Monique Cournut-Janin
Monique Cournut-Janin
« Les jeux sont d'emblée déjà faits. Le premier regard sur soi est féminin : l'enfant de chacun des deux sexes ne lit-il pas, ne croit-il pas lire fondamentalement son destin dans le regard maternel ? ... Dans le miroir l'enfant recherche sur toute la palette du plaisir à l'angoisse ce qui peut donner sens au regard maternel.... Enfin sera interrogée cette peur, voire cette terreur, que reflète à divers moments critiques de son évolution, le visage de l'autre, sa découverte comme étranger, différent de la mère. Pour la fille quitter la mère se désintriquer d'elle, oblige à trouver des voies identificatoires avec elle suffisamment triangulées pour ne pas risquer le réengloutissement, la perte de toute altérité. Le garçon lui sera secondé par son sexe différent et sa crainte de perdre ce sexe l'éloignera de sa mère et le rapprochera de son père, si tout se passe bien... » Ces textes regroupent pour la plupart des articles déjà parus parfois remaniés pour la publication dans ce livre
La notion de castration présentait un sens assez précis dans les écrits de Freud : celui d'une menace, entendue ou fantasmée, d'ablation du pénis, l'angoisse ainsi éveillée jouant un rôle organisateur essentiel dans le développement et la résolution du drame oedipien. Mais si le petit garçon peut redouter un tel châtiment des motions pulsionnelles qui l'animent, qu'en est-il de la petite fille ? On n'a pas manqué de relever à cet égard les incertitudes, les obscurités, voire les contradictions de Freud. Les études sur la sexualité féminine, les apports de l'ethnologie, l'accent mis par certains auteurs sur la castration symbolique, etc., ont considérablement enrichi notre réflexion sur ces problèmes ; mais, élargissant considérablement le paysage, elles ne l'ont pas clarifié pour autant. Le présent volume se propose d'apporter des points de repère à qui tente de s'y orienter.