Pauline Valade
Pauline Valade
Paris, 6 juillet 1750. Bruno Lenoir et Jean Diot meurent étranglés puis brûlés en place de Grève. Ils seront les derniers condamnés à mort pour homosexualité en France. Plonger dans les documents judiciaires ayant mené à leur exécution permet de reconstituer le Paris des années 1750 et le milieu homosexuel tenu secret malgré sa banalité. Entre réalité et fiction, ce roman propose de donner vie et corps à ces deux hommes, dont l'histoire tragique reflète autant les errements judiciaires d'une société complexe que l'intemporel combat pour la tolérance.
Au XVIIIe siècle, Paris célébrait chaque événement heureux pour la Couronne. La Maison du Roi, le Bureau de la Ville et le Châtelet de Paris organisaient les réjouissances. Les manifestations de joie étaient donc contrôlées par les autorités qui y voyaient les signes tangibles d'une communion avec les sentiments du souverain. Pour autant, l'expérience de la joie publique n'était pas celle d'une obéissance passive. Les Parisiens s'appropriaient les réjouissances aussi bien en participant qu'en détournant certaines normes de réjouissances. Ils fabriquaient leur propre culture de l'approbation, empreinte d'une critique à peine voilée. Dès 1770, les gestes traditionnels des réjouissances furent progressivement détournés pour faire valoir un droit de se réjouir indépendamment de la Couronne. Pauline Valade est agrégée et docteure en Histoire moderne.