Octave Feuillet
Octave Feuillet
Octave Feuillet (1821-1890) "Un soir du mois de mai, vers onze heures, un homme d'une cinquantaine d'années, fort bien fait et de haute mine, descendait d'un coupé dans la cour d'un petit hôtel de la rue Barbet-de-Jouy. Il monta d'un pas de maître les marches du perron. Deux ou trois domestiques l'attendaient dans le vestibule. L'un d'eux le suivit dans un vaste cabinet de travail situé au premier étage, et qui communiquait avec une chambre à coucher par une arcade drapée. Le valet raviva les feux des lampes qui éclairaient ces deux pièces, et il allait se retirer quand son maître lui dit : - Mon fils n'est pas rentré ? - Non, monsieur le comte... Monsieur le comte n'est pas souffrant ? - Souffrant ? pourquoi ? - Monsieur le comte est pâle. - J'ai eu un peu froid ce soir au bord du lac. - Monsieur le comte ne désire rien ? - Rien. Le domestique sortit. Resté seul, le comte s'approcha d'un meuble curieusement travaillé à la mode italienne, et y prit une boîte longue et plate en bois d'ébène." Le comte de Camors est un homme de haute naissance, élégant et cultivé, mais ruiné. Il est prêt à tout pour retrouver sa position sociale et sa fortune même s'il doit manipuler les autres...
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BnF collection ebooks - "Voici la seconde soirée que je passe dans cette misérable chambre à regarder d'un oeil morne mon foyer vide, écoutant stupidement les murmures et les roulements monotones de la rue, et me sentant, au milieu de cette grande ville, plus seul, plus abandonné et plus voisin du désespoir que le naufragé qui grelotte en plein Océan sur sa planche brisée."BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d'histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.
Du Rozel, 15 septembre.Il est neuf Heures du soir, mon ami, et tu arrives d'Allemagne. On te remet ma lettre, dont le timbre t'annonce d'abord que je suis absent de Paris. Tu te permets un geste d'humeur, et tu me traites de vagabond. Cependant, tu te plonges dans ton meilleur fauteuil, tu ouvres ma lettre, et tu apprends que je suis installé depuis cinq jours dans un moulin de basse Normandie. - « Un moulin ! comment diantre ! que peut-il faire dans un moulin ?Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
PERSONNAGESLE CHEVALIER DE ROSALBA.MAZETTO, son valet.LA COMTESSE CORISANDA.ANSELME, notaire.BETTINA, suivants.UN PAYSAN lettré.ROSALBA, MAZETTO, tous deux à cheval.MAZETTO.Avouez, Excellence, que nous avons failli être assommés l'un et l'autre, cette fois-ci.ROSALBA.Fort au contraire : c'est moi qui ai tué un homme en sautant. par la fenêtre. C'était un pauvre qui demandait l'aumône sur la borne ; il était aveugle, il ne m'aura pas vu tomber.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Plongez dans Les amours de Philippe, un roman d'Octave Feuillet où passion, destin et société s'entremêlent.
Polichinelle a une invention facétieuse sans limites. Les princes et les nobles apprécient sa malice. Malgré sa difformité, il accomplit mille tours aussi qui surprennent et intriguent : il transforme son âne en funambule, il réussit à métamorphoser le grand majordome en poule pondeuse, il permet aux perruques de s'envoler dans les airs. Grâce à sa faconde et à son esprit provocateur, Polichinelle parvient à se moquer des grands personnages ridicules et gagner l'amitié des petites gens. Il est la revanche populaire, bouffonne et méritée face à la bêtise de ceux qui gouvernent. Comme toujours, Polichinelle choisit le pied de nez, là où tant d'autres optent pour la révérence.
Octave Feuillet (1821-1890) "Paris, 20 avril 185.. Voici la seconde soirée que je passe dans cette misérable chambre à regarder d'un oeil morne mon foyer vide, écoutant stupidement les murmures et les roulements monotones de la rue, et me sentant, au milieu de cette grande ville, plus seul, plus abandonné et plus voisin du désespoir que le naufragé qui grelotte en plein Océan sur sa planche brisée. - C'est assez de lâcheté ! Je veux regarder mon destin en face pour lui ôter son air de spectre : je veux aussi ouvrir mon coeur, où le chagrin déborde, au seul confident dont la pitié ne puisse m'offenser, à ce pâle et dernier ami qui me regarde dans ma glace. - Je veux donc écrire mes pensées et ma vie, non pas avec une exactitude quotidienne et puérile, mais sans omission sérieuse, et surtout sans mensonge. J'aimerai ce journal : il sera comme un écho fraternel qui trompera ma solitude, il me sera en même temps comme une seconde conscience, m'avertissant de ne laisser passer dans ma vie aucun trait que ma propre main ne puisse écrire avec fermeté. Je cherche maintenant dans le passé avec une triste avidité tous les faits, tous les incidents qui dès longtemps auraient dû m'éclairer, si le respect filial, l'habitude et l'indifférence d'un oisif heureux n'avaient fermé mes yeux à toute lumière. Cette mélancolie constante et profonde de ma mère m'est expliquée ; je m'explique encore son dégoût du monde, et ce costume simple et uniforme, objet tantôt de railleries, tantôt du courroux de mon père : - Vous avez l'air d'une servante, lui disait-il." Maxime de Champcey d'Hauterive, jeune aristocrate, se retrouve ruiné et est obligé de travailler. Il cache ses origines, afin de préserver son honneur et celui de sa soeur, et devient régisseur chez de riches bourgeois, les Laroque....
Octave Feuillet (1821-1890) "Tous ceux qui, comme nous, ont connu Raoul de Trécoeur dans sa première jeunesse le croyaient destiné à une grande renommée. Il avait reçu des dons très remarquables ; il reste de lui deux ou trois esquisses et quelques centaines de vers qui promettaient un maître ; mais il était fort riche et avait été fort mal élevé : il tourna vite au dilettantisme. Parfaitement étranger, comme la plupart des hommes de sa génération, au sentiment du devoir, il se laissa emporter à toutes guides par ses instincts, qui étaient, heureusement pour les autres, plus vifs que malfaisants. Aussi le plaignit-on généralement quand il mourut en pleine jeunesse, pour avoir aimé sans discrétion tout ce qui lui était agréable. Le pauvre garçon, disait-on, n'avait fait de mal qu'à lui ; - ce qui, d'ailleurs, n'était pas exact. Trécoeur avait épousé à vingt-cinq ans sa cousine Clodilde-Andrée de Pers, honnête et gracieuse personne qui n'avait d'une mondaine que les élégances. Madame de Trécoeur avait vécu avec son mari dans une région de tempêtes malsaines où elle se sentait dépaysée et comme dégradée. Il la tourmentait de ses remords presque autant que de ses fautes. Il la regardait avec raison comme un ange et pleurait à ses pieds quand il l'avait trahie, se désespérant d'être indigne d'elle, d'être victime de son tempérament et d'avoir vu le jour dans un siècle sans croyances. Il menaça un jour de se tuer dans le boudoir de sa femme, si elle ne lui pardonnait ; elle lui pardonna, naturellement. Toute cette partie dramatique troublait Clodilde dans sa vie résignée. Elle eût préféré un malheur plus tranquille et sans phrases." Roman court. Après deux années de veuvage, Clothilde de Trécoeur, va se remarier avec un ami de la famille : M. de Lucan. Mais sa fille Julia, agée de 16 ans, n'accepte pas qu'un autre homme prenne la place de son père...