Louise Bombardier
Louise Bombardier
La vieillesse n’est pas une fin, mais un passage secret vers un monde où la chair se mêle au conte. Dans la forêt des ogres de Louise Bombardier nous entraîne dans une quête poétique où chaque poème devient une effraction, une renaissance à vif.
Antoine, un jeune homme déficient de vingt-cinq ans, habite avec sa mère et son frère Jacques. Lorsque celle-ci décède, la vie d'Antoine s'en trouve bouleversée, car elle était son rempart, son seul repère dans la vie. Il est dorénavant à la charge de son frère, qui, démuni face à lui, le maltraite et finit par l'abandonner. Antoine se retrouve seul avec Delphine, son chien, seule présence réconfortante. C'est à ce moment-là qu'il décide de devenir chien.
Au creux de l'hiver rôdent la déchéance et la finitude, mais aussi les éclairs de joie vive et les rassemblements libérateurs. Louise Bombardier tisse avec précision et tendresse des vers qui marquent le temps qui passe, les deuils à faire, la glace à fondre et la chaleur à espérer « dans cet hiver de morts en enfilade ». Sa plume imagée et singulière explore toutes les nuances de la saison, du versant le plus sombre de la vieillesse ou de la maladie à la blancheur la plus lumineuse, pour « raviver la fraîcheur de vivre » et rappeler que les émotions qui nous traversent portent en elle le germe de l'effondrement, mais aussi celui d'un éternel printemps.