Marie Dosé
Marie Dosé
À l'été 2025, après vingt-cinq années d'exercice de la profession d'avocat pénaliste, Marie Dosé éprouve le besoin d'exprimer à travers une galerie de portraits, ce qu'elle voit monter ces dernières années : une irrépressible violence judiciaire et institutionnelle.
Et si la justice basculait dans l’arbitraire ? Deux avocates pénalistes, fortes de vingt ans d’expérience, tirent la sonnette d’alarme : la présomption d’innocence, pilier de notre démocratie, est aujourd’hui menacée.
Parce qu'elle interdit les poursuites pénales au bout d'un certain temps, la prescription est sévèrement critiquée dans notre société hypermnésique. Souvent perçue comme l'instrument privilégié de l'impunité, spécialement en matière sexuelle, elle pourrait même vivre en France ses dernières heures. Mais un État qui poursuivrait sans fin crimes et délits serait-il encore un État de droit ? Comment pourrait-on vivre dans une société incapable d'oubli ? Et de toute façon : que resterait-il des preuves, quarante ou cinquante ans après les faits ? Dans cet essai vif et courageux, Marie Dosé vient au secours de ce principe fondamental qui demeure le rempart le plus sûr contre la tentation de la vengeance. Avec une clarté admirable, elle démontre à travers l'évocation d'affaires judiciaires récentes que, tout en servant les intérêts de chacun, la prescription nous est indispensable, en ces temps lestés d'exigences sécuritaires.
Quand nos peurs fabriquent du terrorisme. La justice antiterroriste est devenue une machine à transformer les justiciables en ennemis : juger ne consiste plus tant à vouloir comprendre qu'à exclure et éradiquer. C'est ainsi que les magistrats, tétanisés par le fantasme du risque zéro, ne voient plus en chaque prévenu qu'un " soldat de Dieu " qui sommeille. Le refus des autorités politiques de rapatrier nos ressortissants détenus dans le nord-est syrien contribue quant à lui à reconstituer les rangs de Daech, en plus d'exposer des femmes et leurs enfants à un risque de mort. En contact régulier avec eux, Marie Dosé témoigne de la dégradation de leur santé, de leurs traumatismes, parfois de leur disparition. Elle redonne aussi un peu d'humanité à nombre de ceux qui ont voulu partir en Syrie ou qui, une fois là-bas, ont finalement fui l'État islamique. Ce faisant, elle dénonce le caractère contre-productif de réponses judiciaires et politiques qui, loin d'affaiblir le terrorisme, pourraient bien contribuer à le régénérer.