Michel Dreyfus
Michel Dreyfus
La CGT a un siècle. Ce livre constitue la première histoire globale du syndicat, de sa naissance à nos jours. Cette histoire, qui s'explique par certaines caractéristiques du mouvement social et politique français (syndicalisme très revendicatif et peu gestionnaire, montée du communisme en 1936 et à la Libération), lui a donné une physionomie différente de celle des autres syndicats européens. Née des besoins d'organisation et de défense du monde du travail, l'existence de la CGT apparaît presque comme une succession de séismes à l'issue desquels l'organisation peut remporter ses plus belles victoires (1936 et dans une moindre mesure 1968) mais aussi connaître des échecs et la répression dont elle ressort gravement affaiblie (1906, 1919-1920, 1947-1948). À travers cette histoire se révèle également une caractéristique générale de la société française : sa difficulté à mener « à froid » des réformes. S'il n'a pas l'ambition d'apporter une ou des réponses à la grave crise que traverse le syndicalisme - français et étranger -, à travers cette étude minutieuse, l'auteur nous propose, par l'analyse des spécificités du mouvement syndical français, de la resituer dans la succession de crises qui ont jalonné son histoire depuis un siècle.
Depuis 1920, le Parti communiste français traverse crises et dissidences, façonnant son histoire et celle de la gauche.
Sur l'antisémitisme, le premier volume de la trilogie d'Hannah Arendt (Les Origines du totalitarisme), à mi-chemin entre la philosophie et l'histoire, apparaît aujourd'hui indéfendable, et d'abord en raison de l'utilisation abondante d'écrits d'extrême droite, antisémites et nazis : les analyses sur les juifs de cour, l'émancipation des juifs européens, le rôle des Rothschild, la montée de l'antisémitisme en Europe à partir des années 1880 et l'affaire Dreyfus présentée comme une répétition du génocide, sont foncièrement erronées. L'antisémitisme allemand de la fin du x?xe siècle, la Grande Guerre et ses conséquences, la crise de 1929 et le nazisme, sont simplement ignorés , en somme, les juifs, qui se considèrent comme le peuple élu, seraient responsables de leur malheur. Pourquoi Hannah Arendt, juive allemande contrainte de fuir l'Allemagne en 1933, éprouve-t-elle une telle haine à l'égard des juifs ? Son mépris pour l'histoire et l'influence sur sa pensée de Martin Heidegger, du sioniste Karl Blumenfeld et de l'historien juif américain Salo Baron répondent à cette question.
Existe-t-il ou a-t-il existé un antisémitisme original et spécifique à la gauche ? Longtemps négligée par les historiens, cette question délicate est remarquablement documentée dans cet ouvrage, qui couvre deux siècles de vie politique française.
Existe-t-il ou a-t-il existé un antisémitisme original et spécifique à la gauche ? Longtemps négligée par les historiens, cette question délicate est enfin traitée pour la première fois dans cet ouvrage extrêmement documenté. Depuis le début des années 2000, en lien avec les événements du Proche-Orient, on a vu se développer en France l'idée selon laquelle la gauche serait la principale responsable de la recrudescence d'actes antisémites. Cette vision est excessive et injustifiée, mais elle traduit un certain malaise. Existe-t-il ou a-t-il existé un antisémitisme spécifique à la gauche ? Longtemps négligée par les historiens, cette question délicate est traitée pour la première fois dans cet ouvrage extrêmement documenté, qui retrace l'histoire des positions de la gauche française vis-à-vis de l'antisémitisme sur deux siècles. Des débuts de la révolution industrielle à nos jours, toutes les composantes de la gauche ont tenu des propos antisémites, mais sous des formes très différentes dans l'espace et dans le temps. À l'antisémitisme économique associant les Juifs au capitalisme, exprimé par de nombreux socialistes au XIXe siècle, s'est ajouté un antisémitisme racial et xénophobe à partir des années 1880. Au lendemain de l'affaire Dreyfus, tournant fondamental, l'antisémitisme n'est plus revendiqué ouvertement dans les rangs de la gauche. Mais il n'y disparaît pas pour autant et on le voit encore insidieusement à l'oeuvre, dans l'entre-deux-guerres, à la SFIO et chez les pacifistes, parfois au sein du Parti communiste, puis, après-guerre, à l'ultra-gauche, sous la forme du négationnisme. Une plongée historique passionnante, qui intéressera tous ceux que préoccupe cette question douloureuse ? et en particulier les lecteurs de gauche, pour rester vigilants contre un danger toujours possible.