Pierre Nora
Pierre Nora
Rivés à leurs écrans, les agents veillent à la bonne marche d'un monde qui tourne sans eux. Dans des box blindés, dans de hautes tours de verre d'un autre siècle, ils travaillent et luttent pour conserver leur poste, buvant du thé, s'achetant des armes. Tous les moyens sont bons. Ruse, stratégie, violence - guerre totale. Parce qu'il y a pire que la mort, pire que la Colonne Rouge. Il y a la rue, où règnent les chats, le chaos, l'inconnu. Roman dystopique aux accents kafkaïens, dans la lignée du J. G. Ballard de la trilogie de béton et des oeuvres obsessionnelles de Philip K. Dick, Les agents raconte un monde où l'aliénation du travail est devenue la loi généralisée et machinique en vertu de laquelle tous s'affrontent pour survivre - où la solidarité est une arme à double tranchant.
1947-1954 : sept années charnières de la IVe République racontées par celui qui en fut le premier président. Mon septennat révèle les coulisses du pouvoir, entre crises ministérielles, guerre d’Indochine et tensions internationales.
Juillet 1937. A Home Place, au coeur du Sussex, jardiniers, femmes de chambre et cuisinière sont sur le pont. La Duche orchestre le ballet des domestiques avant l'arrivée de ses trois fils, Hugh, Edward et Rupert Cazalet, en chemin depuis Londres avec épouses, enfants et gouvernantes. Où dormira Clary, adolescente mal dans sa peau en plein conflit avec sa belle-mère ? Quelle robe portera Villy, ancienne ballerine désormais mère au foyer ? Polly, terrorisée à l'idée qu'une guerre éclate, s'entendra-t-elle avec sa cousine Louise qui rêve de devenir actrice ? Rachel, la seule fille de la Duche, trouvera-t-elle un moment pour ouvrir la précieuse lettre de son amie Sid ? Non-dits, chamailleries, profonds chagrins... Aux préoccupations des adultes font écho les inquiétudes des enfants, et à la résilience des femmes, qu'elles soient épouses, fillettes ou domestiques, répond la toute-puissance - ou l'impuissance - des hommes. L'été regorge d'incertitudes mais, sans l'ombre d'un doute, une nouvelle guerre approche : entre pique-niques sur la plage et soirées auprès du gramophone, il faudra inventorier lits de camp et masques à gaz.
' Les souvenirs ici réunis ne s'apparentent pas à des Mémoires, au sens classique du terme, mais relèvent de ce que l'on appelait autrefois un roman d'apprentissage. Je me suis spontanément concentré sur les traits singuliers de mes jeunes années : la guerre de neuf à treize ans pour un enfant juif ; une famille faite d'individualités fortes ; une impossibilité à me plier aux normes universitaires sans pouvoir cependant m'en détacher ; une initiation amoureuse des moins banales ; une ouverture à plusieurs types de vie qui n'a pas été offerte à tous. Une jeunesse qui m'a fait ce que je suis. ' P. N.
' Les souvenirs ici réunis ne s'apparentent pas à des Mémoires, au sens classique du terme, mais relèvent de ce que l'on appelait autrefois un roman d'apprentissage. Je me suis spontanément concentré sur les traits singuliers de mes jeunes années : la guerre de neuf à treize ans pour un enfant juif ; une famille faite d'individualités fortes ; une impossibilité à me plier aux normes universitaires sans pouvoir cependant m'en détacher ; une initiation amoureuse des moins banales ; une ouverture à plusieurs types de vie qui n'a pas été offerte à tous. Une jeunesse qui m'a fait ce que je suis. ' P. N.
'Ici, on ne peignait pas. On décidait de ce qu'il fallait peindre. Ici, on gouvernait l'art.' Kewei, né en 1950 dans un village au pied de l'Himalaya, dessine du matin au soir. Repéré par un garde rouge, il échappe au travail agricole et part étudier aux Beaux-Arts de Pékin. Il sera peintre du régime. Kewei accomplit ainsi le rêve de ses parents en devenant un artiste reconnu. Sous le joug de la Révolution culturelle, son ascension semble sans limite. Mais l'Histoire va bientôt le rattraper.
'Ici, on ne peignait pas. On décidait de ce qu'il fallait peindre. Ici, on gouvernait l'art.' Kewei, né en 1950 dans un village au pied de l'Himalaya, dessine du matin au soir. Repéré par un garde rouge, il échappe au travail agricole et part étudier aux Beaux-Arts de Pékin. Il sera peintre du régime. Kewei accomplit ainsi le rêve de ses parents en devenant un artiste reconnu. Sous le joug de la Révolution culturelle, son ascension semble sans limite. Mais l'Histoire va bientôt le rattraper.
Juillet 1937. À Home Place, au coeur du Sussex, jardiniers, femmes de chambre et cuisinière sont sur le pont. La Duche orchestre le ballet des domestiques avant l'arrivée de ses trois fils, Hugh, Edward et Rupert Cazalet, en chemin depuis Londres avec épouses, enfants et gouvernantes. Où dormira Clary, adolescente mal dans sa peau en plein conflit avec sa belle-mère ? Quelle robe portera Villy, ancienne ballerine désormais mère au foyer ? Polly, terrorisée à l'idée qu'une guerre éclate, s'entendra-t-elle avec sa cousine Louise qui rêve de devenir actrice ? Rachel, la seule fille de la Duche, trouvera-t-elle un moment pour ouvrir la précieuse lettre de son amie Sid ? Non-dits, chamailleries, profonds chagrins... Aux préoccupations des adultes font écho les inquiétudes des enfants, et à la résilience des femmes, qu'elles soient épouses, fillettes ou domestiques, répond la toute-puissance - ou l'impuissance - des hommes. L'été regorge d'incertitudes mais, sans l'ombre d'un doute, une nouvelle guerre approche : entre pique-niques sur la plage et soirées auprès du gramophone, il faudra inventorier lits de camp et masques à gaz.
Innocent du crime de haute trahison dont on l'accuse et condamné à l'issue d'un procès inique, dégradé devant vingt mille Parisiens, déporté en Guyane sur l'île du Diable, le capitaine Dreyfus s'est battu pour la justice et la vérité dès le premier jour de sa mise au secret, le 15 octobre 1894. Son courage face à l'effondrement de son existence et à l'enfermement s'exprime tout entier dans les lettres qu'il adresse à sa famille depuis la prison et le bagne. Avec Lucie, sa jeune épouse, il noue une correspondance exceptionnelle qui défie le temps, l'éloignement et l'épreuve inhumaine de la détention. L'écriture épistolaire, malgré la censure, devient pour Alfred et Lucie le monde de leur résistance et de leur amour. La violence de l'État quand il s'acharne sur un innocent et menace ses défenseurs, l'antisémitisme déclaré qui saisit l'opinion publique et pervertit la République, la confiance inébranlable d'un couple en la justice de son pays, l'honneur et la solidarité de toute une humanité : dans ces lettres retrouvées, tout résonne avec notre siècle.
Innocent du crime de haute trahison dont on l'accuse et condamné à l'issue d'un procès inique, dégradé devant vingt mille Parisiens, déporté en Guyane sur l'île du Diable, le capitaine Dreyfus s'est battu pour la justice et la vérité dès le premier jour de sa mise au secret, le 15 octobre 1894. Son courage face à l'effondrement de son existence et à l'enfermement s'exprime tout entier dans les lettres qu'il adresse à sa famille depuis la prison et le bagne. Avec Lucie, sa jeune épouse, il noue une correspondance exceptionnelle qui défie le temps, l'éloignement et l'épreuve inhumaine de la détention. L'écriture épistolaire, malgré la censure, devient pour Alfred et Lucie le monde de leur résistance et de leur amour. La violence de l'État quand il s'acharne sur un innocent et menace ses défenseurs, l'antisémitisme déclaré qui saisit l'opinion publique et pervertit la République, la confiance inébranlable d'un couple en la justice de son pays, l'honneur et la solidarité de toute une humanité : dans ces lettres retrouvées, tout résonne avec notre siècle.
"Cinquante-sept ans chez Gallimard et trente-cinq ans d'enseignement et de recherche, plus de mille livres édités, sept volumes des Lieux de mémoire, quarante ans à la tête du Débat, en faut-il davantage pour justifier mon titre ? Je me suis souvent défini comme marginal central. Marginal, parce que je n'ai pas été un universitaire classique, ni un éditeur professionnel, ni un historien typique, ni un écrivain authentique. Encore qu'un peu tout cela. Central cependant, parce que beaucoup des auteurs, beaucoup des idées d'une des époques les plus effervescentes et créatrices de la France contemporaine sont passés par mon petit bureau du premier étage de la rue Sébastien-Bottin, devenue Gaston-Gallimard. C'est ce vu et vécu dont, avant de disparaître, j'ai voulu laisser la trace. Les auteurs, les idées, l'époque. En mémorialiste et en historien." P. N.
"Cinquante-sept ans chez Gallimard et trente-cinq ans d'enseignement et de recherche, plus de mille livres édités, sept volumes des Lieux de mémoire, quarante ans à la tête du Débat, en faut-il davantage pour justifier mon titre ? Je me suis souvent défini comme marginal central. Marginal, parce que je n'ai pas été un universitaire classique, ni un éditeur professionnel, ni un historien typique, ni un écrivain authentique. Encore qu'un peu tout cela. Central cependant, parce que beaucoup des auteurs, beaucoup des idées d'une des époques les plus effervescentes et créatrices de la France contemporaine sont passés par mon petit bureau du premier étage de la rue Sébastien-Bottin, devenue Gaston-Gallimard. C'est ce vu et vécu dont, avant de disparaître, j'ai voulu laisser la trace. Les auteurs, les idées, l'époque. En mémorialiste et en historien." P. N.
Amphitryon part guerroyer contre les Téléboens. Son épouse, la vertueuse Alcmène, attend son retour avec impatience. Mais Jupiter, séduit par ses charmes, la dupe en prenant les traits de l'absent. De son côté, Mercure, le messager de Jupiter, s'amuse à faire douter de sa propre existence Sosie, dont il a également pris l'apparence. L'avare Euclion n'a qu'une obsession : mettre en lieu sûr l'« aululaire », une marmite remplie d'or. Que les prétendants se le tiennent pour dit : il ne dépensera pas un sou pour marier sa fille ! Pyrgopolinices, soldat fanfaron, a enlevé la jeune fiancée de Pleusiclès. Les deux amants pourront-ils un jour se retrouver ? Par chance, un esclave rusé veille sur eux et rivalisera d'invention pour ridiculiser le ravisseur... Ces comédies virevoltantes, Plaute les a écrites pour un public populaire avide de dépaysement et de rebondissements. Près de deux mille ans plus tard, Molière s'inspirera de ces quiproquos improbables.
Amphitryon part guerroyer contre les Téléboens. Son épouse, la vertueuse Alcmène, attend son retour avec impatience. Mais Jupiter, séduit par ses charmes, la dupe en prenant les traits de l'absent. De son côté, Mercure, le messager de Jupiter, s'amuse à faire douter de sa propre existence Sosie, dont il a également pris l'apparence. L'avare Euclion n'a qu'une obsession : mettre en lieu sûr l'« aululaire », une marmite remplie d'or. Que les prétendants se le tiennent pour dit : il ne dépensera pas un sou pour marier sa fille ! Pyrgopolinices, soldat fanfaron, a enlevé la jeune fiancée de Pleusiclès. Les deux amants pourront-ils un jour se retrouver ? Par chance, un esclave rusé veille sur eux et rivalisera d'invention pour ridiculiser le ravisseur... Ces comédies virevoltantes, Plaute les a écrites pour un public populaire avide de dépaysement et de rebondissements. Près de deux mille ans plus tard, Molière s'inspirera de ces quiproquos improbables.
Ce texte est un débat entre deux historiens du 20e siècle qui interrogent les croisements et les décroisements des mémoires liées à l'immigration et à la colonisation. Une thématique qui ne cesse d'être d'actualité. En évaluant l'impact de l'approche postcoloniale sur les questions migratoires, il s'agit de questionner la place de la mémoire de la colonisation, et de la guerre d'Algérie en particulier, dans l'histoire générale de l'immigration en France. En quoi ces mémoires traduisent elles les fractures et les impensés de la société française ? Une rencontre entre le penseur des "Lieux de mémoire" et l'historien spécialiste de la mémoire liée à la guerre d'Algérie. Pierre Nora, historien, membre de l'Académie française Benjamin Stora, historien. Auteur récemment chez Bayard de Retours d'histoire
M. Antoine Compagnon, ayant été élu à l'Académie française à la place laissée vacante par la mort de M. Yves Pouliquen, y est venu prendre séance le jeudi 11 mai 2023. Extrait. "Pourquoi vouloir entrer ici longtemps après avoir franchi le milieu du chemin ? La question me fut posée lors de mon élection avec d'autant plus de malice que je venais de publier un livre d'adieu sous le titre La Vie derrière soi. Quel meilleur moyen de mettre la vie derrière soi, put-on se gausser, que de prétendre à l'immortalité ? Descendre ces marches, c'est ouvrir un nouveau cycle : "Qui connaît la puissance du cercle, ne redoute plus la mort", écrivait Maurice Blanchot en citant Hugo von Hofmannsthal, qui lui-même citait Djalâl ad-Dîn Rûmî, le poète persan du XIIIe siècle. En ce jour, dans cette succession de boucles qu'est la vie, l'image de la spirale me vient à l'esprit, la spirale de Vico et de Michelet, la spirale de tous les poèmes comme feuilleton infini depuis l'Homère éternel, réincarné génération après génération, selon Shelley, Proust ou Borges, pour qui tous les livres se tiennent, n'en font qu'un." A. C.
M. Antoine Compagnon, ayant été élu à l'Académie française à la place laissée vacante par la mort de M. Yves Pouliquen, y est venu prendre séance le jeudi 11 mai 2023. Extrait. "Pourquoi vouloir entrer ici longtemps après avoir franchi le milieu du chemin ? La question me fut posée lors de mon élection avec d'autant plus de malice que je venais de publier un livre d'adieu sous le titre La Vie derrière soi. Quel meilleur moyen de mettre la vie derrière soi, put-on se gausser, que de prétendre à l'immortalité ? Descendre ces marches, c'est ouvrir un nouveau cycle : "Qui connaît la puissance du cercle, ne redoute plus la mort", écrivait Maurice Blanchot en citant Hugo von Hofmannsthal, qui lui-même citait Djalâl ad-Dîn Rûmî, le poète persan du XIIIe siècle. En ce jour, dans cette succession de boucles qu'est la vie, l'image de la spirale me vient à l'esprit, la spirale de Vico et de Michelet, la spirale de tous les poèmes comme feuilleton infini depuis l'Homère éternel, réincarné génération après génération, selon Shelley, Proust ou Borges, pour qui tous les livres se tiennent, n'en font qu'un." A. C.
Parmi les écrivains de sa génération, Cao Kou fait figure de cas particulier. L'univers qui forme le cadre de ses nouvelles est en effet caractérisé par l'ennui sans échappatoire de vies désespérément sans histoires, qu'il excelle à rendre dans un style très personnel, construit sur le principe de l'association d'idées. Ses récits apparaissent ainsi comme une trame de séquences imprévues, comme sous l'effet du hasard. C'est-à-dire comme dans la vie. Sur un ton froid où l'humour affleure à chaque ligne, il nous régale aussi de savoureux détails de satire sociale. C'est notamment le cas dans "Zhao Qinghe", récit à l'architecture complexe dont les saynètes en apparence incongrues finissent par dresser un tableau désopilant d'une jeunesse solitaire.
Parmi les écrivains de sa génération, Cao Kou fait figure de cas particulier. L'univers qui forme le cadre de ses nouvelles est en effet caractérisé par l'ennui sans échappatoire de vies désespérément sans histoires, qu'il excelle à rendre dans un style très personnel, construit sur le principe de l'association d'idées. Ses récits apparaissent ainsi comme une trame de séquences imprévues, comme sous l'effet du hasard. C'est-à-dire comme dans la vie. Sur un ton froid où l'humour affleure à chaque ligne, il nous régale aussi de savoureux détails de satire sociale. C'est notamment le cas dans "Zhao Qinghe", récit à l'architecture complexe dont les saynètes en apparence incongrues finissent par dresser un tableau désopilant d'une jeunesse solitaire.
"Après Historien public, qui se voulait un portrait d'époque à travers les engagements d'un itinéraire individuel, après Présent, nation, mémoire, qui tentait de dégager par ces mots les pôles de la conscience historique contemporaine, ce troisième volet de mon entreprise réunit les principaux essais que j'ai consacrés à la France, son identité et sa mémoire. L'organisation de ce rassemblement fait apparaître une image fortement unitaire : celle de l'État-nation dans son âge accompli. Celui-ci s'enracine chronologiquement de la Révolution de 1789 aux retombées du gaullisme et du communisme, ces deux versions ultimes de la France qui ont mélangé, à doses variables, l'idée nationale et l'idée révolutionnaire. Car ce sont en définitive les entrelacs de la nation, de la République et de la Révolution qui forment le sujet de ce livre : de la nation universelle à la nation communautaire, de la République de combat à la République patrimoine, de la Révolution conquérante à l'épuisement du projet révolutionnaire. L'ensemble ne constitue pas une histoire personnelle de la France, mais une manière personnelle d'écrire cette histoire : une histoire éclatée où l'analyse approfondie de chaque éclat dit cependant quelque chose de la singularité mystérieuse du tout." Pierre Nora.
"Après Historien public, qui se voulait un portrait d'époque à travers les engagements d'un itinéraire individuel, après Présent, nation, mémoire, qui tentait de dégager par ces mots les pôles de la conscience historique contemporaine, ce troisième volet de mon entreprise réunit les principaux essais que j'ai consacrés à la France, son identité et sa mémoire. L'organisation de ce rassemblement fait apparaître une image fortement unitaire : celle de l'État-nation dans son âge accompli. Celui-ci s'enracine chronologiquement de la Révolution de 1789 aux retombées du gaullisme et du communisme, ces deux versions ultimes de la France qui ont mélangé, à doses variables, l'idée nationale et l'idée révolutionnaire. Car ce sont en définitive les entrelacs de la nation, de la République et de la Révolution qui forment le sujet de ce livre : de la nation universelle à la nation communautaire, de la République de combat à la République patrimoine, de la Révolution conquérante à l'épuisement du projet révolutionnaire. L'ensemble ne constitue pas une histoire personnelle de la France, mais une manière personnelle d'écrire cette histoire : une histoire éclatée où l'analyse approfondie de chaque éclat dit cependant quelque chose de la singularité mystérieuse du tout." Pierre Nora.
"Après avoir édité quelque sept cents livres, je me suis résolu à m'éditer moi-même. Cet ouvrage-ci mêle autobiographie intellectuelle et portrait d'époque à travers les interventions, polémiques et prises de position que j'ai été amené à provoquer ou à soutenir depuis cinquante ans. C'est au croisement de mon activité d'éditeur d'une intelligentsia encore au sommet de son rayonnement mondial et d'historien de la France contemporaine et de sa mémoire nationale que je me suis retrouvé historien public. Depuis Archives, cette collection de poche qui mettait les bibliothèques dans la rue et les archives dans la poche, jusqu'à Liberté pour l'histoire, qui défend l'indépendance du travail de l'esprit, en passant par la revue Le Débat et Les Lieux de mémoire, qui réconcilient l'histoire de pointe avec la mémoire collective, une même volonté se dégage de tant d'engagements sans rapport apparent : mettre l'histoire au coeur de la culture et de l'identité françaises." Pierre Nora.
"Après avoir édité quelque sept cents livres, je me suis résolu à m'éditer moi-même. Cet ouvrage-ci mêle autobiographie intellectuelle et portrait d'époque à travers les interventions, polémiques et prises de position que j'ai été amené à provoquer ou à soutenir depuis cinquante ans. C'est au croisement de mon activité d'éditeur d'une intelligentsia encore au sommet de son rayonnement mondial et d'historien de la France contemporaine et de sa mémoire nationale que je me suis retrouvé historien public. Depuis Archives, cette collection de poche qui mettait les bibliothèques dans la rue et les archives dans la poche, jusqu'à Liberté pour l'histoire, qui défend l'indépendance du travail de l'esprit, en passant par la revue Le Débat et Les Lieux de mémoire, qui réconcilient l'histoire de pointe avec la mémoire collective, une même volonté se dégage de tant d'engagements sans rapport apparent : mettre l'histoire au coeur de la culture et de l'identité françaises." Pierre Nora.
Le Débat a 40 ans ! Comme à chacun de ses anniversaires décennaux, en 1990, en 2000, en 2010, la revue propose un numéro spécial consacré au bilan en profondeur du chemin parcouru, que ce soit sur le plan des idées ou sur le plan des transformations du monde et des sociétés. Car ce qui avait motivé la création de la revue en 1980, le sentiment d'un changement d'époque qui nécessitait l'élaboration de nouveaux instruments intellectuels pour l'appréhender, n'a cessé de se confirmer depuis lors. Ces quarante dernières années, on le mesure de mieux en mieux avec le recul, ont même été celles d'un basculement historique d'une ampleur tout à fait exceptionnelle, avec la mondialisation économique et financière pour commencer, mais aussi un renouvellement complet du paysage international, entre la disparition du bloc soviétique et l'ascension de la Chine, le surgissement avec les technologies numériques d'une troisième révolution industrielle ou la mise en place d'une société rebâtie autour de l'individu. Au moment où la crise sanitaire du Covid-19 provoque un nouveau bouleversement d'ampleur mondiale, la nécessité de faire le point s'impose plus que jamais.C'est l'ensemble de ces évolutions et de ces ruptures que ce numéro s'emploie à jauger. Il multiplie pour ce faire des éclairages synthétiques et incisifs dus aux meilleurs connaisseurs, en les accompagnant de retours sur les débats auxquels ces différents événements et phénomènes ont donné lieu. Ainsi fournit-il à la fois une mémoire de ce que fut ce moment d'histoire et une boussole pour s'orienter dans l'actualité. Les auteurs : Pierre Beckouche, Pascal Bruckner, Hélène Carrère d'Encausse, Michel Crépu, Philippe Delmas, Bénédicte Delorme-Montini, Charles-Henri Filippi, Claude Frochaux, Marcel Gauchet, Adrien Goetz, Mara Goyet, Ran Halévi, Nathalie Heinich, Philippe d'Iribarne, Jean-Noël Jeanneney, Philippe Joutard, Jacques Julliard, Ivan Krastev, Zaki Laïdi, Jacques Mistral, Pierre Nora, Pascal Ory, Krzysztof Pomian, Alain Rey, Gabriel Robin, Nicolas Vanbremeersch, Pierre Vermeren, Michel Winock.
Le Débat a 40 ans ! Comme à chacun de ses anniversaires décennaux, en 1990, en 2000, en 2010, la revue propose un numéro spécial consacré au bilan en profondeur du chemin parcouru, que ce soit sur le plan des idées ou sur le plan des transformations du monde et des sociétés. Car ce qui avait motivé la création de la revue en 1980, le sentiment d'un changement d'époque qui nécessitait l'élaboration de nouveaux instruments intellectuels pour l'appréhender, n'a cessé de se confirmer depuis lors. Ces quarante dernières années, on le mesure de mieux en mieux avec le recul, ont même été celles d'un basculement historique d'une ampleur tout à fait exceptionnelle, avec la mondialisation économique et financière pour commencer, mais aussi un renouvellement complet du paysage international, entre la disparition du bloc soviétique et l'ascension de la Chine, le surgissement avec les technologies numériques d'une troisième révolution industrielle ou la mise en place d'une société rebâtie autour de l'individu. Au moment où la crise sanitaire du Covid-19 provoque un nouveau bouleversement d'ampleur mondiale, la nécessité de faire le point s'impose plus que jamais.C'est l'ensemble de ces évolutions et de ces ruptures que ce numéro s'emploie à jauger. Il multiplie pour ce faire des éclairages synthétiques et incisifs dus aux meilleurs connaisseurs, en les accompagnant de retours sur les débats auxquels ces différents événements et phénomènes ont donné lieu. Ainsi fournit-il à la fois une mémoire de ce que fut ce moment d'histoire et une boussole pour s'orienter dans l'actualité. Les auteurs : Pierre Beckouche, Pascal Bruckner, Hélène Carrère d'Encausse, Michel Crépu, Philippe Delmas, Bénédicte Delorme-Montini, Charles-Henri Filippi, Claude Frochaux, Marcel Gauchet, Adrien Goetz, Mara Goyet, Ran Halévi, Nathalie Heinich, Philippe d'Iribarne, Jean-Noël Jeanneney, Philippe Joutard, Jacques Julliard, Ivan Krastev, Zaki Laïdi, Jacques Mistral, Pierre Nora, Pascal Ory, Krzysztof Pomian, Alain Rey, Gabriel Robin, Nicolas Vanbremeersch, Pierre Vermeren, Michel Winock.
Georges Kiejman, Justice pour la Justice La langue sous pression : Patrick Charaudeau, L'écriture inclusive au défi de la neutralisation en français Pierre Marey-Semper, L'alangage ou Le silence des mots Mutations dans l'université : Antoine Compagnon, "Bac sélection université" Laurent Batsch, Les très grands travaux du "supérieur" Laure-Alice Bouvier, Diplômes : du monopole public au marché ? Catholicisme et politique aujourd'hui : Matthieu Rougé, Situation politique des catholiques. Au terme de l'année électorale 2016-2017 Jean-Luc Marion, L'identité et la communion, dilemme catholique Guillaume Cuchet, Conjoncture politique et tendances catholiques contemporaines Yann Raison du Cleuziou, Sens commun : un combat conservateur entre deux fronts Alexandre de Vitry, Péguy es-tu là ? Questions à l'économie : Daniel Cohen, La science économique en renouvellement (entretien) Annick Steta, Le revenu universel : histoire d'une tentation Antonin Pottier, Les nouveaux indicateurs de richesse modifieront-ils la croissance ? Les limites de la critique du PIB Actualités politiques : Fabrice Garniron, Les gauches, de l''égalité' à la "diversité" David Djaïz, Un "moment républicain" ? Jean-Michel Djian, L'imaginaire perdu de la manifestation Sébastien Boussois, Radicalisation et délinquance. L'exemple de la diaspora marocaine en Belgique
Georges Kiejman, Justice pour la Justice La langue sous pression : Patrick Charaudeau, L'écriture inclusive au défi de la neutralisation en français Pierre Marey-Semper, L'alangage ou Le silence des mots Mutations dans l'université : Antoine Compagnon, "Bac sélection université" Laurent Batsch, Les très grands travaux du "supérieur" Laure-Alice Bouvier, Diplômes : du monopole public au marché ? Catholicisme et politique aujourd'hui : Matthieu Rougé, Situation politique des catholiques. Au terme de l'année électorale 2016-2017 Jean-Luc Marion, L'identité et la communion, dilemme catholique Guillaume Cuchet, Conjoncture politique et tendances catholiques contemporaines Yann Raison du Cleuziou, Sens commun : un combat conservateur entre deux fronts Alexandre de Vitry, Péguy es-tu là ? Questions à l'économie : Daniel Cohen, La science économique en renouvellement (entretien) Annick Steta, Le revenu universel : histoire d'une tentation Antonin Pottier, Les nouveaux indicateurs de richesse modifieront-ils la croissance ? Les limites de la critique du PIB Actualités politiques : Fabrice Garniron, Les gauches, de l''égalité' à la "diversité" David Djaïz, Un "moment républicain" ? Jean-Michel Djian, L'imaginaire perdu de la manifestation Sébastien Boussois, Radicalisation et délinquance. L'exemple de la diaspora marocaine en Belgique
La crise française (suite) : Dominique Labbé - Dominique Andolfatto, Crise des retraites: un contre-modèle social Philippe Genestier, Redistribuer avant même de produire? Le mythe d'un gisement inépuisable de richesses Sébastien Hua, Le désarroi réprimé des élites Robert Holcman, Le paradoxe hospitalier français. Trop d'hôpitaux tuent l'hôpital Troubles dans la mondialisation (suite) : Richard Labévière, La mondialisation, c'est la mer. La France face à la nouvelle géopolitique des océans Pierre Bellanger, Trois empires et un garde-manger Todd Gitlin, Le salut par le pécheur. Comprendre la base de Trump Apprendre à lire et à écrire aujourd'hui : Kyrill Nikitine, Apprendre à écrire à l'âge numérique Sarah Goutagny, Ce qu'écrire veut dire. Sur les origines culturelles des inégalités scolaires Laurent Ségalant, Petit bilan pour une longue carrière de maître d'école La gauche face à l'avenir : Benjamin Vendrand-Maillet, La gauche face à la nouvelle génération Nicolas Leron, La gauche à l'épreuve de l'Europe. La voie de la double démocratie européenne Chloé Ridel, Pour une démocratie de la technique David Djaïz, Capitalisme, démocratie, soutenabilité: l'impossible équation? Dan Aleph, Savoir, vouloir, pouvoir... dans l'anthropocène Alexandre Escudier, Pour un 'républicanisme soutenable'. Sortir du cycle néolibéral Sophie Pornschlegel, Les dilemmes de la social-démocratie allemande. Entre néo-conservatisme et rétro-socialisme Anna Gromada, Pourquoi la gauche est-elle faible en Pologne?
La crise française (suite) : Dominique Labbé - Dominique Andolfatto, Crise des retraites: un contre-modèle social Philippe Genestier, Redistribuer avant même de produire? Le mythe d'un gisement inépuisable de richesses Sébastien Hua, Le désarroi réprimé des élites Robert Holcman, Le paradoxe hospitalier français. Trop d'hôpitaux tuent l'hôpital Troubles dans la mondialisation (suite) : Richard Labévière, La mondialisation, c'est la mer. La France face à la nouvelle géopolitique des océans Pierre Bellanger, Trois empires et un garde-manger Todd Gitlin, Le salut par le pécheur. Comprendre la base de Trump Apprendre à lire et à écrire aujourd'hui : Kyrill Nikitine, Apprendre à écrire à l'âge numérique Sarah Goutagny, Ce qu'écrire veut dire. Sur les origines culturelles des inégalités scolaires Laurent Ségalant, Petit bilan pour une longue carrière de maître d'école La gauche face à l'avenir : Benjamin Vendrand-Maillet, La gauche face à la nouvelle génération Nicolas Leron, La gauche à l'épreuve de l'Europe. La voie de la double démocratie européenne Chloé Ridel, Pour une démocratie de la technique David Djaïz, Capitalisme, démocratie, soutenabilité: l'impossible équation? Dan Aleph, Savoir, vouloir, pouvoir... dans l'anthropocène Alexandre Escudier, Pour un 'républicanisme soutenable'. Sortir du cycle néolibéral Sophie Pornschlegel, Les dilemmes de la social-démocratie allemande. Entre néo-conservatisme et rétro-socialisme Anna Gromada, Pourquoi la gauche est-elle faible en Pologne?
États-Unis : Adam Tooze, La fin du siècle américain? Paul Zajac - Célia Belin, La nouvelle gauche américaine Maya Kandel, Le conservatisme national américain. La nouvelle droite américaine et le monde Roman Bornstein, Ingérence numérique, mode d'emploi Chine : Emmanuel Dubois de Prisque, L'indistinction du politique et du religieux en Chine. Un problème contemporain Daniel Arlaud, Faut-il avoir peur des nouvelles routes de la soie? Dominique de Rambures, Le pivot chinois de Vladimir Poutine Georges Le Guelte, Pourquoi moderniser les arsenaux nucléaires? Europe : Pascal Bruckner, L'Europe mourra de ses vertus Thierry Chopin - Yves Bertoncini, Macron l'Européen : de l'Hymne à la joie à l'embarras des choix Emmanuel Droit, L'irrésistible ascension de l'AfD. La fin de la 'démocratie heureuse' en Allemagne? Bernard Bonnelle, Juger le droit d'asile Du 'port-colonial' au 'décolonial' : Sylvie Taussig, Descartes dans la pensée décoloniale. Une histoire alternative de la philosophie? François Jacquesson, L'Europe d'Edward Said et la passion 'communautaire' Catherine Coquery-Vidrovitch, Cheikh Anta Diop et l'histoire africaine
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Bernard Cazeneuve, La grande transformation écologique : un projet républicain La République macronienne face à ses défis : Nicolas Roussellier - Marcel Gauchet, Macron an II : une année de crises (un échange) Henri Weber, Où va la macronie? Zaki Laïdi, L'Europe au défi du moment gaullien Camille Dejardin, Réforme du bac : destruction créatrice ou chaos annoncé? Questions françaises : Pierre Avril, De la domination présidentielle sous la Ve République Dominique Labbé - Dominique Andolfatto, Un échec français : la démocratie sociale Niels Planel, La fracture territoriale Maxime De Blasi, Environnement, population, niveau de vie. Le triangle des incompatibilités Crise française, crise de l'État : Jacques Chevallier, Devenir de l'État : vers la fin de l'exceptionnalité française? Nicolas Roussellier, Vers un divorce entre l'État et la démocratie? Les politiques publiques comme problème Arnaud Teyssier, Quand l'État n'arbitre plus la guerre civile. Les non-dits et vrais enjeux d'une crise Maryvonne de Saint Pulgent, L'État malade de sa complexité Noël de Saint Pulgent, L'usager face aux services publics Alain Guery, L'État partout et nulle part. Entre crise effective et retrait programmé