Laurent Bonelli
Laurent Bonelli
Les gangs occupent une place de choix dans les médias ou dans les discours politiques de nombre de pays d'Amérique latine. On les accable de maux et parfois même de déstructurer l'ensemble de leur société. Pourtant, ces regroupements demeurent assez mal connus. En effet, les données et statistiques officielles, les analyses médiatiques ou même les études en criminologie ne rendent pas compte de l'hétérogénéité et des évolutions sur le court et long terme des maras, pandillas et autres gangs latino-américains. L'ethnographie peut ici s'avérer utile. Contrairement à l'idée souvent avancée que la violence extrême rendrait impossible toute approche de ce type, depuis le début des années 1990, des chercheurs ont pu enquêter en immersion dans ces gangs. Ils présentent dans ce numéro de Cultures & Conflits leurs principaux résultats ainsi que leur réflexion sur une méthode qui constitue l'une des plus fines pour appréhender la réalité quotidienne comme les transformations de ces groupes dans le temps.
L'inquiétude produite par les attentats récents et par le départ de centaines de jeunes vers la Syrie a suscité un déferlement d'analyses, dont le caractère foisonnant masque l'absence quasi complète de données à grande échelle sur ceux qui épousent la cause djihadiste. C'est cette lacune que vient combler cette enquête, la plus fouillée à ce jour sur le sujet. Fondée sur l'étude systématique de 133 dossiers judiciaires de mineurs poursuivis pour des affaires de terrorisme ou signalés pour " radicalisation ", elle permet d'appréhender la manière dont les situations familiales, les relations avec les institutions, les cursus scolaires ou la socialisation entre pairs façonnent les appropriations de l'idéologie djihadiste. L'enquête révèle ainsi des types de radicalité différents, de la rébellion contre les familles ou les institutions à un engagement pour faire advenir une nouvelle utopie politique et religieuse. À rebours des clichés sur les " délinquants terroristes ", cet engagement peut aussi concerner des jeunes issus de familles stables, doués à l'école et sans passé judiciaire. De façon troublante, c'est aussi le rôle que les réponses institutionnelles peuvent parfois jouer dans les passages à l'acte que ce travail capital met au jour. Laurent Bonelli est maître de conférences en science politique de l'université de Paris-Nanterre. Fabien Carrié est docteur en science politique de l'université de Paris-Nanterre. Tous deux sont membres de l'Institut des sciences sociales du politique (UMR 7220).
Un voyage dans la prétendue " réforme de l'État " et ses effets, dans le paysage dévasté des services publics, services publics, que l'on voit silencieusement se dissoudre dans la logique néolibérale.
D'où vient l'inflation du thème de la sécurité dans notre société depuis plus de 25 ans ? Un livre somme, qui analyse ce nouveau paradigme, devenu central, sur la longue durée.