Psenak Stefan
Psenak Stefan
À la croisée des chemins, le temps est venu de faire l'inventaire de ce qu'il faut laisser derrière, de ce que l'autre côté de la nuit peut offrir. Examen des failles et des envies, décompte des fictions, transcription des trajectoires?: les poèmes de «Certains soirs de catastrophe» en appellent à la fois à ce qui n'est plus et à ce qui est désiré. Pilier de son récit, un homme raconte le souffle qui vient après une plongée en apnée, l'appel grisant de la tempête, le vertige de s'en remettre corps et âme à la potentialité de l'amour. Ce nouveau recueil de Stefan Psenak, qui prolonge l'exercice d'introspection entamé dans «Longtemps j'ai porté mes deuils comme des habits trop grands», raconte le retour à soi, à un état d'esprit fait d'ouverture, de découvertes et d'amour. Malgré les deuils qui continuent de peser, l'auteur renoue avec ce regard juste et lumineux qui fait de son oeuvre un rendez-vous incontournable.
je ne suis plus au centre d'aucun univers personne n'attend mon prochain livre je sais maintenant que la mort n'est pas d'actualité il y a dans le détachement une lucidité rassurante des moments qui confèrent presque à la grâce si près qu'on peut la sentir cela me suffit ce théâtre d'ombres à l'intérieur de soi Les deuils sous toutes leurs formes traversent une existence et suscitent colère, regret, angoisse, tristesse, que la poésie parvient à apaiser. «Longtemps j'ai porté mes deuils comme des habits trop grands» propose un pèlerinage à la fois universel et intime vers la connaissance de soi. Ce recueil, qui marque le retour de Stefan Psenak à la poésie après une quinzaine d'années de silence, est celui d'un poète qui s'est éloigné de l'urgence par de longs détours et qui a retrouvé dans la douleur et la pensée en marche un chemin vers la parole.
« Elle dégringole les vingt-cinq marches qu'elle avait réussi à gravir de peine et de misère, en s'appuyant sur son ombre. Sa blouse est ouverte sur ses seins. Son maquillage a coulé. Du haut de l'escalier, il la regarde lever les yeux vers lui. Des yeux infiniment durs et infiniment sauvages à la fois, qui ne demandent rien. C'est alors qu'il se résigne à descendre, la ramasse par le bras, la relève sans ménagement et lui hurle au visage qu'elle est une salope. » C'est ainsi que s'amorce ce récit poétique, avec la rencontre de cet homme et d'une femme ravagée par la vie. Tout de suite, il n'a qu'une pensée : la sauver, contre son gré s'il le faut. Ils formeront un couple. Il ne sera plus seul. « Cet homme, épris de la femme impure, est animé par une quête qui ne le laissera plus jamais, qui motive chacun de ses gestes. C'est là le commencement et le recommencement de cette histoire. La beauté stylistique du recueil de Stefan Psenak repose sur cette rencontre maintes fois répétée, maintes fois condamnée, entre l'homme et la femme. « Du chaos et de l'ordre des choses » en est la fable tragique et essentielle : la « sainte écriture », en quelque sorte, d'une histoire qui finira mal. Cela, nous le savions dès les premières pages. » (Extrait de la préface de François Paré)