Patrick Reumaux
Patrick Reumaux
On trouve sur les insectes d'excellents livres de vulgarisation agrémentés de planches en couleur ou d'étonnantes photographies. Dans ce domaine, les coléoptères (scarabées, sauf celui d'Edgar Poe), les orthoptères (libellules d'Alain Cugno), les lépidoptères (on se souvient des forçats et des morphos d'Eugène Le Moult) se taillent la part du lion. Depuis la mort d'Eugène Séguy, excellent aquarelliste, artiste à lavallière, laborantin avant de devenir directeur du laboratoire d'Entomologie du Muséum, on cherchera en vain une iconographie sur les diptères en général, et on ne trouvera rien, absolument rien, en France, sur les Tabanides, malgré le nombre, la taille, la beauté (ou l'horreur) qu'inspirent les taons. Le présent atlas - dû à l'exceptionnel talent d'illustrateur de Xavier Carteret - comble en partie cette lacune. Il se réfère pour chaque espèce à la description originale, éclaire les querelles des entomologistes qui, aux prises avec les mouches à sang, ont débroussaillé la jungle de la nomenclature et, grâce aux clés dichotomiques, ouvre un chemin à une détermination précise des espèces.
Moi aussi, j'ai été Henry Angora et Rosabella Esmalden, Archibald MacRay et Cornelia Alzerno, Catherine Navarre et Cordelia Fitzaphnolden. Pour ne pas peler de froid dans ma maison noire, je l'ai peuplée avec les ombres que je voyais descendre du plateau. Assis près du feu à l'âtre, je regardais les flammes s'enrouler autour des vers de Branwell, se dérouler dans les boucles d'Anne, se tordre dans les intrigues de Charlotte murmurant à voix basse : « Je me demande si Branwell a vraiment tué la duchesse ? »
J'avais un goupil de rêve, queue touffue, touffue, oreilles tachées de noir, ils l'ont tué. S'ils avaient pu, ils nous auraient tous tués, mais nous étions partis dans les montagnes, là où ils ne pouvaient pas nous tuer. Nous attendions la neige, comprenez-vous, on ne peut pas tuer dans la neige des monts. Ils avaient beau faire des comptes, entamer des procédures, faire durer le plaisir, clamer leurs bonnes raisons sur tous les toits en brandissant des preuves plus fausses les unes que les autres, ils ne pouvaient pas nous tuer. Brandir des preuves aux assises ? Le roman est un drôle de rêve, tellement faux qu'il a vraiment l'air vrai. On ne prépare pas plus la venue d'un roman qu'on ne prépare celle d'un rêve. On voit. Ou pas. Un homme de haute stature se lave les mains... Antonia Pozzi le savait : C'est l'hiver - mon âme - C'est l'hiver. (P. R.)
Alger, Athènes, Palerme, Naples, Rome, Marseille, Damas, Le Caire... Des visages, des leurres. Dans cette enquête où les scènes de vie et les légendes s'enchâssent à 'histoire - on y voyage en compagnie des Grecs et des Romains, parmi des oeuvres éclairant les équivoques -, l'auteur pose un regard en clair-obscur sur la nature des cultures méditerranéennes. À la rencontre de l'Autre (un défi permanent pour l'esprit humain), il recueille les paroles, l'une habillant l'autre, dans une forme inédite de littérature d'évasion.
« "Je vois le Poète, dit le Monstre. - Moi aussi, dit Prospéro. - Il a l'air de boiter, dit le Mage. On dirait un Orphée sale." Hirsute, pieds nus dans les godasses, vêtu d'une chemise ouverte au col et d'un pantalon à la zouave, un petit chien dans les bras, le Poète remonte des Enfers. Il titube en paix. La crasse le protège des sorts. "C'est toujours pareil, dit le Monstre, cet imbécile a encore oublié de se retourner, il n'a pas statufié le temps. - Ne parlez pas si fort, dit Prospéro, vous allez réveiller Mirella 1." 1. Dans le jeu de cartes ici battu, le lecteur reconnaîtra : Giuseppe Tomasi, prince de Lampedusa, dans le rôle du Monstre. Gioacchino Lanza Tomasi, son fils adoptif, dans le rôle du Jeune Homme Doux. Lucio Piccolo di Calanovella, dans le rôle du Poète. Agata Giovanna di Calanovella, dans le rôle du Medium. Casimiro Piccolo, baron de Calanovella, dans le rôle du Mage. »
« "Je vois le Poète, dit le Monstre. - Moi aussi, dit Prospéro. - Il a l'air de boiter, dit le Mage. On dirait un Orphée sale." Hirsute, pieds nus dans les godasses, vêtu d'une chemise ouverte au col et d'un pantalon à la zouave, un petit chien dans les bras, le Poète remonte des Enfers. Il titube en paix. La crasse le protège des sorts. "C'est toujours pareil, dit le Monstre, cet imbécile a encore oublié de se retourner, il n'a pas statufié le temps. - Ne parlez pas si fort, dit Prospéro, vous allez réveiller Mirella 1." 1. Dans le jeu de cartes ici battu, le lecteur reconnaîtra : Giuseppe Tomasi, prince de Lampedusa, dans le rôle du Monstre. Gioacchino Lanza Tomasi, son fils adoptif, dans le rôle du Jeune Homme Doux. Lucio Piccolo di Calanovella, dans le rôle du Poète. Agata Giovanna di Calanovella, dans le rôle du Medium. Casimiro Piccolo, baron de Calanovella, dans le rôle du Mage. »
L'alcool n'est pas innocent 10 % de la population française connaît un problème d'alcool. 3 %, soit deux millions de personnes, sont dépendantes ! Au-delà de la froideur terrifiante des statistiques, ce drame est d'abord une histoire humaine. Un piège dont les mâchoires se referment sur des êtres fragilisés, blessés, meurtris, comme le deviennent leurs familles et entourages. Mylène Demongeot est celle qui raconte, le Dr Isabelle Sokolow, celle qui soigne. La première, comédienne, a vécu durant des années avec un homme - l'homme de sa vie -, atteint par cette maladie. Elle a connu ses doutes, ses peurs, vu ses souffrances, sa lutte, ses rechutes, et elle a essayé de l'aider. À Isabelle Sokolow, médecin alcoologue réputé, elle explique le sens de ce combat, les désarrois qui l'assaillaient, mais veut aussi - enfin - entendre les réponses d'un expert aux interrogations qu'elle n'a jamais eu la chance de poser sereinement. Comment devient-on alcoolique ? Quels sont les signes ? Comment se soigner, s'en sortir ? Comment doivent réagir les proches ? Avec vérité et franchise, mais aussi empathie et tendresse, ces deux femmes courageuses confrontent leurs expériences pour offrir leur aide, ouvrir une porte à celles et ceux qui se sentent impuissants et désemparés. Un livre fort, dur, mais plein d'espoir.