Pierre Berthiaume
Pierre Berthiaume
Au cours de l'été 1937, Adrien Arcand (1899-1967), le « führer canadien », faisait paraître La Clé du mystère, un tract de format tabloïd de 32 pages. Violemment antisémite, le pamphlet comprend quelque 114 articles, faits de courts entrefilets et d'écrits tenant sur 1 ou 2 pages. Or, ces textes sont tous ou controuvés ou faux. Aussi est-il important de mettre en lumière les dispositifs rhétoriques auxquels a recours Adrien Arcand et d'analyser chacune de ses assertions, chacun des articles qu'il produit. Dans cet ouvrage, Pierre Berthiaume démonte les techniques démagogiques d'Adrien Arcand, les déconstruit, afin de rétablir la vérité, ce qui n'a jamais été fait à ce jour.L'étude comprend deux sections. Dans la première sont recensées les techniques de persuasion auxquelles a recours Adrien Arcand, dans la seconde sont analysés tous les articles de La Clé du mystère.
Voyage au Canada dans le nord de l'Amérique septentrionale fait depuis l'an 1751 à 1761 par J. C. B.
Depuis sa publication en 1887, Voyage au Canada dans le nord de l'Amérique septentrionale fait depuis l'an 1751 à 1761 par J. C. B. a servi de source documentaire à de nombreux historiens.Or, l'ouvrage, aujourd'hui attribué au canonnier Joseph-Charles Bonin, soulève de nombreuses questions. Rédigé au plus tôt à la fin de 1799, le texte n'est sans doute pas de la main de Charles Bonin, parfois prénommé Jean Baptiste dans d'autres documents d'époque. Certaines de ses aventures appartiennent manifestement au champ romanesque, à commencer par son enrôlement dans les troupes envoyées au Canada en 1751. Nombre de faits rapportés reposent, non pas sur des observations personnelles, mais sur des ouvrages anciens. Des erreurs grossières entachent même son récit sur les plans géographique et historique.Dans cet essai, Pierre Berthiaume propose une analyse critique de Voyage au Canada qui incitera sans doute les historiens à la prudence lorsqu'ils citeront l'ouvrage.
Oser penser par soi-même. Voilà le mot d'ordre des écrivains matérialistes des Lumières qui n'ont pas hésité à récuser l'existence de Dieu, à mettre en jeu la réalité d'une « substance spirituelle » - oxymore absurde s'il en est - et à illustrer l'aliénation de ceux qui adhèrent à ce qui mène inévitablement au théofascisme. Si Dieu est une chimère et les religions des « folies humaines », la matière, en revanche, existe par elle-même, travaillée par des forces qui rendent compte du monde tel qu'il existe. Du « frayage » des particules élémentaires au transformisme, en passant par la théorie des probabilités, les thèses matérialistes ont pu éclore parce que des « philosophes » ont abandonné le paradigme mécaniste au profit d'une conception complexe de l'organisme, fondée sur l'irritabilité et la sensibilité du tissu animal. L'auteur de Matières incandescentes analyse les conditions d'apparition et de développement des problématiques matérialistes des Lumières (1650-1780) dans une synthèse impeccable qui souligne les liens qui se sont tissés entre réflexion philosophique et avancées scientifiques. Professeur émérite de l'Université d'Ottawa, Pierre Berthiaume est spécialiste de la littérature française du xviiie siècle et des relations de voyage en Amérique du Nord. Sa bibliographie comprend nombre d'ouvrages et d'articles qui couvrent les deux domaines de recherche.