Philippe Corbé
Philippe Corbé
Voici le discours de la méthode trumpiste. Non pas théorique, mais vu de l'intérieur. Philippe Corbé, qui a longtemps vécu aux Etats-Unis et a publié plusieurs livres sur la politique et la société américaines, notamment une biographie de Roy Cohn, le maître en diablerie de Donald Trump, aborde ici la captation des esprits par Donald Trump. Ecrit à la première personne, à partir de choses vues et de réflexions à long terme, Armes de distraction massive parcourt en brefs chapitres la façon dont Donald Trump, depuis les années 1980, a réussi à détruire la politique traditionnelle telle que la démocratie américaine la pratiquait. D'une couverture de GQ qui a tout changé en 1984 aux dernières provocations de l'apprenti dictateur de la Maison-Blanche et de sa garde rapprochée, voici la construction d'une prise de pouvoir au moyen de l'absorption des codes de la bande dessinée, du rire destructeur et de la saturation par des provocations perpétuelles. Bien plus qu'Orwell, nous dit Philippe Corbé, c'est Aldous Huxley qu'il faut regarder, et son Meilleur des mondes prédisant le gouvernement par l'insignifiance érigée en système. Le trumpisme vu de l'intérieur. Ne soyez pas rassurés.
En six chapitres, " Les Nouveaux oligarques " décrypte l'alliance inédite entre business et politique incarnée par Thiel, Musk, Bezos et Zuckerberg, façonnant l'Amérique de Trump. Un regard percutant sur le libertarianisme et ses implications pour la démocratie. Par Thomas Snégaroff et Philippe Corbé, auteurs d'un podcast à 2M d'écoutes. Parution le 3 juillet 2025.
États-Unis, aujourd'hui. Cindy est en prison, accusée du meurtre de sa mère, Angela. Un podcasteur qui suit l'affaire depuis ses débuts nous raconte l'histoire, devenue un événement médiatique colossal, au point qu'un grand studio de production a acheté les droits du podcast pour en faire un film. Enfant, Cindy a été instrumentalisée par sa mère, qui l'a bourrée de médicaments et rendue intentionnellement malade afin de publier sur les réseaux sociaux des photos d'elle décharnée et défigurée, qui lui ont permis de soutirer des centaines de milliers de dollars aux internautes attendris. Seulement voilà, la fille n'est pas moins manipulatrice que la mère : Cindy échafaude un stratagème qui lui permettrait de s'enfuir avec cet argent si vicieusement gagné. Il tourne mal, Angela est tuée par un garçon naïf que Cindy avait attiré dans sa machination. Cindy est-elle coupable ? Fondée sur un fait-divers authentique, un roman captivant qui dresse le portrait impitoyable de l'inculture et de la dégénérescence d'une certaine classe moyenne américaine.
« ``Où est mon Roy Cohn ?'' Ce cri lancé par Donald Trump à la Maison Blanche peu après son investiture a sonné comme un aveu. J'ai suivi le président des Etats-Unis à travers le pays en tant que correspondant de RTL, j'ai observé ses méthodes, j'ai pensé le comprendre. Mais ce n'est qu'en enquêtant sur Roy Cohn que j'ai pu déceler ce qui constitue fondamentalement le président américain le plus déroutant de l'histoire. Lorsque, au début des années 70, le jeune Trump aborde Roy Cohn au culot dans un club, il n'est que l'héritier d'un promoteur immobilier sans éclat du Queens qui a pour conseil cet avocat vénéneux et sans scrupules, l'un des plus puissants et le plus craint de New York. Des années plus tôt, au service du sinistre McCarthy, il a fait exécuter Ethel Rosenberg en manipulant le juge ; il a été le plus cruel des « chasseurs de sorcières » communistes ; il a survécu aux inquisitions de son rival, Robert Kennedy ; il a pris ses leçons de duplicité chez J. Edgar Hoover ; il est devenu l'ami de Nixon. Courtisan de Reagan, il lui a présenté un homme qui rêvait de prendre pied aux USA, l'Australien Rupert Murdoch, plus tard fondateur de FOX News, la chaîne de bourrage de crâne trumpienne depuis bientôt quatre ans. Roy Cohn, le camarade de soirées d'Andy Warhol et d'Estée Lauder, l'avocat de l'archevêché de New York comme des grandes familles de la mafia, d'Aristote Onassis, de Bianca Jagger et de la discothèque Studio 54 où il passe ses nuits, n'a pas un dollar sur ses comptes, ne paie ni ses factures ni ses impôts, mais roule en Rolls. C'est un homosexuel dans le placard et un Juif qui a honte d'être juif. Il est devenu après sa mort un personnage du chef-d'oeuvre de théâtre Angels in America, où il est qualifié d' ``étoile polaire du mal humain''. C'est ce maître en cynisme, en manipulations et en coups bas qui a pris sous son aile maléfique le jeune Trump. On ne peut comprendre le second sans connaître le premier, Pygmalion maléfique d'un élève déjà très doué. Roy Cohn a fait de Trump un président. »
Pulse, 12 juin 2016. Quarante-neuf morts sur la piste d'un night-club de Floride. Quarante-neuf garçons et filles qui voulaient seulement danser, abattus pour avoir commis le crime d'être homosexuels. Tous ne l'étaient pas, d'ailleurs, mais tous étaient coupables selon le meurtrier, qui a cette nuit-là perpétré le premier assassinat homophobe de masse de l'histoire. Quelques heures plus tard, Philippe Corbé est allé à Orlando. Mélangeant à son récit des souvenirs de jeunesse, il rappelle les prêches criminels, les tyrans de cours de récré, les ferme ta grosse gueule pédale, les hargneux, tous ceux qui veulent écraser les espoirs de bonheur, à commencer par ces lieux tranquilles, d'Orlando à Paris, de Sydney à Beyrouth, des abris pour retrouver ses semblables, se retrouver chez soi. Et c'est bien pour cela qu'ils sont menacés, les battements de coeur dérangent. Sous les pulsations de la musique couvent les pulsations de la haine.
Depuis le soir du 6 mai, vous connaissez la fin de l'histoire. Vous l'aviez peut-être devinée. Mais savez-vous vraiment comment il en est arrivé là ? Comment s'est nouée la dernière campagne du Président-Candidat, ces 500 jours pendant lesquels on a cherché à nous raconter une histoire où tout paraissait perdu et où tout renaît ? On connaît la chanson, cette mystique présidentielle qu'on qualifie de "rencontre entre un homme et un peu peuple". Elle occulte les généraux, les fantassins, les renforts de la dernière heure, les fidèles et les traîtres. Ceux qui tissent la victoire ou nouent la défaite. Les voici, des anciennes gloires qui vont s'effacer et des jeunes loups qui vont se déchirer, Henri Guaino, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Valérie Pécresse, Alain Minc, François Baroin, Nadine Morano, Jean-Pierre Raffarin, et tous les autres dont nous retiendrons le nom dès demain. Voici le destin d'un homme, voici le destin de la droite française.