Marc Valleur
Marc Valleur
Face à la drogue, les idées reçues et les peurs paralysent souvent l'action. La Drogue sans poudre aux yeux offre des réponses claires, fondées sur l'expérience de trois médecins spécialistes.
Tenter de comprendre l'incompréhensible... 9 août 1969. L'Amérique est sous le choc du massacre de Cielo Drive. Qui a bien pu commettre un tel crime ? Insoupçonnables, ces jeunes filles aux airs innocents, ces beatniks vivant en communauté ? Ce triptyque de Rassat et Bisi revient sur la mythique affaire mêlant drogue, sexe, politique, stars du cinéma, et dont s'est emparée la culture populaire... Dans ce dernier opus, Manson sent que les choses lui échappent : sa « Famille » se disloque, l'ambiance étant à la paranoïa depuis le crime du 9 août... Le procès mettra en lumière le vide idéologique de ce groupe de paumés, abrutis par la drogue, exaltés par leur gourou au point de se salir les mains à sa place... Finalement, Manson a peut-être eu ce qu'il souhaitait : profiter de son exposition pour narguer cette société qui l'avait si longtemps ignoré.Un album parfaitement documenté, qui alterne entre les scènes clés de la vie de « la Famille », et l'enquête menée par deux journalistes.
Longtemps, le plaisir a été un péché, et la quête du plaisir, surtout lorsqu'il était déviant par rapport aux normes - masturbation, homosexualité, etc.- une maladie. Notre époque, depuis quelques décennies, l'a libéré. Puis elle en a contrôlé à nouveau l'usage, imposé ses normes au nom de la santé publique ou privée (tabac, alcool, sexe, etc.) Parallèlement, au nom de l'hygiène et de la valeur « bonheur », d'exercice de la liberté, elle en a fait une contrainte, un nouveau conformisme. Vous ne jouissez pas ? Allez consulter... Le plaisir, obligatoire pour tous, mais de plus en plus contrôlé... A force de vouloir ainsi l'imposer à tous, et sous une norme unique, notre société l'a peut-être « rendu malade », cause de souffrance, d'angoisse, de perte de l'estime de soi ; d'où le développement des « maladies du désir » -boulimie, anorexie, addictions, ou absence de libido... Et si, pour retrouver le vrai sens du désir, il fallait le réinvestir de sa liberté, de sa capacité à générer des excès, à accepter ses déviances, voire ses transgressions ? Tout en sachant trouver une expression respectueuse d'autrui de cette liberté individuelle, bien sûr. C'est à cette seule condition que le désir, qui a été infantilisé, pourra redevenir « adulte », libre - mais aussi responsable -. Porteur de sens et de bonheur. C'est toute la réflexion de Marc Valleur et Jean-Claude Matysiak. Suivons-les...