Marcotte Josee
Marcotte Josee
Isolée dans une auberge du Grand Nord québécois, Mégane affronte bien plus que la tempête : une présence spectrale en robe blanche, des ombres menaçantes, et les démons de sa propre famille.
Ces jeunes adultes qui vivent en marge, reclus dans l'univers des jeux vidéo et d'Internet, sont les héros de multiples fins du monde. L'écran est l'unique fenêtre sur la vie. Mais dans la réalité, tous ne survivent pas. Marie s'envole pour Tokyo avec l'espoir de se rapprocher du lieu d'origine de ce mal-être social qu'est l'hikikomori et dont souffrait son frère jumeau Marc. Elle cherche les gamers qui l'ont côtoyé le jour de sa mort, lit le Dit des Heiké et noue des liens d'amitié avec Kengo, Mei et Azumi, sous le signe de l'éphémère et de l'imminence de l'apocalypse prophétisée par le calendrier maya. En soixante et un épisodes brefs, la fiction s'échelonne sur différents niveaux, comme dans un jeu, entre le récit de voyage et la chronique, l'aventure amoureuse et le portrait, la quête de vérité et le retour à la vie en société. Avec Hikikomori, Josée Marcotte continue d'écrire depuis la marge : ses personnages finement développés sont porteurs d'un regard original, capables de percevoir des réalités autres, si ténues soient-elles, telles des présences fantomatiques. Pour l'auteure des Amazones, si le roman est un espace fantasmé de retrait, il est très certainement un lieu de liberté créative.
Dans une société dont l'époque n'est pas précisée (un savant mélange d'éléments archaïques et contemporains), les femmes, comme les Amazones de la mythologie grecque, sont coupées des hommes (perçus comme des ennemis) et assurent leur reproduction par une mixture végétale qu'elles mêlent à de la boue. Le roman, découpé en 47 chapitres presque autonomes et portant en guise de titre le nom d'un des personnages, raconte l'histoire de cette société à la fois étrange et familière de femmes guerrières. Aux figures inspirées de la mythologie antique s'ajoutent des personnages près des mythes modernes esquissés par des écrivains comme Orwell ou Volodine.