Lea Arthemise
Lea Arthemise
Le jour de sa pendaison sur l'île Bourbon, en 1730, le pirate Olivier Levasseur, dit La Buse, lance plusieurs hommes dans une fabuleuse chasse au trésor. Deux cents ans plus tard, sur cette même île, rebaptisée La Réunion, Jo creuse la roche à s'en déchirer les bras, persuadé de mettre un jour la main sur ce magot. Pendant ce temps, dans sa petite case entourée de manguiers en fleurs, sa femme, Léone, se plaît à regarder dans le dos la vie maritale et le monde des pirates. Léone n'aime pas l'océan ni les marins. Tandis que Jo éventre la roche, Léone, créole noire bien déterminée à se hisser dans la bonne société française, se cuisine un visage blanc. Quelques années plus tard, leurs deux enfants, France et Gilles, déambulent dans les rues en rêvant de la tour Eiffel et des gens qu'on voit en couverture de Paris Match. Leur nourrice, Nénène, recoud les femmes à qui l'État français s'applique à vider le ventre. Et Jo, lui, creuse encore. Bercé par les songes et les superstitions, ce récit d'aventures s'écrit sur près d'un siècle de l'histoire de La Réunion, territoire revendiqué par un empire colonial, délaissé par une république, refuge d'un imaginaire puissant.
Des années 800 jusqu'à la date de 1738, la Vicomté de Turenne fut un territoire quasiment indépendant. Elle réunissait des espaces contrastés autour de la puissance vitale de la Dordogne. Ce livre se lit comme un guide et un carnet de voyage où le regard se focalise avant de s'ouvrir à l'ampleur panoramique, mais aussi comme une promenade littéraire en compagnie notamment de Maynard, Fénelon, Loti, Colette, Vitrac, ou encore et plus particulièrement comme une approche des lieux à l'aune de l'imaginaire. En effet, ces pages voudraient faire partager la conviction que la découverte du paysage est une aventure et une conquête.
Montréal, juillet 2020. Le viaduc Rosemont-Van Horne est fermé à la circulation routière. La foule se masse devant les cordons de sécurité de la police. Une journaliste attend le signal du direct dans son oreillette. On sait qu'un convoi de fret du Canadien Pacifique s'est arrêté sur la voie. On murmure que cela aurait un lien avec la romancière Mia Clark, habituée des lieux et autrice du récent phénomène littéraire Un grondement féroce. On apprendra bientôt que les autorités prennent cela très au sérieux, car Mia Clark reste introuvable. Cependant que l'on tente de comprendre ce qui s'est passé, William Van Horne, futur directeur général du Canadien Pacifique, se fait renvoyer de l'école. Nous sommes en 1856, il a alors treize ans. Avec lui démarre le texte d'Un grondement féroce et l'enquête menée par une proche amie de Mia, qui pourrait bien permettre d'éclairer les ténèbres dans lesquelles la romancière semble s'être volatilisée.
Des rangées de platanes, des rues au cordeau, des pavillons tout confort: Bonnie est installée dans une banlieue résidentielle, à vingt kilomètres de la capitale. Pourtant, à un moment de sa vie, elle a su être moins sage. C'était sept ans plus tôt, l'été du bac. L'été où elle traînait avec Alain et Adel. Un jour, les garçons ont voulu braquer un bar-tabac. Pour partir en cavale, ils avaient besoin de Bonnie et d'une voiture. Mais aujourd'hui, Bonnie est mère de famille, Alain est en prison et Adel est mort... En alternant dans des scènes courtes et rythmées les voix de ses personnages, Léa Arthemise compose un roman tour à tour caustique et tendre sur les grands ensembles périurbains et les illusions perdues de la jeunesse.