Karen Blixen
Karen Blixen
Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Karen Blixen. Longue nouvelle, ou court roman, "Champ de douleur" est sans nul doute l'un des plus bouleversants récits de l'auteur du "Festin de Babette" et du célèbre roman autobiographique "La Ferme Africaine" (adapté au cinéma sous le titre de "Out of Africa" par Sydney Pollack). Inspirée par une légende du Slesvig, l'histoire se déroule dans la campagne danoise où règne un seigneur tout puissant. L'un de ses sujets, fils d'une veuve, est accusé d'avoir incendié une grange. La mère vient supplier le maître qui lui propose d'épargner son fils si elle peut faucher seule, en une journée, un immense champ de blé. Le jour de la moisson venu, sous un soleil écrasant, devant le seigneur et tous les paysans rassemblés, la mère parvient à achever son terrible labeur avant de mourir d'épuisement.
« Par une nuit de pleine lune de l'année 1863, un boutre, allant de Lamu à Zanzibar, faisait route à environ un mille de la côte. » Sur ce bateau, Saïd, neveu d'un chef puissant, le grand conteur Mira et Lincoln, un Anglais roux, devisent à propos de leur capacité à rêver. Ce dernier entreprend de raconter son histoire, qui n'est peut-être qu'une fable : une grande histoire d'amour et de trahison, qui emporte l'auditeur à travers le monde, et nourrit ses rêves. À la manière des Mille et une nuits, Karen Blixen tisse un conte flamboyant, où se conjuguent verve, humour, poésie et un brin de folie. Cet enregistrement d'exception, réalisé en 1987 a été remastérisé par Audiolib pour faire revivre ce chef d'oeuvre du patrimoine sonore. Durée : 03H08
Pellegrina Leoni, la diva qui a perdu sa voix, fuit Rome et rencontre un homme dans les montagnes. Il lui raconte son secret qui le tient éloigné de la civilisation. Confiante que, malgré la dureté de la vie, Dieu octroie parfois un « da capo », un recommencement, une résurrection, elle se réfugie dans l'église d'un petit village. Elle y entend alors sa propre voix, dans le corps d'un enfant, chanter le « Magnificat ». Elle décide alors de prendre comme élève ce jeune soliste, rescapé d'une catastrophe. « Non, dit Pellegrina, je ne suis pas de l'espèce des lunatiques et vous, comme tous les autres, vous êtes en droit de vous moquer de moi. Mais voyez-vous, Niccolo, certains voyageurs sont attirés par un but qu'ils ont devant eux comme le fer est attiré par l'aimant. D'autres sont poussés par une force qui se trouve derrière eux de la même façon que la flèche est projetée par la corde. » K.B. « Échos » (1957), nouvelle tirée de « Nouveaux contes d'hiver », traduction de l'anglais par Solange de La Baume, Gallimard, 1977
Dans le fjord norvégien de Berlewaag, un pasteur a élevé dans l'humilité et le dénuement Martine et Philippa, ses deux filles. La communauté pieuse veille sur ses « petites soeurs » après la disparition de leur saint père, quand elles recueillent chez elles Babette. Cette réfugiée française, rescapée des massacres qui ont suivi la Commune de Paris, devient leur servante. Mais lorsqu'elle remporte une somme fabuleuse à la loterie, les soeurs s'inquiètent de la voir partir. Babette les prie de la laisser préparer en l'honneur de leur père un souper fin à la française. Elles le craignent alors comme leur perdition. « Rappelons-nous que la langue, cette partie du corps si petite, se glorifie d'accomplir de grandes choses. Nul homme ne peut discipliner sa langue : c'est un démon insoumis, qui peut distiller un poison mortel. Le jour anniversaire de notre maître, nous nettoierons nos langues, les purifiant de toute concupiscence et de tout dégoût, les préservant pour leur seule haute fonction, qui consiste à louer et à remercier le Seigneur. » K.B. Stéphane Audran a interprété l'inoubliable Babette du film oscarisé de Gabriel Axel (1987). Elle nous initie, avec Karen Blixen traduite par Marthe Metzger, à ce don premier de l'oralité.
Le symbole mystérieux d'un collier qui a une perle de trop. La réalité crue qui vient anéantir le rêve et le bonheur offerts à une jeune aristocrate insouciante. L'aventure, dans le port d'Anvers, d'un écrivain malheureux, qui fuit sa propre vie... Tels sont les thèmes et les personnages de ces trois contes. Et à travers eux, Karen Blixen nous démontre que le conte est bien l'instrument privilégié de l'exploration des mystères de la personnalité. Le doux velours du timbre d'Anne Brochet nous transporte dans l'univers mystérieux des contes de Karen Blixen. Une lecture posée qui met en mouvement l'imagination de l'auditeur.