Leonard Woolf
Leonard Woolf
Étudiant aux Beaux-Arts, Harry, jeune juif névrosé de la banlieue londonienne, qui rêve d'une vie entièrement transformée, hésite entre deux jeunes femmes : Gwen, douce et belle, conventionnelle à souhait, et Camilla, intellectuelle, excentrique et riche... Commencé en 1912 pendant leur voyage de noces, Les Vierges sages est une autobiographie romancée, sans complaisance, de la cour douloureuse que Leonard Woolf a faite à Virginia. La crudité des sentiments et des jugements y sous-tend la satire acide d'une société anglaise conforme, futile et mondaine - au bord de la Grande Guerre.
Le Village dans la jungle est un livre très particulier, qui procède à la fois de la littérature anglaise, bien entendu, mais aussi d'une certaine façon de la littérature cinghalaise. Car on ne trouvera pas là un exotisme facile, quelque féerie cinghalaise dont furent si friands les voyageurs : il s'agit d'une tragédie qui se déroule dans un cadre lointain certes, mais dont les acteurs sont authentiques et on ne pourra qu'être frappé par la vérité poignante du récit conduit par un auteur qui a parfaitement assimilé une culture, une pensée, une langue même qui ne sont pas les siennes. La jungle est au coeur du roman. « La jungle et les hommes qui vivaient dans les villages de la jungle me fascinaient, dira plus tard Leonard Woolf. Quand je quittai Ceylan, cela obsédait ma mémoire et mon imagination et c'était, en quelque sorte, le sujet du livre. Plus on est dans la jungle, plus on a tendance à la sentir personnifiée, comme quelque chose ou quelqu'un d'hostile et de dangereux. » Le Village dans la jungle parvient, aujourd'hui comme hier, à communiquer à ses lecteurs cette passion, cette obsession, cette fascination de la jungle. Pour s'être mis si parfaitement en osmose avec un pays et ses habitants. Leonard Woolf a réussi l'un des meilleurs romans qu'ait inspiré à un Occidental le monde asiatique.
Extraites du volumineux journal de celui qui partagea la vie de Virginia Woolf de 1912 à 1941, les pages de ce livre jettent une lumière inédite autant que passionnante sur la personnalité de cette immense figure de la littérature anglaise du XXe siècle. Esprit fort et lucide, Leonard diagnostiqua très tôt la psychose maniaco-dépressive de son épouse et les pulsions suicidaires qui s'ensuivirent. « Sans lui, a dit son neveu Cecil Woolf, Virginia n'aurait pas vécu assez longtemps pour écrire ses chefs d'oeuvre. » Les révélations de Leonard Woolf sur les instants de vie douloureux partagés avec Virginia dont il évoque la violence, l'anorexie comme les basculements vers la folie font de ce livre un texte essentiel pour tous les admirateurs de Virginia. Juif athée assumé, Leonard Woolf (1880-1969) est l'auteur d'une oeuvre substantielle. Outre les 5 volumes de son Journal, on lui doit notamment le roman Le village dans la jungle, oeuvre anticolonialiste, et quantité d'essais où il se révèle comme un grand penseur politique (il fut secrétaire du parti travailliste). Co-fondateur avec notamment Roger Fry, Duncan et Vanessa Bell, E. M. Forster, Lytton Strachey, John Maynard Keynes et Virginia du mouvement d'avant-garde Bloomsbury, il devait créer en 1917 la maison d'édition The Hogarth Press dont il assura la direction jusqu'à sa mort. Il y fit paraître tous les livres de son épouse.