Marc Wilmet
Marc Wilmet
Au portail royal de la cathédrale de Chartres, une statue représente parmi les Arts Libéraux la grammaire sous les traits d'une marâtre menaçant de la férule deux enfants terrorisés. Des centaines de manuels scolaires, depuis Lhomond (1780) jusqu'à Grevisse (1980), n'ont pas vraiment cassé cette image rébarbative. Et si le branlant échafaudage de natures et de fonctions qu'édifie l'école des XIXe et XXe siècles ne servait à rien ou à presque rien ? La grammaire est enseignée dans les pays de culture française beaucoup trop tôt... et pas assez tard. La religion de l'orthographe a irrémédiablement perverti la réflexion linguistique en même temps qu'elle étouffait le sens critique des élèves. Du cauchemar au rêve, il n'y aurait pourtant qu'un pas. Ce petit livre le démontre en renver- sant à l'issue d'une démarche simplificatrice les épouvantails traditionnels de la conjugaison et de l'accord du participe passé. Marc Wilmet est professeur émérite à l'Université libre de Bruxelles et membre de l'Académie royale de Langue et de Littérature françaises. Prix Francqui, professeur invité de nombreuses Universités étrangères, il fut aussi président de la Société internationale de linguistique romane.
"Dans l'histoire du langage, l'écriture arrive en second et se règle donc sur la prononciation. Pour qu'elle soit dite « phonétique », il suffit qu'à chaque phonème corresponde un seul et même graphème. L'idéal... Quasi réalisé en latin, approché en italien et en espagnol, mais largement inaccessible en français. Pourquoi ? La cause essentielle tient à l'accroissement du nombre de phonèmes sans augmentation concomitante du nombre de graphèmes. S'ajoutent, au Moyen Âge, le souci ornemental d'étoffer les mots trop courts et, à la Renaissance, des préoccupations étymologiques d'érudits (parfois mal informés). C'est aussi au XVIe siècle qu'apparaissent les premières velléités de réformes. Les volumes successifs du Dictionnaire de l'Académie auront beau adopter quelques propositions simplificatrices, elles se raréfient d'une édition à l'autre, surtout à partir de l'enseignement obligatoire, dont l'orthographe devient le fer de lance. La dernière tentative en date remonte à 1990. Ses allures de croisade valent qu'on s'y attarde. Marc Wilmet est professeur émérite à l'Université libre de Bruxelles et membre de l'Académie royale de Langue et de Littérature françaises. Professeur invité de nombreuses universités étrangères, il fut aussi président de la Société internationale de linguistique romane.
Décryptage passionnant des mécanismes de la langue française : La détermination nominale de Marc Wilmet éclaire d’un jour nouveau la grammaire et ses paradoxes.