Paul Ribeaud
Paul Ribeaud
Reinal, aventurier hors norme, défie les frontières entre journalisme et action. Plongez dans vingt ans de révolutions, de putschs et de guerres secrètes, où l’Histoire s’écrit à coups de caméra et de fusil.
Les réfugiés du Kivu affluaient dans la petite ville de Kissenyi préservée de la mutinerie par la symbolique frontière du Ruanda Urundi. Dans un bar de la ville nous étions une demi-douzaine d'hommes, armés de vieux fusils et décidés à vendre chèrement notre peau pour préserver nos femmes, nos enfants et notre honneur. Un jeune garçon à l'allure sportive, le visage marqué par un collier de barbe noire, poussa la porte et nous lança un jovial « salut les gars ! ». J'eus de la peine à reconnaître en ce barbu poussiéreux, Paul Ribeaud que j'avais rencontré à Bukavu en 1951, il y avait neuf ans déjà. Dans ADIEU CONGO Paul Ribeaud apporte tout ce qu'il a vu pendant ces tragiques semaines. Il lui était impossible de faire rentrer dans ce livre tout ce qui s'est déroulé au Congo et dans les coulisses de l'O.N.U., impossible de reproduire les centaines de déclarations de politiciens africains irresponsables, impossible encore de tout raconter sur un pays grand comme l'Europe Occidentale. Mais il a écrit l'essentiel. Le lecteur y verra se dérouler le film du naufrage congolais. La nationalité française de l'auteur lui a peut-être permis de réussir là où un Belge aurait échoué : observer d'un oeil impartial les principaux acteurs belges et congolais de cette tragédie. Envoyé de Paris Match et seul reporter de la presse mondiale à avoir parcouru l'ensemble du Congo dès le début de la mutinerie de la Force Publique, Paul Ribeaud risqua plus d'une fois sa vie pour nous rapporter ce récit et ces photographies. Au nom de mes compatriotes belges du Congo, je lui dis bravo et merci ! J. Hurner.
Ce livre raconte les aventures d'un jeune « vrai-faux reporter », prêt à tout pour devenir l'égal des plus grands noms de la presse des années 50. Une histoire authentique, qui se déroule à l'occasion du Rallye Alger-Le Cap - à l'époque « la plus longue course automobile du monde ». On est loin du Paris-Dakar ! Paul Ribeaud a voulu entrer dans la vie par « la grande porte ». Son récit aligne les coups de pied dans cette fameuse porte, faite d'un bois que la langue lèche, pour la défoncer tels qu'il les a donnés. Pages écrites à la diable, dans un style dru et âpre, comme il a bagarré. Conduire un camion à mort, prendre l'avion en clandestin ; clochard un soir, flambeur le lendemain ; voilà Paul Ribeaud à pleine vitesse, en Afrique. Joseph Kessel a dit de l'auteur de La grande porte : « Il témoigne d'une ténacité et d'une invention dans les moyens assez rares. » Quant à Lucien Bodard, il a écrit à son propos : « Un journaliste presque suicidaire à force d'aimer l'aventure. »
Si je meurs en Algérie... n'est pas un roman. C'est le récit d'une expérience unique. L'auteur, journaliste professionnel, a passé - clandestinement - plusieurs semaines en Afrique du Nord, parmi les rebelles. Seul au monde, il a partagé leurs repas, suivi leurs marches incessantes à travers les montagnes et les déserts, recueilli leurs confessions, l'expression de leurs doutes ou de leur foi. Aucun journal français, dit de grande information, n'a osé céder à la tentation de publier son reportage, par crainte de déplaire au gouvernement. C'est la justification de ce livre : le refus de la grande presse de publier ce récit authentique. Nulle trace de politique cependant dans ce texte. Mais la narration d'aventures vécues, à l'odeur de sang et de sueur, marquées par la souffrance et une passion : celle de la vérité. Comme dans son précédent livre : « La grande porte », récit d'une randonnée à travers le continent noir, d'Alger au Cap, qu'un éminent journaliste qualifia de « salaire de la peur du reportage », Paul Ribeaud ne rapporte, dans « Si je meurs en Algérie... », que des faits. Il s'agit d'un roman d'aventures vraies (peut-être est-ce la première fois), qui se déroulent dans un décor hallucinant, où s'entremêlent le fanatisme, la barbarie, la raison d'État, la guerre Sainte, la haine, l'amour, le soleil brûlant, la terreur et la mort. La plupart des photographies accompagnant ce texte, lui auraient coûté la vie s'il avait été pris la caméra au poing. Ce n'était pas la première fois que Paul Ribeaud risquait sa vie par passion du journalisme. Depuis huit ans, aux yeux des lecteurs qui ont lu ses reportages dans la grande presse de la capitale et de province, il s'est imposé comme baroudeur, ce qui lui valut d'être appelé « le corsaire du journalisme ». Ne s'était-il pas, à douze ans, enfui du collège pour essayer de rejoindre l'Afrique noire ? À vingt-huit ans, Paul Ribeaud est considéré par ses confrères comme un des « self made man » du journalisme contemporain. De Paul Ribeaud et de son récit « Si je meurs en Algérie ». Joseph Kessel a déclaré : « Un garçon plein de cran, qui dit sur le maquis algérien, où il a vécu, des choses qui valent qu'on les lise. »