Paul Congé
Paul Congé
Votre voisin de bureau s'est mis à clasher les bobos serviles, à dévorer les livres d'Alain Soral ou de Papacito, à s'épancher sur la virilité perdue de l'homme post-moderne ? Bienvenue chez les grand--remplacés : ceux qui haïssent les hommes-soja, leur mode de vie de « tantouzes » et qui redoutent une immigration de masse. Des « petits Blancs de banlieue » aux cadres des métropoles, une lame de fond identitaire se propage. Elle s'appuie sur la peur du déclassement, l'absence de réponse des élites, et une forte réticence face à une société de plus en plus métissée. De fait, - aujourd'hui, un Français sur deux croit au grand remplacement. De ces angoisses contemporaines, des idéologues font commerce : ils se reconvertissent dans le coaching en séduction, le jeu vidéo, l' édition, le porno, les sciences alternatives ou le tuning. Les plus radicaux s'exilent dans les pays de l'Est pour régénérer la « race blanche »... Cette nébuleuse prend la tête du débat public, irrigue de ses punch-lines nos conversations et remplit un vide idé
France, année 2022. La campagne présidentielle est marquée par la montée en puissance de Marine Le Pen et Éric Zemmour. Une extrême droite galvanisée multiplie démonstrations de force et agressions de rue. Deux projets d'attentat d'ultradroite sont déjoués en quelques semaines. Mais d'autres actes meurtriers ne pourront être empêchés.Le 19 mars, Federico Martín Aramburú est abattu à Paris par deux anciens du Groupe union défense (GUD), dont un ex-militaire des forces spéciales, Loïk Le Priol.Le 13 mai, un jeune intérimaire d'origine hispano-marocaine est tué à Pigalle par un nostalgique du IIIe Reich, Martial Lanoir.Le 23 décembre, trois Kurdes sont exécutés rue d'Enghien par William Malet, un suprémaciste blanc tout juste libéré de détention provisoire.Cinq meurtres en huit mois, dans un rayon de trois kilomètres. Des tueurs radicalisés, certains fichés S, un autre recherché par la police.Comment en est-on arrivé là ? L'extrême tension de la campagne présidentielle a-t-elle favorisé ces passages à l'acte ? Pourquoi ces criminels, pour certains déjà signalés, sont-ils passés sous les radars ?Pendant deux ans, Paul Conge a mené l'enquête, s'appuyant sur des documents judiciaires, des notes de renseignement inédites et des entretiens jusqu'au plus haut niveau de l'État. Il reconstitue la genèse de ces crimes et les failles qui les ont rendus possibles. Voici les preuves que l'extrême droite tue. Paul Conge est un journaliste spécialisé dans le suivi des affaires criminelles et des mouvances d'extrême droite. Il a couvert les sujets judiciaires pour l'hebdomadaire Marianne et a publié, en 2020, Les Grand-remplacés. Enquête sur une fracture française (Arkhê).