Laurent Larcher
Laurent Larcher
« Il est temps de te dire, ma très chère fille, ce que nous avons fait au Rwanda. Pendant quatre ans, entre 1990 et 1994, la France a aidé et soutenu un régime qui préparait l’extermination d’une partie de sa population, les Tutsi. Nous savions que ce régime était raciste, qu’il préparait leur éradication, nous connaissions les crimes qu’il commettait, et pourtant, nous sommes intervenus militairement pour le défendre, pour le protéger et même pour le sauver. Sous notre bouclier, il a pu préparer et mettre en œuvre sa « solution finale ». « Le sais-tu ? Au printemps 1994, près d’un million de Tutsi ont été exterminés sous nos yeux. Et nous n’avons rien fait pendant cent jours. Puis nous avons envoyé nos meilleures troupes pour arrêter les « massacres » …, mais pas les génocidaires, que nous avons même aidés à fuir. Je vais te raconter ici une histoire inouïe où la mort de centaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants a moins compté que la défense de nos intérêts. « Après la Shoah, c’est la seconde fois que notre pays est associé à une extermination de masse. Nous ne pouvons pas tourner cette page comme si de rien n’était. A ton tour de savoir. Ces choses-là ne doivent pas être oubliées, l'identité et le rôle de ceux qui ont failli au Rwanda non plus, inscrivons leurs gestes et leurs noms dans nos livres, dans nos manuels d’histoire, dans notre mémoire collective pour leur plus grande honte. Cette histoire, leur histoire est aussi ton histoire. » Laurent Larcher est journaliste à La Croix. Il est notamment l’auteur de Rwanda, ils parlent. Témoignages pour l'histoire (Seuil, 2019), Une énigme française. Pourquoi les trois quarts des Juifs en France n'ont pas été déportés, avec Jacques Semelin (Albin Michel, 2022, prix Jules Michelet) et Souviens-toi. Mémoires à l'usage des générations futures, avec Jean Varret (Les Arènes, 2023).
« En décembre 2013, j'ai couvert la guerre en Centrafrique aux premiers jours de l'intervention française, l'opération Sangaris. J'étais accompagné d'une jeune photographe, Camille Lepage. Un samedi matin, nous avons assisté à un lynchage. Ce n'étaient pas des soldats russes ou syriens. Ce n'étaient ni des miliciens ni des djihadistes, pas plus que des Nazis ni des tortionnaires français de la guerre d'Algérie. C'étaient des femmes et des hommes de la rue, des gens comme vous et moi. Avec Camille, nous avons été entraînés par ce courant ultra-violent de gens ordinaires. Elle en est morte. » Comment faire l'expérience de la violence extrême sans en être soi-même changé ? Reporter de guerre, Laurent Larcher livre un récit haletant, au coeur des ténèbres, pour comprendre la mort d'une jeune photojournaliste. Du théâtre grec à René Girard, de Michel Foucault au grand roman américain, l'auteur confronte les textes à son expérience des violences de masse, cherchant à cerner cette soif de sang qui bat dans l'histoire de l'humanité.« Au fil de son récit, l'auteur propose une réflexion sensible sur notre rapport à la violence, qu'il éclaire par la mythologie, l'histoire, la littérature ou la philosophie. La Fureur et l'Extase est un récit passionnant de correspondant de guerre, enrichi d'une sincère introspection. Larcher nous plonge dans l'univers de ces journalistes courageux - on croise aussi des hommes d'Eglises débordés et des diplomates français déboussolés -, mais sans jamais le romancer et encore moins le glorifier. » Pascal Riché, Le Monde« Couvrir la guerre, survivre aux images gravées dans la mémoire : le journaliste Laurent Larcher livre un témoignage à la fois sensible et terrible sur les conflits qu'il a suivis. » Gilles Heuré, Télérama« Cet ouvrage kaléidoscopique est d'abord un récit qui plonge le lecteur au coeur d'un conflit, au plus près de la présence sur le terrain d'un reporter de guerre. Il fournit un témoignage de première main, parfois intime, du travail du journaliste confronté à la violence, nourrissant la réflexion sur l'humain et l'inhumain. [...] D'une grande honnêteté et pétri de sensibilité, ce récit touche au coeur. » Thomas Hoffnung, La Croix l'hebdo« Dans un récit très personnel et poignant, le journaliste Laurent Larcher réfléchit sur le journalisme en zone de guerre et sur la violence de masse. » Laurent Lemire, Livres Hebdo« Laurent Larcher livre avec des mots d'une rare puissance son expérience intime d'homme confronté à la violence des conflits armés. » Christophe Chaland, Le Pèlerin « Ce livre où l'on croise à la fois Euripide et Montaigne, Foucault et Girard, Guilloux et Kourouma, Faulkner et Toni Morrison se révèle une enquête vertigineuse sur ce que le mystère du mal dit de la nature humaine » Grégoire Leménager, Le Nouvel Obs« Aussi, tout au long de ce texte, récit d'une expérience et enquête sur les violences de masse, l'auteur convoque l'Histoire, la littérature et la philosophie pour nourrir sa réflexion. Sophocle, René Girard, Hannah Arendt, Michel Foucault, Johann Chapoutot, William Faulkner, Toni Morrison ou encore Jonathan Littell accompagnant le lecteur dans ce voyage bouleversant au coeur des ténèbres. » Sarah Gastel, Librairie Adrienne (Lyon) « Laurent Larcher a écrit un grand livre : sidérant, profond, intelligent, émouvant... bref, du très très bon ! » Thomas Brunet, Librairie Le Divan
Depuis trente années, dans son petit laboratoire de Ville-d'Avray, Jean Rostand se penche sur les grenouilles et les crapauds pour les interroger sur quelques-uns des grands problèmes de la vie : parthénogénèse artificielle, détermination du sexe, hérédité des variations, production des anomalies, conservation de la semence, etc. Ses observations et ses expériences l'ont conduit à de nombreuses découvertes, dont il expose ici les principales, avec la clarté et la rigueur qui lui sont coutumières. L'auteur ne fait état que de travaux personnels, appuyés de documents photographiques pour la plupart inédits. Cet ouvrage, qui comptera dans l'histoire de Ia biologie des amphibiens, nous montre comment, en étudiant des animaux qu'on croyait bien connus et en ne disposant que de moyens matériels fort restreints, un chercheur persévérant peut réussir à écrire des pages nouvelles.
25 ans après le génocide des Tutsis au Rwanda, ces entretiens inédits avec des acteurs de l'époque, hauts fonctionnaires, politiques, militaires, journalistes et prêtres français confirment le naufrage épouvantable de notre diplomatie, et la faillite morale de nos autorités. Laurent Larcher a rencontré ceux qui, depuis 25 ans, défendent sans sourciller leur action au Rwanda, et il restitue, sans filtre, leur version de l'Histoire. Sous l'effet des questions répétées du journaliste, et confronté, notamment, aux témoignages de Bernard Kouchner, Guillaume Ancel et d'un autre soldat de Turquoise, qui affirment que l'armée française a organisé des opérations offensives, après le début du génocide, contre le FPR de Kagamé, le discours officiel (la France ne savait pas, Turquoise est un modèle d'opération humanitaire) a commencé à se lézarder. Ces multiples entretiens sont, en soi, des documents précieux, un livre pour l'histoire. Mais ils sont aussi une nouvelle étape dans le dévoilement de l'implication de l'armée française dans le génocide des Tutsis. Ce livre fait entendre le fond de la pensée des principaux acteurs de cette implication, et permet de mesurer l'étendue de leur aveuglement. 25 ans après, rien n'a changé dans la conscience de ceux qui ont soutenu le régime meurtrier d'Habyarimana. Historien de formation, journaliste à La Croix, Laurent Larcher est reporter de guerre, spécialiste de l'Afrique subsaharienne, et auteur de plusieurs livres, dont Au nom de la France ? Les non-dits de notre diplomatie (2018).
« Nous le savons : la défense de ses intérêts - en premier lieu économiques - oblige la France à se lier avec desautocrates, des dictateurs, des illuminés et des criminels. Et ils sont légion.Mais nous, Français, que savons-nous de la nature et de l'étendue de nos relations avec des régimes hostiles auxvaleurs de notre démocratie ?Jusqu'où devons-nous collaborer avec des gouvernements habiles à privatiser le pouvoir et incapables d'assurerune vie bonne à leurs concitoyens ? Comment pouvons-nous commercer avec ceux dont nous combattons les créatures, notamment sur le terrain du terrorisme ?De ces sujets, nous parlons peu entre nous... Ce qui arrange bien les politiques. Ces derniers fuient le débatpublic, lui préférant la discrétion d'un bureau du Quai d'Orsay. En politique étrangère, la retenue est la règle. Latransparence, l'exception.Devons-nous nécessairement nous en accommoder ? »L. L.Les scandales de notre diplomatie, quand elle ne croit qu'à la Realpolitik... Il fallait bien que quelqu'un le disesans fard : alors autant que ce soit Laurent Larcher, l'un des meilleurs journalistes actuels, spécialiste de l'Afrique au journal La Croix.