Marie-Eve Malouines
Marie-Eve Malouines
Certains se croient prédestinés. Ces éternels premiers de la classe ne connaissent pas le doute, ils ont été élevés pour croire en eux-mêmes. D'autres veulent une revanche sociale. Rien de tout cela dans la conquête et l'exercice sarkozyste du pouvoir. L'énergie obstinée, l'incapacité à déléguer de celui qui a conquis la fonction suprême sont le fruit d'une fuite. Si Nicolas Sarkozy veut aller toujours plus haut, c'est parce qu'il a peur. Peur de ne plus être aimé. Peur d'être abandonné. Peur de ne pas être respecté. Nicolas Sarkozy veut le pouvoir pour se rassurer. S'il est incapable de partager sa puissance, ce n'est pas par autoritarisme, mais par crainte d'être trahi. Cette quête relève d'un Graal d'enfant, l'incompréhension face à l'abandon du père, la peur de ne pas être le préféré de la mère. Pour capter et conserver cette attention maternelle, il imagine pouvoir, par sa fonction, reconquérir l'honneur de sa mère, divorcée et méprisée. Être président de la République, c'est être le plus fort. C'est ne plus être moqué. Aux regards condescendants de l'enfance doivent se substituer des regards de crainte. Cette quête ne connaît pas d'idéologie, elle n'a qu'un but : gagner. Le reste n'est qu'affaire de séduction. Séduire pour conquérir. Séduire pour durer. Quitte à cacher sa vraie nature. On le croit sûr de lui, c'est un inquiet. Il paraît improviser, en fait cet hypermnésique a travaillé toutes les hypothèses. Il prône la rupture, mais en réalité, il déteste le changement. Il multiplie les réformes, pour n'offrir que des cibles mouvantes à ses adversaires. On le croit moderne, il est nostalgique. On le croit modeste, c'est un caméléon. Familier avec l'ouvrier, bling bling avec les riches, autoritaire avec les patrons. Pour lui, le pouvoir est l'aboutissement d'un combat, pas une plénitude. Surtout quand il se révèle moins apaisant qu'il l'imaginait. La peur de décevoir un pays sera-t-elle plus forte que celle qui le fait courir depuis toujours ?
« Entrer à l'Élysée, c'est entrer en solitude. » François Hollande Pourquoi détestons-nous si vite le candidat que nous avons élu quand il devient président ? Pourquoi laissons-nous si vite tomber l'homme que nous avons choisi ? Pourquoi choisissons-nous si mal nos présidents de la République, finalement ? Enfermés dans des solitudes de plus en plus pesantes, de Giscard à Hollande, aucun n'a compris ce qui lui était arrivé. Car si la solitude du pouvoir est un mythe, les solitudes d'un président sont multiples. Il est le seul à prendre certaines décisions concernant l'avenir du pays, seul à affronter certaines crises, seul à porter le deuil d'une nation face au terrorisme. Mais il se frotte aussi à la solitude de celui qui est constamment épié, par ses rivaux, ses dauphins, ses faux-amis, la presse et ses alliés maladroits. Il éprouve la solitude qui s'abat sur un président, seul dans son bureau après des attentats. Il est déboussolé par la solitude du battu ne comprenant pas qu'il s'est trompé. Et comment appeler la solitude de celui que personne n'entend plus, parce qu'il semble parler une autre langue, celle du pouvoir ? Avant de nous lancer dans la prochaine campagne présidentielle, il est peut-être utile de nous demander ce qu'il vaudrait mieux éviter de faire la prochaine fois, pour ne pas nous retrouver avec un président seul en son palais, et nos yeux pour pleurer.
Comment deux femmes aussi différentes sont-elles parvenues à l'avant-scène d'un théâtre dirigé par des hommes ? Nathalie Kosciusko-Morizet, la « hussarde » d'origine polonaise, s'est révélée aux côtés de Nicolas Sarkozy ; Anne Hidalgo, la discrète fille d'immigrés espagnols, s'est épanouie dans l'ombre de Bertrand Delanoë. Elles tiennent désormais les premiers rôles. Toutes deux se veulent des femmes indépendantes, dégagées des tutelles machistes ou paternalistes. Malgré leur apparente fragilité, Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo sont aussi ambitieuses l'une que l'autre. Tout les oppose pourtant : leur enfance, leur histoire, leurs blessures, leur carrière, leur méthode, leur tempérament et même leur look. Quelle est la plus solide face à la brutalité du monde politique ? Quelle est la plus rusée face aux crocs-en-jambe machistes ? Ce livre-reportage dresse le portrait de ces nouvelles héroïnes politiques, de leurs conjoints discrets mais engagés, de leurs rivaux parfois phallocrates et de leurs rivales très féminines. Il fait le récit d'une épopée inédite, riche d'enseignements sur le combat de femmes dans un jeu organisé par les hommes. Cette bataille capitale, dans la capitale, constitue deux remarquables paris de femmes.Chef du service politique de France-Info, Marie Eve Malouines est notamment co-auteur du livre La Madone et le Culbuto ou l'inlassable ambition de Ségolène Royal et François Hollande (Fayard) ainsi que de Nicolas Sarkozy, le pouvoir et la peur (Stock) et de François Hollande ou la force du gentil (Lattès).
Cet album présente avec humour les vrai-fausses coulisses de l'entrée en fonction du « nouveau » président en exercice François Hollande ! Il croit pouvoir mettre en pratique ses idéaux, mais la confrontation aux limites du pouvoir est rude. Elles le renvoient constamment à l'enthousiasme de ces années passées. Avec bienveillance, tout en se montrant hautain et parfois cynique, le fantôme de François Mitterrand aiguillonne les premiers pas du président Hollande, épaulé par celui de Pierre Bérégovoy, plus anxieux. Tout en découvrant de l'intérieur les temps forts de la première année de François Hollande à l'Élysée, le lecteur plonge dans les années de formation de jeunes ambitieux des années 70, aux tempéraments très différents. De la passation de pouvoir, à ses rapports à l'ancien président, en passant par ses relations à ses plus proches collaborateurs vous saurez tout et plus encore !
Beaucoup de livres ont été écrits sur François Hollande. Ils parlent tous de son mystère, de ses secrets sans en révéler le sens. L'originalité de cet ouvrage est de s'attacher aux valeurs qui ont construit la personnalité de François Hollande. De son éducation chrétienne à l'apprentissage de la rouerie politique aux cotés de François Mitterrand puis Lionel Jospin. Cette enquête permet de comprendre la cohérence et la force originale de cet ambitieux affable. On y découvre que François Hollande est réellement gentil. C'est à la fois le fondement de sa personnalité et le socle de sa vision politique. Il a un vrai sens du dévouement, une réelle répugnance à la méchanceté. Contrairement à ses mentors, il ne croit pas que les rapports de force doivent régir les relations politiques. Car on découvre également comment François Hollande a longuement et secrètement préparé son arrivée au sommet. Dissimulant son ambition, mais s'initiant à tous les rouages de la société politique pour mieux l'investir, la « subvertir » de son propre aveu. Il a fait partie des grandes manipulations clandestines orchestrées par François Mitterrand. Il a calculé son parcours depuis très longtemps. Il n'est pas orgueilleux, mais il ne nourrit aucun état d'âme ni aucun complexe. Même s'il est longtemps resté dans l'ombre de trois grandes figures socialistes, il ne se reconnaît aucun mentor, aucun modèle. François Mitterrand, Jacques Delors, et Lionel Jospin n'ont été que des parrains, des professeurs, qu'il a choisis en fonction de son intérêt politique, mais sans les reconnaître comme ses maitres ou ses modèles. Se croyant capable de changer en profondeur la pratique du pouvoir en France, pour y amener une culture politique basée sur le compromis, la consultation et le partage du pouvoir présidentiel.
En vingt-cinq ans de vie commune, Ségolène Royal et François Hollande ont réussi à surmonter toutes les épreuves, personnelles et politiques. Quand François a connu Ségolène, c'était une jeune rebelle, au caractère bien trempé, décidée à mener sa vie de femme indépendante. Petit à petit, rassurée par ses victoires électorales, sa réussite ministérielle et son accomplissement de mère de famille, elle s'est apaisée. Elle apparaît comme une madone forte et sereine, déterminée à être la première femme élue présidente de la République. À l'inverse, François a toujours cru en son destin politique. Mais le jeune loup ambitieux et jovial s'est heurté aux échecs successifs de la gauche, sans parvenir à entrer dans un gouvernement. En 2007, il aura dirigé le PS durant dix ans. Aussi longtemps que François Mitterrand et Lionel Jospin. Tel un culbuto, il s'est révélé un tacticien hors pair, se redressant toujours, en souriant, alors que ses adversaires le croyaient définitivement à terre. Pour la première fois, leurs ambitions entrent en concurrence. Sauront-ils rester aussi solidaires et complémentaires que par le passé ? C'est tout le mystère du duo Ségolène Royal et François Hollande révélé par ce récit. Une plongée dans le parcours sans équivalent du couple le plus politique et le plus étonnant du personnel politique français.
RECIT DE LA COHABITATION JOSPIN/CHIRAC (1997-2001) PAR UNE JOURNALISTE DE FRANCE-INFO, SPECIALISTE DE LA POLITIQUE INTERIEURE FRANÇAISE ET DE LA CHASSE AUX CONFIDENCES... Née en 1961, Marie Eve Malouines est journaliste à France-Info, après l'avoir été à France-Inter. Elle y couvre la politique intérieure. Chronique d'une haine obligée est son premier livre.