Philippe Soupault
Philippe Soupault
"Lorsque, au printemps de 1919, André Breton et Philippe Soupault conçoivent et expérimentent la méthode d'écriture d'où naîtront non seulement Les Champs magnétiques mais deux pièces de théâtre : Vous m'oublierez et S'il vous plaît, sans compter nombre de textes automatiques, l'un a vingt-trois et l'autre vingt-deux ans. Au même âge, Rimbaud venait de rompre avec la poésie ; Isidore Ducasse s'arrachait aux Chants de Maldoror et affrontait cette Préface à un livre futur par quoi se donnent les Poésies. En 1918, Breton et Aragon, encore mobilisés, se portaient régulièrement volontaires, à l'hôpital où ils étaient affectés, pour assurer la garde de nuit et là, des heures durant, se lisaient à voix haute les psaumes démoniaques du Comte de Lautréamont. L'année suivante, Breton recopie, à la Bibliothèque nationale, l'exemplaire unique des Poésies, qui sont publiées en avril, dans le n° 2 de Littérature, revue qu'il vient de fonder avec Aragon et Soupault. On serait tenté de penser que, dans l'esprit des "scripteurs", Les Champs magnétiques sont précisément ce "livre futur" annoncé, au seuil de la mort, par le jeune Ducasse. En un sens, en effet, ils répondent à l'injonction de l'initiateur : "La poésie doit être faite par tous. Non par un." Par-delà les Poésies, les Champs se mesurent aux Chants. L'outrance rhétorique perverse et savante de Maldoror, la sécheresse pseudo-conformiste de Ducasse retournant Pascal et Vauvenargues comme on dépouille un lapin, instituent, dans leur apparente opposition, une zone d'extrême turbulence d'où peut jaillir, sans entraves ni scrupules, la voix automatique." Philippe Audouin.
Une anthologie composée de plus d'une centaine de contes, autant d'occasions de s'évader et de nourrir l'imagination des petits et des grands.Depuis les temps les plus anciens, partout dans le monde, on raconte des histoires aux enfants le soir à la veillée. Au gré de leurs voyages, Ré et Philippe Soupault ont collecté et retranscrit les plus merveilleuses d'entre elles dans une langue simple et belle. Leur livre nous transporte de Laponie en Corée, du Turkestan au Venezuela, de Belgique en Transylvanie... Autant d'occasions de s'évader et de nourrir l'imagination des petits comme des grands. _ " Au pays du Matin calme, l'empereur, pour le vingtième anniversaire de son couronnement, décida d'orner la salle du trône de son palais du plus beau paravent qu'on ait jamais vu jusqu'alors. Il convoqua le peintre le plus célèbre de l'Empire, qui habitait dans une caverne loin de la ville... "" Le Dragon bleu et le Dragon jaune "
L'anthologie qui revisite Musset en privilégiant des textes à peine connus. Qui est Musset? se demande Philippe Soupault dès les premières lignes. Son projet est de voir qui est le poète que dissimule le personnage éloquent qu'on nous fait connaître à l'école et qui jouit d'une réputation qu'il ne mérite pas, alors qu'on ignore ou qu'on sous-estime une partie de son oeuvre.C'est alors le portrait d'un inconnu que propose l'auteur en suivant, pour lui rendre justice, la seule ligne de son oeuvre. Celle-ci culmine, à ses yeux, avec les poèmes de la fin de sa vie, écrits pour lui-même, dans l'indifférence au jugement de ses contemporains.Loin de retenir les poésies les plus célèbres, l'anthologie privilégie des textes à peine connus, certains publiés après la mort de Musset (1857). Elle s'étend à des proses et des extraits du théâtre que Soupault a détachés pour leur "audace lyrique" et leur "éclatante beauté".L'oeuvre de Musset, en fin de compte, est confrontée par le co-auteur des "Champs magnétiques" à la "révolution annoncée par Baudelaire, Rimbaud, Lautréamont et le surréalisme".
Isidore Ducasse nous a laissé sous le nom de comte de Lautréamont, sans doute, l'oeuvre la plus corrosive, la plus fascinante, la plus insolite de toute la littérature française : Les Chants de Maldoror. Et, comme il l'écrit lui-même : " Allez y voir vous-même si vous ne voulez pas me croire. "