Nicolas Cendo
Nicolas Cendo
D'où vient que le regard puisse parfois se croire illuminé en son entier ? Et de cette lumière, que restera-t-il ? L'aventure est fragile et cela glisse souvent, à nouveau, jusqu'au fond de l'obscurité. Entreprise précaire, nécessaire pourtant, acharnée : dire le parcours qui mène de la clarté nue à l'ombre indécise, de la plénitude au dénuement. Un parcours dont le poème garderait énigmatiquement la trace, dont il serait la trace, la trace ou la lueur.
À la tombée du jour une légère clarté semble ouvrir la pénombre, révélant des passages entre les branches, où l'air se fait plus liquide, comme un champ de blé dans le vent laisse apparaître des chemins en son épaisseur brune. Sous la voûte des arbres, la trouée détermine une zone presque éthérée, qui s'éloigne à chaque pas. Nul obstacle pour le regard mais un appel indéfini qui incite à aller de l'avant, à s'enfoncer vers cette face sans soutien, comme vers un bruit d'eau venu du plus lointain. Un soir, un grand oiseau s'est déployé parmi ces algues, a lentement balancé ses ailes avec le crépuscule, avant de n'être plus que cette poudre grise suspendue, qui remplit les yeux des enfants qu'un rêve inacceptable a brusquement réveillés.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.