Mouhamadou Moustapha Dia
Mouhamadou Moustapha Dia
Il y a cent ans disparaissait Max WEBER. L'ouvre monumentale de ce penseur qui se classe parmi les plus grands du 20ème siècle, est plus actuelle que jamais. Le « père de la sociologie allemande » fut un touche-à-tout de génie, il a su forger des concepts d'une rare pertinence qui permettent de décrypter les problématiques juridiques, politiques, religieuses, économiques et philosophiques d'aujourd'hui. Mouhamadou Moustapha DIA propose une introduction à l'ouvre, à travers un questionnement sur la thématique des rapports entre « Rationalisme » et « Modernité ». Il applique à WEBER sa propre méthode, à la fois compréhensive et critique, pour mettre en exergue l'objectivité qui la caractérise et l'éloigne ainsi du « millénarisme » qui, in fine, « pollue » l'Hégélianisme et le Marxisme. Pourtant, tout en échappant à ce piège, l'ouvre n'en reste pas moins orientée par le postulat d'un rationalisme qui serait inhérent à l'évolution de la société, notamment occidentale. Toutefois ce déterminisme rationaliste n'impose pas un « sens » ou une « fin » de l'Histoire humaine. WEBER le savant refuse tout prophétisme ; mais cette attitude n'est-elle pas un choix philosophique qui fait débat ? Comme « le désenchantement du monde » et la « Guerre des Dieux » qui se perpétuent, interrogent une position de « neutralité » qui laisse libre cours à un pessimisme redoutable.
« Pourquoi fait-on de la poésie? Pour percer le secret de la musicalité des mots. Pour coller sur du papier les humeurs de l'âme; la nostalgie des temps évanescents, les reflets des couleurs du ciel, le murmure des vagues de l'océan; le suintement des gouttes de pluies, les éblouissements sans fin de la nature, les éclats et les gémissements du cour humain. Pour magnifier la dignité humaine envers et contre tout ». C'est par ces mots que l'auteur de ce recueil définit sa conception de la poésie, conception qui sera traduite dans des morceaux qui puisent leur sève dans les racines profondes de la poésie francophone : « C'est en fréquentant les poètes, à travers leurs offrandes à l'humanité, qu'on s'initie; qu'on prend goût; qu'on se laisse tenter ». La tentation du verbe a donné naissance à ce recueil où l'auteur s'inscrit dans une tradition poétique francophone partagée entre le classicisme et la modernité : « Ô voûte bourrelée de nuages Qui ne voudrait y aller en pèlerinage Sur les ailes d'un ange Comme l'enfant prodige Pour explorer tes espaces infinis de lumière »
« Si notre fille est encore vivante à ce moment du récit, c'est qu'elle est encore utile. C'est terrible à dire, mais c'est ainsi. Je l'ai empêchée de tomber du train. Je l'aide pour mieux la sacrifier. Je sais qu'elle va périr bientôt et, cette fois, je ne ferai rien pour la tirer du mauvais pas où elle se sera fourrée. Je profite d'elle jusqu'au bout. Elle descend du train. Elle est entière, malgré des douleurs partout et sa peau qui s'abîme. Elle sent mauvais. Je ne lui ai pas donné de prénom. Elle représente l'ensemble des malheureuses qui tentent, avec un courage exemplaire, de changer le cours de leur destin. Je la regarde de près. Elle a un oeil à moitié fermé àcause d'un gravillon sous la paupière. Elle a les dents de devant cassées. Elle a faim. Elle mange ce qu'elle trouve. Elle crache du sang. Elle pisse du sang.» (Voyage à dos de caillou)