Laurent Jenny
Laurent Jenny
Ce livre explore des expériences de chute, et des représentations de la chute, à travers la lecture d'un certain nombre de textes littéraires, de l'accident de cheval raconté par Montaigne dans Les essais, jusqu'aux faux pas de Michaux dans Bras cassé. Avec Montaigne, l'expérience de la chute inverse la malédiction théologique : elle ouvre à une extase profane et à une appropriation de la terre. Il y a donc une histoire des chutes qui est, inévitablement, en relation avec celle des poétiques ou des métaphysiques construites autour de la chute (ainsi chez Baudelaire, Hugo ou Bataille). Cette histoire est sans doute celle de l'expérience elle-même, c'est-à-dire d'un savoir qui trouve sa place et sa légitimité dans la littérature. L'analyse littéraire au plus près des textes est, ici, l'instrument décisif d'une approche de ce savoir.
Comment vivre l'après-mai, quand les révolutions espérées ont avorté et que la parole s'emprisonne ? Peut-être faut-il partir pour l'Espagne policière, tenter de supporter une Vera qui s'excède de l'existence, que l'hôtel soit louche ou d'un luxe glacé. Déchiffrer tout seul la topographie mouvante d'une ville portuaire. Ou fuguer vers le désert. Comment vivre tous les après-mai ? Celui de 1971 aussi, quand Vera n'est plus là, quand Paris « s'énerve » d'inaction nocturne, quand Nanterre n'est plus qu'un campus poussiéreux où les petits Arabes viennent jouer avec les épaves de voitures ? Peut-être en écrivant un livre où l'on joue le jeu dangereux de sa biographie et de sa fiction, et où tout a en définitive la vérité du rêve, trouvée au bout des mots.
Pierre Champar, cinéaste en fuite, quitte Paris pour l’Italie et y rencontre une femme énigmatique. Entre apparences et désirs, ce roman explore la quête de sens et l’impossible saisie du bonheur.