Luc Van Campenhoudt
Luc Van Campenhoudt
Confrontée à l'indiscipline des élèves et au malaise croissant des enseignants, la direction d'une école secondaire fait appel à une équipe de sociologues pour l'aider à y voir plus clair et à trouver des solutions. Cet ouvrage présente l'histoire de cette intervention. On y trouvera une analyse des problèmes, effectuée à partir d'une série d'interviews et d'un travail d'autoanalyse mené, avec l'aide des chercheurs, par un groupe composé de membres de la direction, d'enseignants et de surveillants-éducateurs. À partir de ce cas concret, l'ouvrage propose des repères théoriques susceptibles d'aider tous ceux qui travaillent dans des institutions à mieux comprendre et aborder les problèmes auxquels ils sont confrontés. Ces apports théoriques portent notamment sur les différents niveaux d'analyse d'une expérience sociale, la marge de liberté de l'acteur social face aux règles et aux rôles, l'usage stratégique de la communication, les concepts de rapport social et d'acteur social et la dynamique du changement dans les organisations. Le lecteur intéressé par les méthodes de formation, d'intervention et de recherche-action pourra prendre connaissance d'une méthode axée sur l'autoanalyse en groupe qui est utilisée dans une visée sociologique. Cet ouvrage s'adresse principalement au monde de l'école (directeurs, enseignants, élèves, parents, ...). Par ses apports théoriques et méthodologiques transposables, il devrait également intéresser les responsables d'organisation, les éducateurs, les formateurs et les chercheurs.
La 6ème édition de cet ouvrage décompose les différentes étapes de la recherche en sciences sociales, offre un panorama complet et actualisé des techniques et méthodes disponibles et propose de nombreux travaux d'application. Afin de tenir compte de l'évolution très rapide des dispositifs pédagogiques, elle s'accompagne de compléments en ligne : questionnaires à critiquer, corpus d'entretiens à analyser, fichiers documentaires thématiques, exercices.
La complexité croissante de la vie en société rend le changement social plus difficile. La transaction sociale constitue un bon outil pour comprendre et changer le monde. En 1978 et 1980, Jean Remy, Liliane Voyé et Émile Servais publiaient l'ouvrage fondateur de la transaction sociale, depuis longtemps épuisé, Produire ou reproduire ? en écho au débat qui opposait Pierre Bourdieu, défenseur de la reproduction de la société, à Alain Touraine, pour lequel il y avait production d'une société nouvelle par les mouvements sociaux. Entre ces deux visions incompatibles, les trois auteurs imaginaient des rapprochements ponctuels et partiels, ou transactions sociales. Contrairement à la transaction économique, la transaction sociale fait passer les valeurs avant les intérêts. Elle ne fait pas disparaître les conflits mais les « apprivoise » : la transaction sociale génère des compromis acceptables qui permettent de coopérer malgré des désaccords persistants. En rendant les textes majeurs accessibles à un large public, cet ouvrage en montre la fécondité comme outil d'analyse de la réalité sociale. Sa conceptualisation s'est enrichie et complexifiée en quarante ans grâce notamment aux travaux du comité de recherche « Transactions sociales, cultures, émancipation » de l'Association internationale des sociologues de langue française (AISLF) .
Le terrorisme djihadiste en Europe occidentale est principalement le fait de jeunes européens. Comment certains d'entre eux en arrivent-ils à commettre des attentats-suicides et à se retourner contre la société dans laquelle ils ont grandi ? Comment en sont-ils arrivés là ? Pour répondre à ces questions, Luc Van Campenhoudt, sociologue belge qui a travaillé sur la déviance et la transgression, sur l'insécurité, ainsi que sur le pouvoir dans les réseaux, décrypte dans un style clair et à l'aide de nombreux exemples comment s'opèrent la mobilisation et la radicalisation de ces jeunes. C'est en réalité l'enchaînement de processus relativement banals qui les conduit à commettre ces actes terrifiants. Ce décryptage est une condition indispensable pour lutter contre le terrorisme djihadiste de manière à la fois efficace et juste. Si nous voulons contrer une mobilisation potentiellement à large échelle, nous devons en saisir les ressorts et favoriser des alternatives susceptibles de mieux rencontrer les aspirations des jeunes et les besoins de la société.