Philippe Simay
Philippe Simay
Le secteur du bâtiment est l'un des plus polluants au monde. Or nous ne savons presque rien des environnements bâtis dans lesquels nous vivons. Qui sait aujourd'hui d'où viennent le ciment et les fers à béton, massivement utilisés dans nos constructions ? De quoi sont faits les carreaux de céramique ou une vitre en verre ? Qui interroge les conditions de production des colles ou la chaîne de valeur du plastique ? Il est urgent de se mettre à l'écoute de ce que les matériaux ont à nous dire. C'est à cette tâche que ce livre entend contribuer en détournant les codes du catalogue industriel et commercial. Il ne s'agit pas ici de vanter les mérites d'un produit, mais de révéler ce qu'il dissimule réellement, en termes d'impact environnemental et de vies humaines. S'appuyant sur des enquêtes menées dans les lieux d'exploitation ou le long des axes de circulation, ce catalogue critique et illustré propose de regarder les matériaux non plus comme des solutions techniques mais comme des objets politiques, pris dans les logiques capitalistes d'extraction, d'industrialisation et d'accumulation. Il montre comment certains matériaux - béton, acier, plastique... - sont devenus hégémoniques, tandis que d'autres - bois, terre, pierre, paille... - ont été marginalisés, alors même qu'ils portent des manières de construire plus respectueuses et plus attentives aux contextes. Construire n'est jamais un acte neutre. Chaque choix de matériau engage une éthique, un rapport au territoire, une manière d'habiter. Repolitiser les matériaux, c'est se donner la possibilité de construire collectivement le monde autrement.
La transition écologique et sociale, c'est maintenant, au coeur de Paris, grâce à cette ferme urbaine qui relocalise la production de fruits et de légumes tout en favorisant la biodiversité et en permettant à de nombreuses personnes de se réinsérer dans la société et de redonner du sens à leurs vies.
Les enjeux urbains de la pensée de Walter Benjamin se situent dans un entre-deux villes où s'est joué le sort d'une modernité contradictoire: Paris, capitale du XIXe siècle, et Berlin, capitale du XXe siècle. À la question: «Comment habiter le moderne?», Benjamin répond par une étonnante philosophie de l'architecture, entre exil et souvenir, transparence et opacité, flânerie et révolution, qui n'a pas encore été suffisamment inventoriée. C'est à cet inventaire que ce volume veut contribuer, constituant la ville comme «centre de gravité » de la pensée benjaminienne, vers lequel convergent ses autres architectures linguistiques, esthétiques ou politiques.