Nahmias
Nahmias
Soixante-quatorze ans après sa mort, Feydeau connaît toujours le même succès. Son théâtre a conservé toute sa force comique et l'on constate, à chaque reprise, combien sa fameuse « mécanique » est restée efficace. En avance sur son époque, le temps ne l'a pas encore rattrapé et son humour demeure extraordinairement jeune. Mais Feydeau n'est pas seulement un auteur fêté, il est aussi un spectateur attentif. Rien ne lui échappe sauf, pour notre plaisir, ces « mots » féroces et redoutés. Si on lui en a attribué beaucoup, on lui en a « emprunté » énormément. Il le savait. Au théâtre, à l'entracte, il fait une plaisanterie. C'est de vous, ce mot ? demande un journaliste à l'affût. Plus pour longtemps, répond Feydeau. Beau, séduisant, il affiche une rosserie joyeuse envers le sexe faible : « Il n'y a rien de menteur comme un homme, écrit-il, si ce n'est une femme ». Aussi brillant à
« Bal-Trappe », récit de l'équipée du docteur Destouches, irascible prédicateur, de Mme Kérouér, veuve affolante, de Lola, ange à l'enfant, et d'Antoine, chauffeur malgré lui. Nos fantasmatiques personnages poursuivront, trois jours durant, de Bezons à La Rochelle, une Armée française qui ne se laissera pas rattraper.