Nicole Morelle
Nicole Morelle
En haut de la vis, une corde est suspendue. Elle s'enroule, lâche, autour du noyau, et son extrémité - raccourcie d'un bon mètre - s'effiloche hors de portée de mes doigts. J'ai plusieurs marches à monter avant de l'agripper. Elle a dessiné, à force de frottements sur la pierre, une longue spirale jaune et vernie, qui témoigne du nombre d'ascensions qu'elle a facilitées. Un jour, sous mon poids, elle cèdera, je tomberai à la renverse, ma tête portera sur le bord de la marche. On changera la corde et l'on m'enterrera. C'est sûrement comme ça qu'ils sont morts, les autres. Au moins deux par siècle. On a déjà dû changer la corde dix fois.
À douze ans, Louise voit son destin basculer : d’une enfance dorée sur les bords de la Dordogne, la voilà réduite à la condition de servante.
Paris, années 1970. Clémence, laborantine passionnée, consacre sa vie à la science et à ses malades, au risque de s’oublier elle-même. Quand l’épidémie de sida frappe son laboratoire, elle découvre l’amour et la complexité de l’existence.
Une année charnière dans la vie d'une adolescente : Hélène quitte Paris à l'automne, pour la durée d'une année scolaire. Transplantée dans une petite ville de province, elle abandonne progressivement les choses de l'enfance et, en particulier, l'éducation de ses trois petites filles imaginaires. Au moment d'aborder l'âge adulte, elle entre en conflit avec sa mère, atteinte d'une dépression nerveuse, ce qui inspire à Hélène un profond mépris. Les relations entre les deux femmes se tendent, jusqu'au point de rupture, sous le regard innocent du père. Au seuil de l'été, quand elle quitte Tallance et sa vieille maison, la cathédrale où elle avait rêvé un grand amour avec son professeur d'orgue, elle se sent grande d'un coup, mais l'enfance est là, toute proche, qui la tirera en arrière de nombreuses fois encore. Nicole Morelle réussit à faire s'exprimer avec une justesse de ton rare ses personnages et, en particulier, son héroïne, Hélène, dont les dialogues avec ses parents sont d'une force et d'un naturel exceptionnels.
Lorsque la passion des vieilles pierres entraîne une famille dans l'aventure de la restauration d'un château en Anjou, toute sa vie s'en trouve bouleversée. Or cette famille n'est pas n'importe laquelle. Partagée entre la passion d'un père architecte et amoureux du patrimoine et celle tout aussi dévorante d'une mère pianiste, qui passe à un tout petit pas de la célébrité, elle se trouve un terrain commun dans la restauration du vénérable château, devenu dépendance de ferme. Chacun devra se définir une nouvelle place dans cette cellule où les sentiments essentiels s'expriment mal, frôlant parfois la rupture. Pendant que le vieil édifice reprend peu à peu sa force pour affronter de nouveau le temps, les comptes se règlent entre enfants et parents, à travers un récit d'une lucidité fendre, parfois cruelle. La Lettre de château, expression traditionnelle qui désigne le mot de remerciement adressé à son hôte au lendemain de son invitation, devient un roman dans lequel une artiste fragile et insaisissable lutte pour préserver son aura face à un amoureux de ses pierres, que sa passion épargne d'une tourmente qu'il a inconsciemment lui-même provoquée...