Mario Fusco
Mario Fusco
La recherche collective présentée dans cet ouvrage est consacrée à l'examen de textes qui, en Italie et à partir du XIXe siècle, portent des traces variées de l'enfouissement volontaire ou à demi inconscient du discours d'une subjectivité tendant à être objectivée, rationalisée, jugulée, ordonnée et socialisée, comme s'il s'agissait toujours de faire pardonner ou oublier un moi devenu « haïssable » par son égoïsme esthétisant et son insolente futilité. Les travaux regroupés dans ce volume ont pour finalité de mettre au jour les signes d'une résistance souterraine et clandestine à la loi qui impose à tout auteur individuel de s'évanouir comme créateur d'une production incertaine au profit d'un produit parfaitement maîtrisé et irréprochable sur le marché universel de la communication.
Le livre se propose de définir la notion d'inachèvement, souvent tenue pour caractéristique de la modernité. Il en examine les fonctionnements dans les formes circonscrites des objets écrits. L'analyse de textes littéraires ou de films qui appartiennent pour l'essentiel à la culture italienne, quels que soient les stades de leur conception ou de leur publication (ébauche, manuscrit de travail, copie au net, ouvrage édité, réécriture), dessine une typologie des inachèvements. Le livre se penche sur les reprises ou migrations de fragments textuels ; il analyse la volonté d'« inachever » qui parfois informe l'oeuvre, voire la continuation imposée à un texte qu'il faut alors, de fait, considérer comme inachevé.