Laure Adler
Laure Adler
Et si la libération des femmes devenait aussi celle des hommes ? Ce dialogue audacieux entre Laure Adler, Emma Becker et Romain Roszak explore une voie inédite : celle d’une émancipation partagée, loin des clichés de la domination masculine.
« [...] ce sont des corps présents, physiques, visibles qui sont toujours en train d'évoquer des choses qui ne sont pas là, ce qui constitue le contrat imaginaire entre nous et le public. » Sopro, création 2017 de Tiago Rodrigues, nous amène au coeur du théâtre : la parole offerte au public le soir du spectacle. Si les mythes, les classiques, la tradition nous précèdent et nous dépassent, grâce au « contrat imaginaire » entre artistes et spectateurs la parole est libre de resurgir, ici et maintenant, sur les planches d'un plateau. Dans le devenir sans fin de l'histoire, une chose est sûre : sopro, le souffle des êtres humains, va rester à jamais...
« Essayer de faire du nouveau, de l'art, tenter quelque chose, c'est un combat ; que ce soit ce combat-là, c'est ce que j'espère du théâtre. Et voilà que quelque chose se constitue publiquement face à une oeuvre. Que cela doive se constituer dans une bataille, je pense que c'est de notre temps. » Quand Marie-José Malis aborde Hypérion d'Hlderlin, elle veut en transmettre la philosophie aux spectateurs. Le poète a imaginé une nouvelle organisation du monde pour atteindre le bonheur. Cela passe par la nécessité d'apprendre à aimer le monde, les hommes et tout ce qu'engendre l'humanité, entre autres, la pauvreté, les échecs et ne plus avoir peur de la perte. Voilà le bonheur de Marie-José Malis, des idées qu'elle propage sur la scène.
« Pour moi cette communauté de corps, cette agrégation de corps nus est un début possible de quelque chose, ou bien la fin. » Comédienne, dramaturge et metteuse en scène, Emma Dante trace un panorama de la scène italienne en le situant dans un plus vaste contexte européen. En parcourant l'histoire du théâtre des cinquante dernières années, elle observe l'évolution ininterrompue des expressions artistiques. C'est justement dans ce sillage que s'inscrit Bêtes de scène, à l'intérieur d'une recherche de formes esthétiques tant nouvelles qu'anciennes. Anciennes comme le théâtre, ou, plutôt, comme le genre humain.
« Dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, on a besoin d'avoir des littératures immenses, d'être face à des choses qui sont gigantesques, pas par la taille ou la durée, mais par la pensée, l'élégance, la puissance de l'écriture. La situation est tellement critique qu'il ne suffit pas de choses « grandes » ou « bonnes », il faut des choses gigantesques. » Faut-il lire au théâtre ? Julien Gosselin montre à quel point il peut être intéressant, voire essentiel, d'aller au-delà du théâtre parlé. Le théâtre, c'est aussi une lecture, des vidéos, de la poésie, de la musique. Un mélange des genres mis en pièces autour de grandes oeuvres.
« Pour moi il y a forcément la notion d'histoire, de raconter une histoire. » Passionné de contes et de « petites anecdotes » depuis l'enfance, Thomas Quillardet considère la notion d'histoire comme la pierre angulaire de la création théâtrale. Révélation du Festival 2017, ce jeune metteur en scène déclare avoir pleinement satisfait son inspiration artistique grâce à Tristesse et joie dans la vie des girafes, pièce qui a eu le mérite de concilier deux types de travail apparemment aussi différents que la traduction et la mise en scène. La rencontre entre ces deux activités ouvre un univers imaginaire destiné à un public de tout âge.
« Je ne cherche donc absolument pas à enlever les rugosités que le handicap produit, les difficultés de parler, de maîtriser certaines choses. À travers ces difficultés se pose une question qui est humaine, profondément existentielle, celle de nos propres limites. [...] C'est extrêmement palpable chez eux sur le plateau, et c'est sans doute ce qui les rend profondément théâtraux. » Madeleine Louarn entend confronter ses comédiens à la puissance de la langue et du corps. Le théâtre devient alors un combat pour dépasser ses propres limites, pour aller au-delà du handicap, pour vivre, tout simplement, par la langue d'un autre.
Dans les lieux de culture et de savoir, les bruits du monde s'entendent, s'écoutent. Dans leurs propos, dans leurs sensibilités, dans leurs mémoires, la création artistique comme la recherche scientifique transforment et performent une conscience du monde et celle d'être au monde. Par le geste et la parole, le récit prend corps et fait sens, résonne et raisonne. L'écho provoqué par les comédiens, metteurs en scène, chorégraphes, réalisateurs, hommes et femmes des mondes de l'art et du spectacle redessine les formes de notre regard sur le monde.
« Je ne cherche pas à être originale ou d'avant-garde. Non, pas du tout. Je cherche à être profondément influencée et la plus antique possible. » Dans cet entretien se déroulant le jour de la dernière de ¿Qué haré yo con esta espada?, Angélica Liddell revient longuement sur l'importance de l'écriture à ses yeux et son exigence de rigueur esthétique. Elle aborde ses principales influences, son rapport au monde et à sa violence. Loin de toute provocation, elle évoque notre être primitif, la relative capacité à l'étonnement de nos sociétés et son souhait d'amour.
« Mettre en scène » ne correspond en rien au travail que je fais aujourd'hui. J'ai quasiment supprimé la scène, transformé l'architecture théâtrale, rayé la notion de costumation, la notion de décoration et la notion de mise en scène elle-même. C'est donc un terme qui, dans mon cas, n'a plus de sens.
Marie Cappelle, en 1839, a passé vingt ans. Elle est belle, intelligente, raffinée. Elle rêve d'amours sublimes. Ses proches, par l'intermédiaire d'une agence, lui trouvent en deux jours un mari, auquel elle est quasiment vendue : Charles Lafarge, petit industriel du Limousin, veuf, gras, épais, inculte. Dès l'abord, il la dégoûte. Sitôt mariés, ils s'installent dans le lugubre manoir du Glandier. En janvier 1840, au terme d'une atroce agonie, Lafarge meurt. Dans sa chambre, partout, de l'arsenic. Tout désigne Marie comme la coupable. L'était-elle vraiment ? Elle est condamnée à Tulle aux travaux forcés à perpétuité, au terme d'un procès sensationnel. La France se divisa entre lafargistes et antilafargistes. L'histoire de Marie a fourni bien des traits à Madame Bovary.
"Elles existent à travers le monde, affrontant l'avenir avec inquiétude et tentant d'embrasser ce qu'elles perçoivent, de faire corps avec elles-mêmes, d'être au plus près de la faille, de l'incertitude, du trouble, de l'approche de la vérité." Laure Adler. La plume érudite et brillante de Laure Adler, remet très justement en lumière les femmes - écrivaines, artistes, penseuses ou photographes - qui ont trop souvent été invisibilisées. Cet ouvrage est une compilation originale des textes issus de la collection "Les Femmes qui", préfacé d'un essai inédit de Laure Adler.
« Je les ai lues, écoutées, aimées. Elles nous ont construites, bouleversées, changées. Elles sont toutes des femmes d'exception et c'est leur vie que je vais vous raconter. » Ainsi commence Laure Adler, qui nous offre l'histoire de huit femmes du 20ème siècle, dont le parcours et les engagements peuvent inspirer les femmes et les hommes d'aujourd'hui, de toute origine, de toute génération. Et aussi inspirer notre féminisme, traversé par tant de force, d'évolution, d'idées. Et confronté à bien des vents contraires. Huit personnalités que Laure Adler a choisies, connues par le combat et les livres, et parfois personnellement. Huit personnalités courageuses, combatives, attachantes, françaises, américaines, iraniennes, allemandes, aux destins incomparables. Pour chacune d'entre elle, Laure Adler nous raconte leur vie et leur combat, dans un esprit de partage et de sororité : Gisèle Halimi, Simone Weil, Marguerite Duras, Toni Morrison, Hannah Arendt, Simone Veil, Françoise Dolto, Mahsa Jina Amini. Avec l'autrice, et son talent inimitable, nous accompagnons ces héroïnes avec émotion, admiration, qui nous donne par-delà le temps, les mots, parfois la prison ou la mort, une force d'âme extraordinaire. Un livre passionné et généreux, inspiré de la série de podcasts de France Inter, ici magnifiquement maquetté et illustré.
"Avant de concevoir, elle se transforme en enquêtrice, en anthropologue, pour savoir de quoi les gens ont besoin ; toujours au centre, elle place l'homme. Plus tard peuvent venir les idées." Design, architecture, photographie... Il est impossible de restreindre le travail de Charlotte Perriand à un seul domaine d'expression. Au-delà d'une recherche esthétique, c'est une réflexion politique qu'elle développe pour rendre accessible au plus grand nombre un véritable art de vivre. À l'aide d'archives inédites, Laure Adler dévoile les multiples facettes de cette femme libre, engagée et visionnaire, qui a marqué le XXe siècle. De son éducation féministe à sa rencontre avec Le Corbusier, en passant par ses nombreux voyages et son amour de la nature et du sport, l'artiste se révèle ici dans son intimité.
"Avant de concevoir, elle se transforme en enquêtrice, en anthropologue, pour savoir de quoi les gens ont besoin ; toujours au centre, elle place l'homme. Plus tard peuvent venir les idées." Design, architecture, photographie... Il est impossible de restreindre le travail de Charlotte Perriand à un seul domaine d'expression. Au-delà d'une recherche esthétique, c'est une réflexion politique qu'elle développe pour rendre accessible au plus grand nombre un véritable art de vivre. À l'aide d'archives inédites, Laure Adler dévoile les multiples facettes de cette femme libre, engagée et visionnaire, qui a marqué le XXe siècle. De son éducation féministe à sa rencontre avec Le Corbusier, en passant par ses nombreux voyages et son amour de la nature et du sport, l'artiste se révèle ici dans son intimité.
Pourquoi tant de petites filles veulent-elles devenir danseuse ? Que signifie danser ? Est-ce célébrer la vie ? Partager son idée de la beauté ? Rechercher, dans ses ressorts les plus intimes, ce que peut et ce que veut notre corps ? Toutes ces questions, j’ai eu la chance de pouvoir les poser à Anne Teresa De Keersmaeker qui, pendant deux ans, m’a ouvert ses répétitions, ses archives et donné de son temps pour expliquer comment elle travaille, pourquoi elle travaille et comment ce travail la rend heureuse et lumineuse. L. A.
« Je suis une vieille blanche hétérosexuelle, cisgenre, mère de famille, grand-mère d'origine petite-bourgeoise, appartenant à un milieu privilégié, engagée à gauche depuis des décennies et croyant encore en elle. Autant vous dire que je ne suis pas du tout à la mode. Mais je suis féministe et surtout féministe. » L.A. Ce livre est un vagabondage, une balade géographique, des instants vécus, des rencontres avec des femmes dites « ordinaires », des conversations avec des jeunes filles, des enquêtes dans le milieu associatif où chaque jour, des femmes remarquables aident des femmes en difficulté. C'est aussi un voyage littéraire et historique pour tenter d'éclairer ce que fut être femme et ce que veut dire être femme aujourd'hui. C'est un cheminement, une tentative d'élucidation. Un manifeste féministe.
Dans ces entretiens avec Laure Adler réalisés peu de mois avant sa mort en automne 2021, Etel Adnan retrace avec profondeur et émotion les expériences fondatrices de sa démarche artistique, entre la poésie et la peinture. De sa jeunesse au Liban à sa reconnaissance tardive (et « fatigante ») lors de la Documenta en 2013, en passant par ses années américaines à New York et surtout en Californie, la conversation devient vite complice, et c’est le destin parfois difficile des femmes qui est revisité, questionné. Ce qui est étonnant, c’est la tonalité vivifiante et primesautière du livre, et l’absolue croyance en la beauté qui l’habite : la beauté du monde, la beauté de l’art. La conclusion est en vérité une magnifique ouverture : « Aujourd’hui, c’est le printemps. Il y a cette belle lumière. Regardez, les fleurs dans le vase. L’olivier sur le balcon. C’est une bonne journée. »
Découvrez la vie exceptionnelle de Françoise Héritier, anthropologue et féministe engagée, à travers le regard de Laure Adler. Une biographie vibrante qui célèbre la curiosité, la lutte pour l'égalité et la passion de comprendre l'autre.
« C'est un carnet de voyage au pays que nous irons tous habiter un jour. C'est un récit composé de choses vues sur la place des villages, dans la rue ou dans les cafés. C'est une enquête tissée de rencontres avec des gens connus mais aussi des inconnus. C'est surtout une drôle d'expérience vécue pendant quatre ans de recherche et d'écriture, dans ce pays qu'on ne sait comment nommer : la vieillesse, l'âge ? Les mots se dérobent, la manière de le qualifier aussi. Aurait-on honte dans notre société de prendre de l'âge ? Il semble que oui. On nous appelait autrefois les vieux, maintenant les seniors. Seniors pas seigneurs. Et on nous craint - nous aurions paraît-il beaucoup de pouvoir d'achat - en même temps qu'on nous invisibilise. Alors que faire ? Nous mettre aux abris ? Sûrement pas ! Mais tenter de faire comprendre aux autres que vivre dans cet étrange pays peut être source de bonheur... Plus de cinquante après l'ouvrage magistral de Simone de Beauvoir sur la vieillesse, je tente de comprendre et de faire éprouver ce qu'est cette chose étrange, étrange pour soi-même et pour les autres, et qui est l'essence même de notre finitude. « Tu as quel âge ? » Seuls les enfants osent vous poser aujourd'hui ce genre de questions, tant le sujet est devenu obscène. A contrario, j'essaie de montrer que la sensation de l'âge, l'expérience de l'âge peuvent nous conduire à une certaine intensité d'existence. Attention, ce livre n'est en aucun cas un guide pour bien vieillir, mais la description subjective de ce que veut dire vieillir, ainsi qu'un cri de colère contre ce que la société fait subir aux vieux. La vieillesse demeure un impensé. Simone de Beauvoir avait raison : c'est une question de civilisation. Continuons le combat ! »L.A.
"Ce livre voudrait être un parcours pour non initiés dans les arcanes du théâtre contemporain, en restant au plus près de ceux qui le font et nous aident ainsi à vaincre le noir le temps d'une représentation." Laure Adler Dans Tous les soirs, Laure Adler convoque son histoire intime mais aussi la parole de figures théâtrales majeures : Krystian Lupa, Angélica Liddell, Ariane Mnouchkine, Peter Brook, Claude Régy, Joël Pommerat, Luc Bondy, Antoine Vitez, Patrice Chéreau, Romeo Castellucci, Krzysztof Warlikowski, François Tanguy, Thomas Jolly et Thomas Ostermeier.
Christian Boltanski vient de disparaître. Ce livre d'entretiens s'est achevé quinze jours auparavant. Il avait décidé de tout, du titre, de la couverture, de l'ordre des chapitres. Il semblait heureux de ce texte qu'il avait minutieusement relu et corrigé. Il ne faut pas y lire la moindre dimension testamentaire. Christian était habité par une force de vie peu commune, il riait tout le temps, il était très drôle, et ce fut une joie de faire ce livre avec lui. Il était comme on dit « un bon vivant », même si son oeuvre, dans ses différents registres et ce, depuis l'origine, était hantée par la mort. L'éphémère, la finitude, la fragilité, le hasard constituent en un entrelacs serré l'arche de ses pensées. L. A.
Christian Boltanski vient de disparaître. Ce livre d'entretiens s'est achevé quinze jours auparavant. Il avait décidé de tout, du titre, de la couverture, de l'ordre des chapitres. Il semblait heureux de ce texte qu'il avait minutieusement relu et corrigé. Il ne faut pas y lire la moindre dimension testamentaire. Christian était habité par une force de vie peu commune, il riait tout le temps, il était très drôle, et ce fut une joie de faire ce livre avec lui. Il était comme on dit « un bon vivant », même si son oeuvre, dans ses différents registres et ce, depuis l'origine, était hantée par la mort. L'éphémère, la finitude, la fragilité, le hasard constituent en un entrelacs serré l'arche de ses pensées. L. A.
" Ce livre est une invitation au voyage dans un étrange pays sans frontières, une terra incognita, un territoire où vit la moitié de l'humanité. On a dit que c'était un continent noir. Je pense, au contraire, qu'il est habité par la lumière et bruisse de toutes les voix qui, vivantes aujourd'hui ou venues du passé le plus lointain, ont construit notre histoire. Ce livre est un dictionnaire, donc une manière d' "entrer" à sa guise dans ce vagabondage où des femmes très célèbres cohabitent avec des anonymes. Il est "intime", car il est aussi, à mon insu, une sorte d'autobiographie. Dire qui l'on admire est inévitablement une forme de confession. Mon seul désir est de faire connaître ou reconnaître ces femmes, tant elles sont pour moi des exemples qui nous donnent courage, énergie, espoir. " Laure Adler
« J'avais envie de vivre avec les mots, avec les auteurs et d'y être avec tous les autres. » Après le succès rencontré par l'adaptation de la trilogie de Don DeLillo au Festival d'Avignon 2018, cette nouvelle Leçon de l'université de Julien Gosselin permet d'approfondir la pensée du jeune metteur en scène et de découvrir son esthétique. Au fil de ces pages, il expose sa quête incessante de l'incarnation littéraire et de l'intensité émotionnelle. À travers l'exercice d'une vraie radicalité théâtrale, son intention est d'élargir l'expérience dramatique pour que chacun puisse profiter de l'extraordinaire énergie produite par cet art.
« La vraie violence de la tragédie, c'est qu'on reste dans les ténèbres, tous. » Qu'est-ce qui pousse l'homme à sortir de l'humanité pour la violenter ? Thomas Jolly expose ici sa conception de la tragédie et de la pratique théâtrale. Dans l'adaptation de Thyeste de Sénèque, la mise en scène de « monstres » mythologiques témoigne de l'empathie du spectateur face à la faiblesse de la condition humaine. C'est l'histoire d'un crime innommable traduite par des mots, des sons et des images que seul ce théâtre artisanal et enchanteur peut produire.
« Je pensais qu'en vieillissant, l'ombre de ce que j'ai vécu pendant la guerre s'estomperait, que j'oublierais un peu. J'ai l'impression que c'est le contraire : soixante-dix ans après mon retour, ce passé est de plus en plus présent en moi. J'ai perdu mon sommeil d'enfant pendant la guerre et je ne l'ai jamais retrouvé. Je fais souvent le même cauchemar : la Gestapo me pourchasse. Mais je cours tellement vite que je me réveille. » Anise Postel-Vinay Écrit avec la complicité de Laure Adler et Léa Veinstein, Vivre relate avec simplicité le quotidien de celle qui n'aime pas qu'on l'appelle « résistante ». Arrêtée le 15 août 1942, déportée à Ravensbrück aux côtés de Germaine Tillion et Geneviève Anthonioz de Gaulle, Anise Postel-Vinay nous offre le récit d'une humanité plus forte que la barbarie.
A la rencontre de Simone Weil, philosophe, ouvrière, militante et résistante. De la guerre d'Espagne à l'usine, de l'exil à l'engagement au service de la "France libre", un itinéraire ardent et insoumis.
« C'est un cri du coeur. C'est une introspection. C'est un livre de questions. C'est une recherche. C'est un chantier personnel, moral, psychique et politique. Cette nuit je l'ai attendue longtemps mais lorsque j'y fus concrètement affrontée je ne tenais plus debout. Que peut-il se passer en une nuit dans un musée qui rassemble et protège les disparus qui n'ont pas eu le droit de sépulture ? » Quels sont les sentiments, les émotions, les réflexions que cette traversée du musée mémorial de Yad Vashem à Jérusalem a suscités ? Que signifie être juif, est-ce une question de religion, d'appartenance, de culture ou de nom ? À l'issue de la nuit, Laure Adler espère être « presque juive ».
Je suis né le 14 novembre 1930 dans une école, à Arceau, sur l'île d'Oléron. J'ai vécu dans cette école jusqu'à l'âge de neuf ans. Je me demande si elle existe encore. Le dimanche, la cour nous appartenait. Ma mère a été mon institutrice. Je suis resté un an dans sa classe et ce n'est pas un bon souvenir. Elle se croyait obligée d'être plus sévère avec moi puisque j'étais son fils. Mais c'était une bonne enseignante, comme me l'ont assuré certains de ses élèves que j'ai revus depuis. Pendant près d'un an, Pierre Bergé s'est confié à Joëlle Gayot. Parce que la parole s'envole mais que les écrits restent, ils ont décidé de faire ce livre. On y voit Pierre Bergé enfant d'anarchistes, défenseur de la cause homosexuelle, mémoire d'Yves Saint Laurent, grand mécène, mélomane averti, esthète collectionneur, homme d'affaires pacifiste, viscéralement de gauche et contre tous les conformismes. Ces entretiens sont prolongés par des conversations entre Pierre Bergé et Laure Adler, qui nous font découvrir un autre visage de cet homme à part, notamment ses goûts littéraires, de Louise Labé à Julian Barnes en passant par Villon, Marot, Flaubert, Proust, Stendhal, Rimbaud, Apollinaire, Genet, Giono, Jelinek, Coetzee, Roth.
Je suis né le 14 novembre 1930 dans une école, à Arceau, sur l'île d'Oléron. J'ai vécu dans cette école jusqu'à l'âge de neuf ans. Je me demande si elle existe encore. Le dimanche, la cour nous appartenait. Ma mère a été mon institutrice. Je suis resté un an dans sa classe et ce n'est pas un bon souvenir. Elle se croyait obligée d'être plus sévère avec moi puisque j'étais son fils. Mais c'était une bonne enseignante, comme me l'ont assuré certains de ses élèves que j'ai revus depuis. Pendant près d'un an, Pierre Bergé s'est confié à Joëlle Gayot. Parce que la parole s'envole mais que les écrits restent, ils ont décidé de faire ce livre. On y voit Pierre Bergé enfant d'anarchistes, défenseur de la cause homosexuelle, mémoire d'Yves Saint Laurent, grand mécène, mélomane averti, esthète collectionneur, homme d'affaires pacifiste, viscéralement de gauche et contre tous les conformismes. Ces entretiens sont prolongés par des conversations entre Pierre Bergé et Laure Adler, qui nous font découvrir un autre visage de cet homme à part, notamment ses goûts littéraires, de Louise Labé à Julian Barnes en passant par Villon, Marot, Flaubert, Proust, Stendhal, Rimbaud, Apollinaire, Genet, Giono, Jelinek, Coetzee, Roth.
« Les philosophes doivent être clairs et non pas profonds. Certains d'entre eux sont profonds par vocation, ils aiment cela, ils aiment avoir un jargon ténébreux. Cela, c'est la philosophie romantique. Ce n'est pas ma philosophie ». Alain Badiou repense le lien qui unit théâtre, politique et philosophie. Sa République de Platon offre au spectateur d'observer l'oeuvre originale au travers du prisme contemporain, alimenté par les évolutions et révolutions politiques survenues au cours de l'histoire, plaçant ainsi la république au coeur du Festival d'Avignon.