Portella Bricka Patr
Portella Bricka Patr
Johanne traverse une grave crise face au vieillissement. Elle remet en question ses choix de vie : sa carrière de comptable, ses multiples amants, beaucoup plus jeunes qu'elle, son divorce, ses relations problématiques avec son fils homosexuel et sa fille anarchiste. Un crâne, qui figure parmi ses nombreux objets personnels, devient son confident, une sorte de fétiche un peu bizarre... cela n'est pas sans inquiéter son fils et sa fille qui se demandent si leur mère n'aurait pas besoin de voir un psy. Non seulement Johanne traîne-t-elle Gaston (nom attribué à ce crâne) partout où elle va, causant parfois de grands malaises, elle établit en plus de curieuses relations avec un collègue de bureau, des personnes sans domicile fixe et la veuve d'une victime de guerre. Le farfelu, l'absurde, le réalisme et différents niveaux de réalités se côtoient dans ce roman. Patricia Portella Bricka a le souci du mot juste, une écriture élégante, et un humour aux accents méditerranéens, teinté d'audace et d'autodérision.
Les gens du Sud n'aiment pas la pluie présente une fresque de la survivance en temps de guerre. Carmen, le personnage central du roman est une femme simple, ballotée par l'Histoire. Une vie pleine de mystères, d'injustices et de misères; pleine de fatalités, d'espoirs et de joies. Femme de ménage chez les riches dès ses 10 ans, puis tour à tour chômeuse, mendiante, ouvrière d'usine, Carmen est une résistante. Née en Andalousie dans une famille d'aristocrates ruinés, elle subira les affres d'une pauvreté extrême avant d'être plongée dans la tourmente de la guerre civile espagnole. Elle traversera ce conflit du côté des républicains et sera forcée, devant l'avancée de Franco, de s'exiler en 1939, vers Alger, où elle sera internée dans un camp de réfugiés pendant plusieurs années. Vingt ans plus tard, la guerre d'Algérie la plongera à nouveau dans un conflit qui la mènera, une fois de plus, sur le chemin de l'exode. Dans ce roman à deux voix, passé et présent se chevauchent. Au narrateur omniscient vient s'ajouter, intercalé entre les chapitres, le regard que pose une enfant sur un passé qui lui est totalement étranger, elle qui n'a connu ni la faim ni les bombes. L'imagination prend alors le relais de la mémoire et transforme le récit en une vaste saga. Les gens du Sud n'aiment pas la pluie est « une dose homéopathique de l'histoire de ma grand-mère, précise Patricia Portella. Seule l'imagination m'aide à redonner forme aux souvenirs qu'elle me racontait, et c'est tant mieux! J'ai toujours détesté les romans historiques. La fiction a quelque chose de plus léger, de plus libre... de plus authentique! » L'histoire bouleversante de Carmen est aussi celle de tous ces enfants, ces femmes et ces hommes qui vivent encore aujourd'hui l'horreur des guerres et sombrent si vite dans l'oubli. Ce roman émouvant et captivant retrace leur résilience.