Joêl Mokyr
Joêl Mokyr
Prix Nobel d'Economie 2025. À la fin du XVIIIe siècle, une floraison d'inventions techniques a donné naissance à la Révolution industrielle et à la croissance économique régulière dont est issue la prospérité sans précédent d'aujourd'hui. Or, si le déroulement de cet épisode capital est désormais bien connu, ses origines demeurent mystérieuses. Pourquoi la Révolution industrielle s'est-elle produite en Occident et pas ailleurs ? La thèse de Joel Mokyr est qu'elle a été rendue possible par une culture de la croissance propre à l'Europe moderne et consacrée par les Lumières européennes. Les bases en ont été jetées dans la période 1500-1700, qui a vu les premières avancées scientifiques et techniques destinées à nourrir les développements explosifs de la suite. Elle a été favorisée par la fragmentation politique de l'Europe. Celle-ci a créé les conditions d'un "marché des idées" fonctionnant autour de la République des Lettres et assurant à la fois la protection des novateurs hétérodoxes et la circulation de leurs travaux. La comparaison avec la Chine achève de faire ressortir cette particularité européenne. En dépit de niveaux d'activité intellectuelle et technologique similaires, la version chinoise des Lumières est demeurée sous le contrôle de l'élite dirigeante, là où le polycentrisme européen a permis son expression indépendante. Combinant histoire économique, histoire des sciences et des techniques et histoire intellectuelle, Joel Mokyr montre, contre le préjugé selon lequel les idées ne sont que le reflet de l'infrastructure matérielle, comment la culture, les croyances, les valeurs ont été le facteur décisif de la transformation sociale. Un nouveau regard sur les racines de la modernité qui éclairera tous ceux qui s'interrogent sur la place que l'économie a prise dans notre monde.
Prix Nobel d'Economie 2025. À la fin du XVIIIe siècle, une floraison d'inventions techniques a donné naissance à la Révolution industrielle et à la croissance économique régulière dont est issue la prospérité sans précédent d'aujourd'hui. Or, si le déroulement de cet épisode capital est désormais bien connu, ses origines demeurent mystérieuses. Pourquoi la Révolution industrielle s'est-elle produite en Occident et pas ailleurs ? La thèse de Joel Mokyr est qu'elle a été rendue possible par une culture de la croissance propre à l'Europe moderne et consacrée par les Lumières européennes. Les bases en ont été jetées dans la période 1500-1700, qui a vu les premières avancées scientifiques et techniques destinées à nourrir les développements explosifs de la suite. Elle a été favorisée par la fragmentation politique de l'Europe. Celle-ci a créé les conditions d'un "marché des idées" fonctionnant autour de la République des Lettres et assurant à la fois la protection des novateurs hétérodoxes et la circulation de leurs travaux. La comparaison avec la Chine achève de faire ressortir cette particularité européenne. En dépit de niveaux d'activité intellectuelle et technologique similaires, la version chinoise des Lumières est demeurée sous le contrôle de l'élite dirigeante, là où le polycentrisme européen a permis son expression indépendante. Combinant histoire économique, histoire des sciences et des techniques et histoire intellectuelle, Joel Mokyr montre, contre le préjugé selon lequel les idées ne sont que le reflet de l'infrastructure matérielle, comment la culture, les croyances, les valeurs ont été le facteur décisif de la transformation sociale. Un nouveau regard sur les racines de la modernité qui éclairera tous ceux qui s'interrogent sur la place que l'économie a prise dans notre monde.
Répondre à des mails, envoyer des textos, lire des tweets : quel temps consacrons-nous à ces activités qui ont envahi notre quotidien et notre vocabulaire ? Une frénésie des messages a gagné nos sociétés. Cette forme d'écriture prolifère, elle devient même compulsive. Les messages ne nous font plus gagner du temps, ils sont devenus un passe-temps essentiel. Sommes-nous tombés sous leur empire ? L'auteur tente de comprendre cette évolution. Il se souvient des messagers passés, de l'apôtre Paul au facteur des chemins de campagne. Il évoque ces « billets » et « pneumatiques » qui ont préparé les SMS. Il analyse les effets de ce tout-message dans nos activités intellectuelles et sociales, nos relations, l'organisation de nos pouvoirs et de nos savoirs. Il se demande enfin ce que veut dire, dans ce nouvel espace, s'adresser à autrui.
Répondre à des mails, envoyer des textos, lire des tweets : quel temps consacrons-nous à ces activités qui ont envahi notre quotidien et notre vocabulaire ? Une frénésie des messages a gagné nos sociétés. Cette forme d'écriture prolifère, elle devient même compulsive. Les messages ne nous font plus gagner du temps, ils sont devenus un passe-temps essentiel. Sommes-nous tombés sous leur empire ? L'auteur tente de comprendre cette évolution. Il se souvient des messagers passés, de l'apôtre Paul au facteur des chemins de campagne. Il évoque ces « billets » et « pneumatiques » qui ont préparé les SMS. Il analyse les effets de ce tout-message dans nos activités intellectuelles et sociales, nos relations, l'organisation de nos pouvoirs et de nos savoirs. Il se demande enfin ce que veut dire, dans ce nouvel espace, s'adresser à autrui.