elle était enceinte. Mais quel sens donner à cet appel au secours? Quête d'une réconciliation ou désir de vengeance?...
Car Bruno savait rire avec moi. Avec son sourire, ses airs tendres, ses phrases affectueuses qui plaisaient tant à sa petite soeur Laura, la joie de vivre roulait en lui ses vagues nonchalantes. Non, il ne savait pas crier. Il ne criait jamais. Ou alors, s'il avait crié ce jour-là, face aux requins, son cri ne fut qu'un murmure qu'aucun être humain ne peut entendre. Un cri étouffé par la mer, mort-né. Et depuis je m'enorgueillis d'avoir fait de lui le héros de ma vie. Un dimanche matin, Bruno, jeune surfeur de vingt ans, disparaît en mer sur le spot de L'Ermitage, à La Réunion. Mais personne n'a rien vu ni rien entendu. Seul indice : une moitié de la planche de surf cisaillée, semble-t-il, par la gueule d'un requin-tigre, au-delà de la barrière de corail. En l'absence du corps, la mère refuse d'admettre que son fils unique soit mort... Plongeon dans les eaux tumultueuses du chagrin et de l'insomnie, jusqu'au jour où, sur les conseils de son mari, elle téléphone au père biologique de Bruno, qu'elle a aimé autrefois et qui l'a abandonnée alors qu'elle était enceinte. Mais quel sens donner à cet appel au secours? Quête d'une réconciliation ou désir de vengeance?...
Entouré par les monts Qinling, dans la province du Shaanxi, se trouve le Bourg-des-Cerisiers. Portée-la-Lumière, jeune femme aussi ravissante que brillante, vient d'y être nommée responsable de l'administration. Assistée de la fidèle Zhuzi, elle doit veiller à l'ordre et à l'« harmonie » sociale et répondre aux multiples doléances des villageois, qu'il s'agisse d'une infestation de poux ou de la construction d'une nouvelle usine supposée apporter la prospérité économique. Mais le coeur tendre de Portée-la-Lumière pourrait bien la conduire à sa perte. Dans ce roman colossal, Jia Pingwa peint un saisissant tableau de la Chine rurale, du petit peuple des campagnes et des nombreuses tensions et contradictions qui fissurent le vernis de la fameuse « harmonie » censée régner dans le pays. Traduit du chinois par Geneviève Imbot-Bichet