John Tolan
John Tolan
En 1290, le roi Edward Ier ordonne l'expulsion des Juifs d'Angleterre. Avec ce décret, deux siècles de présence juive semblent s'effacer de l'histoire du royaume. Pourtant, depuis leur installation au XIe siècle, les communautés juives ont occupé une place essentielle dans la société médiévale anglaise. Protégés par la Couronne, bénéficiant du droit exclusif de prêter de l'argent avec intérêt, des hommes et des femmes juifs financent chantiers, activités urbaines et études universitaires ; ils possèdent des maisons, louent des terres, fréquentent tavernes et marchés. Les sources révèlent un quotidien fait d'échanges, de voisinages et parfois d'intimités partagées avec les chrétiens. Mais cette coexistence suscite aussi peurs et convoitises. Les autorités ecclésiastiques dénoncent la proximité entre les confessions ; les crises politiques, notamment sous le règne de Henry III, attisent les violences. Endettés, certains rebelles s'en prennent aux créanciers juifs, tandis que se diffusent accusations de complot et de crimes rituels, appelées à une longue postérité dans l'antisémitisme européen. En revisitant ce passé méconnu, ce livre met au jour une réalité plus complexe : l'Angleterre du XIIIe siècle fut à la fois un espace d'interactions fécondes et l'un des creusets majeurs des imaginaires antijuifs.
Mahomet fascine l'Europe depuis le Moyen Âge. Les caricatures et portraits polémiques se sont répandus dans les pages des manuscrits, le représentant tour à tour comme un charlatan, un hérésiarque, un personnage lubrique ou l'incarnation de l'Antéchrist. Un personnage était né : le prophète de l'islam vu par les Européens.L'historien John Tolan en retrace ici le destin dans un récit passionnant.Alors que ce sont, tout d'abord, les peurs de la Chrétienté qui se cristallisent dans les portraits de Mahomet, celui-ci deviendra pourtant au fil des siècles un objet de fascination, comme chez Goethe ou Lamartine. De même certains théologiens le tiendront pour un grand réformateur, et il sera admiré par Napoléon. Tantôt vilipendé, tantôt glorifié, Mahomet est un adversaire ou un allié toujours profitable, instrumentalisé par les Européens depuis des siècles dans leurs polémiques internes. Ainsi éclairé par une formidable érudition, il devient une figure incontournable pour comprendre comment l'Europe s'est construite. Un livre qui fera date.
« J'ai honte. J'ai d'autant plus honte que Paris n'appartient pas qu'aux Parisiens. C'est le joyau de la couronne...La capitale n'enthousiasme plus les Français tant la pollution, la saleté, la vie chère, l'insécurité, les embouteillages, le stress et la morosité de la ville y sont devenus de véritables repoussoirs. La moitié des Parisiens songe à quitter la capitale. Un record ! Pour la première fois Paris perd des habitants et des classes ferment faute d'élèves. Un bilan bien peu glorieux. Je veux faire tomber les masques, en finir avec les indignations de façade et les déclarations de principe sans lendemain. J'ai tenu à dénoncer les nombreuses contradictions d'Anne Hidalgo et ses subterfuges grossiers pour maquiller la réalité.Comme beaucoup, j'ai le sentiment de ne pas être entendu. Comme beaucoup, j'ai le sentiment de ne pas être représenté. Comme beaucoup, j'aime Paris.Comme beaucoup, j'ai honte de ce qu'elle est devenue. » Élu du XVIIIe arrondissement, disposant d'un poste d'observation privilégié sur les scandales qui agitent le mandat d'Anne Hidalgo, Pierre Liscia saisit sur le vif une ville à l'agonie.
Qu'est-ce qu'être musulman au XXIe siècle ? Pour certains, l'essence de l'islam serait la charia, loi qui dicte le comportement rituel et social, révélée par Dieu au Prophète et à la première communauté de fidèles. Pour d'autres, l'islam serait une spiritualité ouverte sur le monde, célébrant la diversité de l'humanité et la paix. De telles divergences ne sont pas nouvelles. Avec cet ouvrage, John Tolan raconte comment ce dernier-né des trois grands monothéismes s'est développé, non pas en autarcie mais en contact avec les traditions religieuses juives et chrétiennes, dans un mélange de cultures arabe, grecque, perse... Il analyse les fondements et les mutations de l'islam. Cette histoire longue nous montre que les fractures au sein d'un monde musulman tantôt ouvert, tantôt rigoriste, sont autant de défis posés à la possibilité d'une entente entre Orient et Occident.
Au premier siècle de l'islam, la majeure partie de l'Empire romain chrétien, de la Syrie à l'Espagne, passa sous la coupe des musulmans. Confrontés à cette conquête aux proportions inédites, comment les chrétiens du Moyen Âge réagirent-ils, face à ce qu'ils percevaient comme une menace épouvantable, face aux Sarrasins et à leur "loi" ? À cette foi nouvelle, certains se convertirent ; d'autres prirent les armes pour lutter contre elle. D'autres encore choisirent de combattre par le verbe cette religion si orgueilleusement triomphante, qui semblait dire aux chrétiens que leur Dieu les avait abandonnés. C'est ainsi que, entre le VIIe et le XIIIe siècle, nombreux furent les polémistes qui prirent la plume pour en saper les fondements mêmes. L'islam ? Au pire, un culte païen, au mieux une hérésie. Mahomet ? Une nouvelle idole, ou un faux prophète lubrique. Le Coran ? Un tissu d'insanités, dont on cite des passages évidemment falsifiés. Au fil des siècles, les stratégies des penseurs chrétiens ou des missionnaires européens évoluent, à mesure que l'islam est mieux connu, pour affiner la charge et les arguments théologiques. Mais la guerre idéologique demeure un enjeu fondamental, si marquant qu'il sous-tend nos propres représentations aujourd'hui : le sentiment de supériorité des Occidentaux à l'égard des musulmans et des Arabes n'est pas né avec la colonisation, il plonge ses racines au Moyen Âge.
Au premier siècle de l'islam, la majeure partie de l'Empire romain chrétien, de la Syrie à l'Espagne, passa sous la coupe des musulmans. Confrontés à cette conquête aux proportions inédites, comment les chrétiens du Moyen Âge réagirent-ils, face à ce qu'ils percevaient comme une menace épouvantable, face aux Sarrasins et à leur "loi" ? À cette foi nouvelle, certains se convertirent ; d'autres prirent les armes pour lutter contre elle. D'autres encore choisirent de combattre par le verbe cette religion si orgueilleusement triomphante, qui semblait dire aux chrétiens que leur Dieu les avait abandonnés. C'est ainsi que, entre le VIIe et le XIIIe siècle, nombreux furent les polémistes qui prirent la plume pour en saper les fondements mêmes. L'islam ? Au pire, un culte païen, au mieux une hérésie. Mahomet ? Une nouvelle idole, ou un faux prophète lubrique. Le Coran ? Un tissu d'insanités, dont on cite des passages évidemment falsifiés. Au fil des siècles, les stratégies des penseurs chrétiens ou des missionnaires européens évoluent, à mesure que l'islam est mieux connu, pour affiner la charge et les arguments théologiques. Mais la guerre idéologique demeure un enjeu fondamental, si marquant qu'il sous-tend nos propres représentations aujourd'hui : le sentiment de supériorité des Occidentaux à l'égard des musulmans et des Arabes n'est pas né avec la colonisation, il plonge ses racines au Moyen Âge.
Le Saint chez le Sultan. La rencontre de François d'Assise et de l'Islam. Huit siècles d'interprétat
En 1219, dans le cadre de la cinquième croisade, François d'Assise rend visite au sultan Malik al-Kâmil. Cette rencontre du christianisme et de l'islam n'a cessé depuis huit siècles de nourrir interprétations et représentations. Des discours hagiographiques à Benoît XVI en passant par Voltaire, des fresques de la basilique d'Assise aux gravures de Gustave Doré, l'événement a suscité une abondance de points de vue : geste de martyr ? mission de prédication aux infidèles ? acte d'audace naïf ? volonté de négocier une issue pacifique et, partant, modèle de dialogue pour l'Église d'aujourd'hui ? Autant de questions qui sont ici replacées dans leur contexte et soumises au crible du regard de l'historien. Professeur d'histoire médiévale à l'université de Nantes, John Tolan est l'auteur, notamment, des Sarrasins (Aubier, 2003, Flammarion, " Champs ", 2006).