Karine Tuil
Karine Tuil
Juillet 1914. Adrien Capestang, dit « le Scrof », vit exilé à Iéna, en Grande Lande de Gascogne, loin de sa riche famille. Devenu boiteux à la suite d'une tuberculose, il vit solitaire dans une petite métairie. La guerre bouleverse bientôt son existence : son frère aîné en revient fou, un autre est tué, Joseph, le père, meurt. Devenu responsable du domaine familial, Adrien se heurte à son beau-frère, Alexis Montabaud, qui cherche fortune dans l'exploitation de la forêt et contre lequel il devra se battre pour sauver sa terre et l'honneur de sa famille.
Difficulté de communication, perte de mémoire, irritabilité, apathie... les principaux symptômes de la maladie d'Alzheimer isolent progressivement une personne de la société et génèrent chez elle une grande angoisse. Famille et accompagnants s'épuisent dans la mission d'aide, sans savoir comment partager avec le malade autre chose que du soin. L'art-thérapie textile, grâce à des objectifs thérapeutiques simples (stimuler la communication verbale et non verbale, la gratification sensorielle, la mémoire émotionnelle et procédurale...) réenclenche entre la personne malade et ses accompagnants le partage relationnel, apaise son angoisse et diminue les symptômes. Cet ouvrage propose des activités d'art-thérapie textile autour de la broderie, de la couture et du tricot, faciles à mettre en oeuvre en fonction des différents stades de la maladie, qui permettront au malade de recouvrer estime de soi et dignité.
« Je t'ai aimée en un quart de seconde, adorée au bout de deux heures. Il me fallut vingt ans pour te haïr. » De son mariage, le narrateur, le docteur Paul Epstein, estime n'avoir goûté que le pire. Pour sa femme, il a renoncé à sa famille, à ses origines juives, à ses rêves : il lui fera payer le prix de ses sacrifices. Excédé, il décide de se débarrasser d'elle en lui écrivant une lettre qui la tuera : un crime avec son stylo pour seule arme. Un à un, il affûte ses mots comme des couteaux dans le seul dessein de supprimer cette femme qui porte le fruit de leur union maudite. D'une voix sombre aux accents cruels, il dissèque le quotidien avec une minutie quasi chirurgicale. Les rancoeurs, trop longtemps contenues, éclatent. Les critiques fusent. Les menaces grondent. De sa femme, il déteste tout : son odeur, ses attitudes, son corps déformé par la grossesse, son regard éteint. Et il le lui dit sans détour. Quand l'amour a déserté, l'Autre devient un ennemi à abattre. À travers ce message de haine rédigé dans un style sec et incisif, le narrateur nous livre sa vision désenchantée de la vie conjugale. Et cet acte d'une violence inouïe l'entraînera dans une folie dévastatrice qui n'épargnera personne.
On l'appelle Belzébuth, Astaroth, Satan ou Démon. Pour les uns, c'est le Diable, pour d'autres, le Malin. Beaucoup le craignent encore, mais certains et certaines lui ont voué un culte pervers. Pour les satanistes, un petit clan de fanatiques franco-britanniques, les dévotions rendues au Maître diabolique sont assez particulières, car celui-ci exige, non seulement des sacrifices charnels d'une totale impudeur, mais encore des holocaustes sanglants. C'est à la suite de la découverte, à Paris, d'une lady anglaise, violée à mort, que le commissaire Griffon et son petit commando vont, avec la collaboration d'un superintendant de Scotland Yard plus britannique que nature, entreprendre une poursuite qui les mènera du Londres de l'aristocratie, à celui des bas-fonds. Dans ces conditions, ce serait bien le Diable si Sophie Leclerc, Lionel Savary et Gribovitch, menés d'un train d'enfer par le commissaire Griffon et le superintendant Morrow, ne mettaient hors d'état de nuire, après une poursuite endiablée, leur démoniaque adversaire.
Une affaire bien juteuse que cette agence très spéciale dirigée par un industriel du vice, offrant, sur catalogue, aux P.-D.G. argentés en quête d'âme soeur, des proies aussi juvéniles que consentantes. Une productivité en progression explosive en cette période d'austérité. Jusqu'au petit grain de sable classique, qui allait voir entrer en scène une bande de voyous en rupture avec la société, une dizaine de fidèles de Lesbos obsédées par le sexe... sans oublier le commando spécial de la Police des moeurs. Une fois encore, Griffon, Sophie Leclerc, Alex Gribovitch et Lionel Savary allaient devoir payer de leur personne ! Une équipe très spéciale pour cas très spéciaux. C'est le nouveau commando de Police des moeurs, un service autonome capable de mener la vie dure aux criminels du vice grâce à son action discrète et rapide. À sa tête, un policier peu orthodoxe mais d'une efficacité redoutable, le commissaire principal Pierre Griffon. Sous ses ordres, un jeune inspecteur, qui trompe son monde parce qu'il n'a pas la tête de l'emploi, Lionel Savary ; un bricoleur de génie doté d'une mémoire d'ordinateur, Alex Gribovitch ; et l'inspecteur de charme, Sophie Leclerc, qui manie aussi bien le sourire que le pistolet.
Mai 2016. Dans une aile ultrasécurisée du Palais de justice, la juge Alma Revel doit se prononcer sur le sort d'un jeune homme suspecté d'avoir rejoint l'État islamique en Syrie. À ce dilemme professionnel s'en ajoute un autre, plus intime : mariée depuis plus de vingt ans à un écrivain à succès sur le déclin, Alma entretient une liaison avec l'avocat qui représente le mis en examen. Entre raison et déraison, ses choix risquent de bouleverser sa vie et celle du pays... Avec ce nouveau roman, Karine Tuil nous entraîne dans le quotidien de juges d'instruction antiterroristes, au coeur de l'âme humaine, dont les replis les plus sombres n'empêchent ni l'espoir ni la beauté.
-50%
Mai 2016. Dans une aile ultrasécurisée du Palais de justice, la juge Alma Revel doit se prononcer sur le sort d'un jeune homme suspecté d'avoir rejoint l'État islamique en Syrie. À ce dilemme professionnel s'en ajoute un autre, plus intime : mariée depuis plus de vingt ans à un écrivain à succès sur le déclin, Alma entretient une liaison avec l'avocat qui représente le mis en examen. Entre raison et déraison, ses choix risquent de bouleverser sa vie et celle du pays... Avec ce nouveau roman, Karine Tuil nous entraîne dans le quotidien de juges d'instruction antiterroristes, au coeur de l'âme humaine, dont les replis les plus sombres n'empêchent ni l'espoir ni la beauté.
-50%
« Tu sais ce qui arrive à ceux qui pensent qu'on peut survivre en respectant des lois morales ? Tôt ou tard, ils finissent piétinés. » Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique ; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Leur fils, Alexandre, étudie dans une prestigieuse université américaine. Mais alors que tout semble leur réussir, une accusation de viol fait voler en éclats ce qu'ils avaient si chèrement acquis. Ce roman puissant interroge la violence du monde contemporain et nous confronte à nos peurs : qui est à l'abri de se retrouver un jour piégé dans un redoutable engrenage ?
« Tu sais ce qui arrive à ceux qui pensent qu'on peut survivre en respectant des lois morales ? Tôt ou tard, ils finissent piétinés. » Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique ; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Leur fils, Alexandre, étudie dans une prestigieuse université américaine. Mais alors que tout semble leur réussir, une accusation de viol fait voler en éclats ce qu'ils avaient si chèrement acquis. Ce roman puissant interroge la violence du monde contemporain et nous confronte à nos peurs : qui est à l'abri de se retrouver un jour piégé dans un redoutable engrenage ?
« Tu sais ce qui arrive à ceux qui pensent qu'on peut survivre en respectant des lois morales ? Tôt ou tard, ils finissent piétinés. » Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique ; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Leur fils, Alexandre, étudie dans une prestigieuse université américaine. Mais alors que tout semble leur réussir, une accusation de viol fait voler en éclats ce qu'ils avaient si chèrement acquis. Ce roman puissant interroge la violence du monde contemporain et nous confronte à nos peurs : qui est à l'abri de se retrouver un jour piégé dans un redoutable engrenage ?
Un an après avoir quitté l'Élysée, Dan Lehman, ancien président de la République, n'est plus que l'ombre de lui-même. Le couple iconique qu'il formait avec l'actrice Hilda Müller n'est qu'une façade. Alcoolique, menacé par des affaires judiciaires, il tente de revenir sur la scène médiatique tandis que Hilda tient le rôle principal d'un film qui pourrait être sélectionné au festival de Cannes. Mais les fractures de leur vie privée brouillent les frontières entre drame personnel et fiction. Dans cette comédie humaine où l'addiction répond à la difficulté de vivre, où la jeunesse et le capital social deviennent les meilleures armes de séduction, se joue une guerre clandestine, mais qui en sortira victorieux ? Laurent Stocker et Coraly Zahonero de la Comédie-Française forment un duo exceptionnel pour incarner un roman puissant, dans lequel Karine Tuil sonde les mécaniques cruelles du pouvoir. Couverture : © Xavier Lambours / Signatures (détail)
Un an après avoir quitté l'Élysée, Dan Lehman, ancien président de la République, n'est plus que l'ombre de lui-même. Le couple iconique qu'il formait avec l'actrice Hilda Müller n'est qu'une façade. Alcoolique, menacé par des affaires judiciaires, il tente de revenir sur la scène médiatique tandis que Hilda tient le rôle principal d'un film qui pourrait être sélectionné au festival de Cannes. Mais les fractures de leur vie privée brouillent les frontières entre drame personnel et fiction. Avec ce nouveau roman puissant, Karine Tuil sonde les mécaniques cruelles du pouvoir. Dans cette comédie humaine où l'addiction répond à la difficulté de vivre, où la jeunesse et le capital social deviennent les meilleures armes de séduction se joue une guerre clandestine, mais qui en sortira victorieux ?
Un an après avoir quitté l'Élysée, Dan Lehman, ancien président de la République, n'est plus que l'ombre de lui-même. Le couple iconique qu'il formait avec l'actrice Hilda Müller n'est qu'une façade. Alcoolique, menacé par des affaires judiciaires, il tente de revenir sur la scène médiatique tandis que Hilda tient le rôle principal d'un film qui pourrait être sélectionné au festival de Cannes. Mais les fractures de leur vie privée brouillent les frontières entre drame personnel et fiction. Avec ce nouveau roman puissant, Karine Tuil sonde les mécaniques cruelles du pouvoir. Dans cette comédie humaine où l'addiction répond à la difficulté de vivre, où la jeunesse et le capital social deviennent les meilleures armes de séduction se joue une guerre clandestine, mais qui en sortira victorieux ?
"L'amour n'est rien d'autre qu'une des compensations que la vie offre parfois en dédommagement de sa brutalité." De retour d'Afghanistan où il a perdu plusieurs hommes, le lieutenant Romain Roller est dévasté. Au cours d'un séjour de décompression à Chypre, il tombe sous le charme de Marion Decker, mais découvre dès le lendemain que cette jeune journaliste est mariée à François Vély, un entrepreneur franco-américain très influent. Au même moment, Romain renoue avec son ami d'enfance Osman Diboula, fils d'immigrés ivoiriens devenu une personnalité politique montante. Tentant désespérément de reprendre le contrôle de leur vie, tous ces protagonistes sont entraînés dans un engrenage qui révèle la violence du monde.
"L'amour n'est rien d'autre qu'une des compensations que la vie offre parfois en dédommagement de sa brutalité." De retour d'Afghanistan où il a perdu plusieurs hommes, le lieutenant Romain Roller est dévasté. Au cours d'un séjour de décompression à Chypre, il tombe sous le charme de Marion Decker, mais découvre dès le lendemain que cette jeune journaliste est mariée à François Vély, un entrepreneur franco-américain très influent. Au même moment, Romain renoue avec son ami d'enfance Osman Diboula, fils d'immigrés ivoiriens devenu une personnalité politique montante. Tentant désespérément de reprendre le contrôle de leur vie, tous ces protagonistes sont entraînés dans un engrenage qui révèle la violence du monde.
Le kaddish est l'une des prières de deuil que les juifs récitent plusieurs fois par jour. Il a pour objet, non pas la mort, mais le futur et la sanctification du nom divin. Il n'existe pas de kaddish pour l'amour - alors une femme l'écrit pour l'homme dont elle est séparée. Dans Kaddish pour un amour, celle qui aime cherche l'aimé dans l'absolu de sa présence. La langue est ciselée, épurée, témoin de la fragilité du sentiment amoureux. Ce splendide recueil, habité par un souffle mystique, renoue avec une tradition poétique hébraïque trois fois millénaire et offre une prière universelle pour le retour de l'être aimé.
Le kaddish est l'une des prières de deuil que les juifs récitent plusieurs fois par jour. Il a pour objet, non pas la mort, mais le futur et la sanctification du nom divin. Il n'existe pas de kaddish pour l'amour - alors une femme l'écrit pour l'homme dont elle est séparée. Dans Kaddish pour un amour, celle qui aime cherche l'aimé dans l'absolu de sa présence. La langue est ciselée, épurée, témoin de la fragilité du sentiment amoureux. Ce splendide recueil, habité par un souffle mystique, renoue avec une tradition poétique hébraïque trois fois millénaire et offre une prière universelle pour le retour de l'être aimé.
Mai 2016. Dans une aile ultrasécurisée du Palais de justice, la juge Alma Revel doit se prononcer sur le sort d'un jeune homme suspecté d'avoir rejoint l'Etat islamique en Syrie. A ce dilemme professionnel s'en ajoute un autre, plus intime : mariée depuis plus de vingt ans à un écrivain à succès sur le déclin, Alma entretient une liaison avec l'avocat qui représente le mis en examen. Entre raison et déraison, ses choix risquent de bouleverser sa vie et celle du pays...
Intellectuel, homme politique, écrivain et historien, Jacques Benoist-Méchin (1901-1983) est l'auteur de mémoires d'une qualité littéraire et d'un intérêt historique exceptionnel.Jeune écrivain, ivre de musique, admirateur de Marcel Proust, Jacques Benoist-Méchin (1901-1983) cède au vertige de son époque. En 1936, les jeux Olympiques de Berlin marqueront le début de sa fascination pour le national-socialisme, à tel point que, cinq ans plus tard, il prendra part au gouvernement de Vichy en tant que secrétaire d'État chargé des rapports franco-allemands. Il relate ensuite sa descente aux enfers durant les années 1943-1947, au terme desquelles il sera condamné à mort par la Haute Cour de justice. Gracié et libéré en 1954, il ne cessera, dès lors, de parcourir le monde arabe, dont le premier il devina l'éveil. Benoist-Méchin est l'un de ces personnages de l'Histoire qui suscitent les controverses les plus passionnées. Mais la valeur de cette confession, d'une écriture magistrale et plus captivante que maints romans, est incontestable et capitale notamment pour comprendre le phénomène totalitaire. L'édition de ces souvenirs publiés après la mort de leur auteur est assurée par Éric Roussel, à qui l'on doit notamment des biographies de Georges Pompidou, Pierre Mendès France, Charles de Gaulle, Pierre Brossolette, François Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing.
Sam Tahar semble tout avoir : la puissance et la gloire au barreau de New York, la fortune et la célébrité médiatique, un « beau mariage »... Mais sa réussite repose sur une imposture. Pour se fabriquer une autre identité en Amérique, il a emprunté les origines juives de son meilleur ami Samuel, écrivain raté qui sombre lentement dans une banlieue française sous tension. Vingt ans plus tôt, la sublime Nina était restée par pitié aux côtés du plus faible. Mais si c'était à refaire ? À mi-vie, ces trois comètes se rencontrent à nouveau, et c'est la déflagration... « Avec le mensonge on peut aller très loin, mais on ne peut jamais en revenir » dit un proverbe qu'illustre ce roman d'une puissance et d'une habileté hors du commun, où la petite histoire d'un triangle amoureux percute avec violence la grande Histoire de notre début de siècle.
"Il avait voulu être heureux, il avait voulu profiter et jouir, aimer et être aimé, c'était son irréfragable liberté, je ne le jugeais pas pour ça, je comprenais qu'on eût envie de vivre avec intensité mais je me demandais si l'on pouvait être heureux sur le malheur de quelqu'un d'autre." Dan Lehman, président de la République déchu, vient de quitter l'Élysée. Le couple iconique qu'il formait avec l'actrice Hilda Müller n'est plus qu'une façade. Tandis que Lehman tente de revenir sur la scène médiatique, Hilda tient le rôle principal d'un film sélectionné au festival de Cannes. Dans cette comédie humaine où l'addiction répond à la difficulté de vivre, où la jeunesse et le capital social deviennent des armes de séduction se joue une guerre clandestine. Mais qui en sortira victorieux ? "Un roman foisonnant, addictif et haletant." Anne-Élisabeth Lemoine, C à vous. "Un opéra des temps modernes où l'amour est partout, avec son lot de violences et de jeux de pouvoir." Augustin Trapenard, La Grande Librairie. "Un jeu de massacres délicieusement divertissant." Laurent Chalumeau, Le Masque et la Plume. "Un roman cruel sur le pouvoir, qui en cache un autre, brillant, sur l'effondrement des rapports de forces régissant notre société." Olivia de Lamberterie, Elle. "Une mise à nu des arcanes du pouvoir." Isabelle Spaak, Le Figaro littéraire. "Le roman s'intéresse aux jeux, aux masques, avec une virtuosité éblouissante." Sophie Delassein, Le Nouvel Obs. "Une fresque féministe, entre tragédie shakespearienne et vaudeville, sur fond de #MeToo." Philippe Chevilley, Les Échos
« Je ne t'avais pas vraiment entendue la première fois que tu m'as fait cette remarque, il y a deux semaines : - Je croyais que dans le passé les gens voyaient en noir et blanc, comme sur les vieilles photos. C'était mignon, d'une pure poésie ; je l'avais même noté le soir sur mon ordinateur, dans ce journal de notre nouvelle vie ensemble. Avec ça, je croyais savoir t'écouter, être mieux qu'un père ordinaire pour sa fille. » Quand sa fille affirme qu'elle ne distingue plus les couleurs, il s'inquiète, comme il craint que cela ne réveille des conflits avec la mère de Rose, dont il s'est récemment séparé. Dès lors, il oscille entre la recherche fébrile d'un remède et l'espoir insensé que Rose mente. Suffit-il d'aimer sa petite fille pour être un bon père et la protéger de la violence de la vie ? Nicolas Le Golvan nous montre, avec justesse et tendresse, que ce sont souvent les enfants qui guident leurs parents.
« Je ne t'avais pas vraiment entendue la première fois que tu m'as fait cette remarque, il y a deux semaines : - Je croyais que dans le passé les gens voyaient en noir et blanc, comme sur les vieilles photos. C'était mignon, d'une pure poésie ; je l'avais même noté le soir sur mon ordinateur, dans ce journal de notre nouvelle vie ensemble. Avec ça, je croyais savoir t'écouter, être mieux qu'un père ordinaire pour sa fille. » Quand sa fille affirme qu'elle ne distingue plus les couleurs, il s'inquiète, comme il craint que cela ne réveille des conflits avec la mère de Rose, dont il s'est récemment séparé. Dès lors, il oscille entre la recherche fébrile d'un remède et l'espoir insensé que Rose mente. Suffit-il d'aimer sa petite fille pour être un bon père et la protéger de la violence de la vie ? Nicolas Le Golvan nous montre, avec justesse et tendresse, que ce sont souvent les enfants qui guident leurs parents.
« Vissés dans la cuisine, nous regardions avec complicité la ronde des casseroles qui dessinait les contours du souper. Le dimanche soir, on finissait le riz gras qui avait habillé le rôti de boeuf à l'heure du déjeuner. Ah ! ce riz croustillant, ébloui de beurre, qui chante en bouche ! Ah ! ces petits pains au chocolat issus du surplus de la pâte à tarte ! Ah ! cette salade de fruits confite dans son jus naturel ! Ah ! ce clafoutis aux cerises explosant de jutosité ! Repas de rien, repas économiques. On ne saluera jamais assez l'imagination des ménagères de cette époque. Trois fois rien et le paradis ouvre ses portes. »Pour mieux se raconter, Jean-Luc Petitrenaud nous invite chez lui, dans les maisons qui ont le plus compté dans sa vie. De l'Auvergne à la Normandie, des souvenirs tendres et gourmands qui font la part belle à l'enfance, à l'amitié et à la douceur de vivre.
« Vissés dans la cuisine, nous regardions avec complicité la ronde des casseroles qui dessinait les contours du souper. Le dimanche soir, on finissait le riz gras qui avait habillé le rôti de boeuf à l'heure du déjeuner. Ah ! ce riz croustillant, ébloui de beurre, qui chante en bouche ! Ah ! ces petits pains au chocolat issus du surplus de la pâte à tarte ! Ah ! cette salade de fruits confite dans son jus naturel ! Ah ! ce clafoutis aux cerises explosant de jutosité ! Repas de rien, repas économiques. On ne saluera jamais assez l'imagination des ménagères de cette époque. Trois fois rien et le paradis ouvre ses portes. »Pour mieux se raconter, Jean-Luc Petitrenaud nous invite chez lui, dans les maisons qui ont le plus compté dans sa vie. De l'Auvergne à la Normandie, des souvenirs tendres et gourmands qui font la part belle à l'enfance, à l'amitié et à la douceur de vivre.
« Je m'appelle Saül Weissmann, mais ne vous fiez pas à mon nom qui n'est pas juif en dépit des apparences. J'ai été, pendant soixante-dix ans, un imposteur pour les autres et pour moi-même. » Ainsi commence la confession du narrateur, un vieux survivant d'Auschwitz qui apprend de la bouche d'un rabbin qu'il n'est pas juif selon la Loi de Moïse. Traqué en tant que juif pendant la guerre, le voilà rejeté par les siens et ignoré par la femme qu'il devait épouser. Saül Weissmann se trouve en proie à une véritable crise identitaire : un autre Weissmann, son double issu de la négation de sa judéité, surgit en lui-même. S'engage alors un dialogue difficile entre ce juif et ce non-juif qui cohabitent en lui. Pour Weissmann, c'est le début d'un long questionnement : quelle identité doit-il revendiquer ?
« Dans l'anonymat d'une chambre d'hôtel, l'une des femmes les plus puissantes d'Allemagne se donna à un homme dont elle ne savait rien, qu'elle n'avait vu que deux fois dans sa vie... »Mais au bout de quelques mois, l'homme menace de révéler à la presse leur liaison : tous leurs ébats ont été filmés. Juliana Kant la milliardaire dénonce le gigolo. On l'emprisonne, la morale est presque sauve.Une affaire de moeurs chez les riches ? Une liaison amoureuse qui tourne au chantage sordide ? Karine Tuil, dans son roman le plus troublant, dévoile l'arrière-monde de cette aventure risquée : qui est à l'origine d'une telle fortune allemande ? Pourquoi le grand-père de Juliana, premier mari de Magda Goebbels, et militant nazi, n'a-t-il pas été arrêté à la Libération ? Sait-on que le père d'adoption de Magda était un juif qu'elle a renié puis laissé mourir ? Pourquoi les Kant ont-ils gardé le silence sur leurs activités industrielles sous le Reich ? Et si humilier sexuellement la jolie bête blonde était une forme de vengeance ? Les fils ont-ils d'ailleurs reconnu la faute des pères, les vivants ont-ils pardonné aux morts ?
« Longtemps j'ai pensé que le jour où je parviendrais à publier un livre sur mon père, je cesserais définitivement d'écrire. » Ecrire sur son père : tel est le contrat signé par la narratrice avec un grand éditeur. Mais comment aborder ce personnage aux masques toujours différents, aux zones d'ombre opaques ? Comment présenter cet homme-caméléon, Juif d'origine, mais qui s'engagea auprès de la cause palestinienne, époux et père en apparence convenable mais qui entretint sous le toit familial une relation adultère, chirurgien renommé mais qui, contre toute attente, mit fin à ses jours ? Pour venir à bout de cet ouvrage impossible, la narratrice va se glisser dans la peau d'un personnage fictif, Adam, fils imaginaire qu'elle a toujours rêvé d'être et auquel elle va progressivement s'identifier. A travers ce regard masculin se dessine alors le portrait tendre et amer d'un père à la personnalité multiple : charismatique au point d'en être dominateur, doté d'un caractère imprévisible, séducteur invétéré, comme en témoigne sa liaison avec une jeune Russe, l'énigmatique Elena... Parallèlement au tableau qu'elle dresse de cet homme en quête de paternité, la narratrice se laisse entraîner dans une relation passionnée avec son éditeur : entre répulsion et domination, cette liaison va permettre de révéler les secrets d'une vie baignant dans le mensonge et l'illusion, dans laquelle s'enchevêtrent engagement politique, refus de la judéité, corruption, trahison, tabous sexuels. Vrai et faux, chimère et réalité, passé et présent s'entremêlent ainsi en un ballet trouble savamment orchestré par l'auteur, qui, au même titre que ses personnages, exerce une véritable domination sur son lecteur.
« Du plus loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie en situation irrégulière. Il me semblait qu'à tout moment quelqu'un pouvait surgir chez moi en hurlant : Police ! Contrôle d'identité ! Et me contraindre à le suivre. C'était absurde, personne n'avait songé à me mettre à la porte, mon casier judiciaire était vierge et je n'envisageais aucune action terroriste ». La narratrice, un écrivain français de trente ans, est arrêtée par erreur avec des immigrés clandestins lors d'un contrôle d'identité sauvage. Mi-fascinée, mi-voyeuse, elle décide de se faire passer pour une immigrée roumaine et devient malgré elle victime de la machinerie bureaucratique. Placée dans un centre de rétention administrative de la région parisienne, elle découvre ces immigrés séquestrés qui tournoient dans l'attente hébétée d'une décision du juge : libération ou renvoi au pays, la tour de Babel des langues et des codes, le racisme entre noirs et arabes, la course à l'identité, n'importe laquelle, pourvu qu'on vous laisse en paix. Là-bas, elle va connaître des sentiments contradictoires, entre amour et crainte, pour un clandestin séducteur et manipulateur? Mais ces exilés la ramènent à son propre statut : fille d'immigrés juifs, née en France, elle s'est toujours sentie en situation irrégulière. Sur ce sujet ô combien d'actualité ! Karine Tuil pose les bonnes questions : pourquoi cherchons-nous à être aimés quand il suffirait qu'on nous tolère ? Quel prix à payer pour avoir la certitude d être français ? Sommes-nous tous des immigrés ? L'auteur, qui a eu exceptionnellement accès au centre de Roissy, a écrit ici un roman coup de poing, bouleversant d'inquiétude, à mi-chemin entre le pamphlet et la lettre d'amour aux siens. Un livre où Karine Tuil s'obsède à traquer l'assimilation impossible à la Douce France.
« Du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours admiré les clowns, les humoristes, les antihéros, les faux atrabilaires, les ironiques, les cyniques et les provocateurs. Le rire est transgression. » A cette liste Karine Tuil devrait ajouter le personnage du « looser » désenchanté, lâche, affabulateur et mauvais fils qu'est le héros (anti-héros serait plus juste) de son dernier roman, Jérémy Sandre dit Jerry Sanders. Humoriste exilé volontairement à New York pour s'y produire dans une « stand up » comédie, ce maladroit cumule les handicaps : français habitant dans le quartier arabe après le 11 septembre, donc réduit à la portion congrue de la société du spectacle, fiancé à une fille de l'Est, père d'une jeune fille belle comme le péché, dont il ne s'est jamais vraiment occupée. Dégringolant l'échelle sociale plus vite qu'il ne l'a jadis escaladée, Jérémy s'installe dans l'imposture en faisant croire aux siens, à distance, que l'Amérique lui fait un accueil triomphal. Finalement contraint de revenir en France, sa parentèle va finir de l'exaspérer. Jusqu'au meurtre d'un ancien associé, personnage vil et corrompu, dans des conditions dont on ne dira rien ici. Quand le livre s'ouvre, Jérémy est emprisonné. De sa cellule où il attend le jugement et la délivrance, Jérémy comme Job se lamente, partagé entre le grinçant de la comédie et les larmes de l'échec programmé. Karine Tuil a écrit avec une virtuosité inégalée le roman du rire et de l'oubli. Tel un personnage de Saul Bellow, Jérémy prend la terre entière à témoin de l'impasse existentielle où il est réduit par sa faute. N'ayant plus rien à perdre, il préfère en rire. Nous aussi, d'ailleurs.
Deux frères la trentaine passée, issus d'une même famille de la petite bourgeoisie, père traducteur de l'espagnol, mère enseignante, Arno et Vincent, pareillement élevés dans la religion du Livre, le respect des mots, sans vanité ni ambition : pourtant tout les oppose. Vincent, désormais « trader » indifférent jusqu'au cynisme, amateur de chaussures féminines jusqu'au fétichisme, adore les signes extérieurs de la réussite, les objets onéreux, les amours tarifés. Il se présente ainsi : « j'étais un polygame contrarié, bientôt père ». Arno, le frère aîné, l'autorité de tutelle malgré sa pauvreté, est devenu écrivain, réservant aux lecteurs de ses deux livres (Le Tribunal conjugal et Le Tribunal familial) la primeur de tous les vices de Vincent, ses frasques, ses liaisons, son caractère odieux. Arno est l'espion, le délateur, le juge : les frères ennemis ne se parlent plus que par avocat interposé mais continuent de se détester. « Je ne savais pas rompre avec mon frère » dit Vincent. Jusqu'au jour où la maladie neuronale de leur père, sa réification progressive, ne les incite à renouer l'impossible dialogue au chevet d'un homme jadis voué à la langue qui ne parvient plus à assembler les mots. C'est alors comme s'ils perdaient dans le labyrinthe névrotique de leurs émotions d'enfants, que le financier en apparence insensible découvre bien des choses : la vraie nature de son frère ; le visage inconnu de son père ; de quoi sont capables les femmes quand elles souffrent ; ses propres sentiments pour une brune espagnole surgie du passé. A moins que tout ne soit que littérature ! Alternant le ton d'un comique sans illusions qui montre les humains menés par leurs vices, le sexe et l'argent, avec l'écriture d'une tragédie familiale aux secrets émouvants, détournant pour mieux s'en moquer les codes de l'autofiction, Karine Tuil a composé un fort habile livre-gigogne, tout en dévoilements et en fausses surprises : une sorte de suspense familial, où nul n'est gardien de son frère, et qui puise sa force au plus profond de la haine et de l'amour.