Monenembo Tierno
Monenembo Tierno
Au début des années 1880, Aimé Victor Olivier, que les Peuls appelleront Yémé et qui deviendra le vicomte de Sanderval, fonde le projet de conquérir à titre personnel le Fouta Djalon et d'y faire passer une ligne de chemin de fer. On a presque tout oublié de lui aujourd'hui : il fut pourtant un précurseur de la colonisation de l'Afrique de l'Ouest, ses aventures faisaient le régal des gazettes de l'époque. Au cours de ses cinq voyages successifs, Sanderval parvient à gagner la confiance de l'almâmi, le chef suprême de ce royaume théocratique qu'était le pays peul, qui lui donne le plateau de Kahel et l'autorise à battre monnaie à son effigie. De ce personnage haut en couleurs, Tierno Monénembo nous offre une foisonnante biographie romancée. L'épopée solitaire d'un homme, Olivier de Sanderval, qui voulut se tailler un royaume au nez et à la barbe de l'administration française... et des Anglais. Tierno Monénembo, né en Guinée, a choisi l'exil dès 1969. Il a publié de nombreux romans au Seuil, depuis Les Crapauds-brousse qui l'a révélé en 1979, jusqu'à L'Aîné des orphelins (2000) et, plus récemment, Peuls (2004).
Au Rwanda, Faustin Nsenghimana, né d'un père hutu et d'une mère tutsi, est l'aîné de quatre enfants. Son père, Théoneste, considéré comme l'idiot du village, lui a appris à voir clair : c'est-à-dire, à s'accommoder de tout. Il a treize ans lorsque des hommes entourent les collines de Nyamata et exhortent les gens à aiguiser les machettes et les couteaux. Ses parents sont massacrés, il prend la fuite, mène une vie errante et misérable pendant des mois. Et lorsqu'enfin il retrouve ses frères et sueurs, sa vie est de nouveau bouleversée... Usant de la fiction romanesque pour évoquer le génocide rwandais, Tierno Monénembo place ce personnage de jeune garçon, fuyard, orphelin, pensionnaire et prisonnier, au c'ur d'une tragédie qui secoua tout le continent africain.