Razmig Keucheyan
Razmig Keucheyan
Après des décennies de fantasmes néolibéraux sur les vertus régulatrices du marché, les gouvernants reparlent aujourd'hui de " planification " face à l'urgence climatique. Au-delà des affichages, en quoi consisterait une authentique planification écologique ?Ce livre propose de revenir sur l'histoire de cette notion au XXe siècle, entre économies de guerre et expériences socialistes, de revisiter les débats classiques ayant opposé les adeptes du " signal prix " et ceux du " calcul en nature ", mais aussi de montrer en quoi la situation actuelle est porteuse de possibilités de planification nouvelles. Le déploiement maîtrisé des outils numériques, des techniques comptables novatrices et l'approfondissement des institutions de la délibération collective peuvent donner lieu à un gouvernement de la production par les besoins. Tant qu'ils resteront pris dans le carcan du " libre marché ", les écogestes des consommateurs se révéleront impuissants. Ce sont les structures économiques qu'il s'agit de transformer pour réduire l'impact écologique des activités humaines. Face à ce défi, cet ouvrage tente de poser les piliers d'un programme de planification écologique fondé sur la décroissance dans l'exploitation de la nature, sur la justice environnementale et sur la démocratie économique.
Le capitalisme engendre des besoins artificiels toujours nouveaux. Celui de s'acheter le dernier iPhone, par exemple, ou de se rendre en avion dans la ville d'à côté. Ces besoins sont non seulement aliénants pour la personne, mais écologiquement néfastes. Leur prolifération sous-tend le consumérisme, qui aggrave l'épuisement des ressources naturelles et les pollutions. À l'âge d'Amazon, le consumérisme atteint son " stade suprême ".Ce livre soulève des questions simples : comment couper court à cette prolifération de besoins artificiels ? Comment sortir par là même du consumérisme capitaliste ? La réflexion s'appuie sur des chapitres thématiques, consacrés à la pollution lumi neuse, à la psychiatrie de la consommation compulsive ou à la garantie des marchandises, pour élaborer une théorie critique du consumérisme. Elle fait des besoins " authentiques " collectivement définis, en rupture avec les besoins artificiels, le coeur d'une politique de l'émancipation au XXIe siècle.Comme disait Marx, " une révolution radicale ne peut être que la révolution des besoins radicaux ".
Du XIXe au XXIe siècle, cet ouvrage monumental retrace l’épopée des socialismes à travers le monde. Une synthèse inédite, à la fois dictionnaire, analyse historique et manifeste pour repenser l’avenir politique et écologique.
On assiste depuis la seconde moitié des années 1990 au retour de la critique sociale et politique. Dans la rue, mais pas seulement. La bataille des idées fait rage elle aussi. Développée par des auteurs comme Toni Negri, Slavoj Zizek, Alain Badiou, Judith Butler, Giorgio Agamben, Fredric Jameson, Wang Hui, Moishe Postone, Gayatri Spivak ou Axel Honneth, la pensée radicale est de retour. Quelles sont ces théories qui accompagnent l'émergence des nouvelles luttes sociales ? En quoi se distinguent-elles de celles qui caractérisaient le mouvement ouvrier dans ses formes traditionnelles ? Ce livre rend compte de la diversité de ces nouvelles pensées : théorie queer, marxisme et postmarxisme, théorie postcoloniale, théorie de la reconnaissance, poststructuralisme, néospinozisme, etc. Il montre également l'unité qui sous-tend ces courants, tous produits des défaites subies par les mouvements de contestation des années 1960 et 1970. Cet ouvrage se veut une cartographie intellectuelle, un instrument d'orientation dans le nouveau paysage des pensées critiques, dans une perspective internationale.
Face au dérèglement climatique, pour éviter que les scénarios les plus sombres ne se réalisent, il y a urgence à bifurquer, à opérer un virage à 180 degrés dans les modes de production. Le marché seul ne le pourra pas. Une telle transition requiert une politique de planification écologique ambitieuse. Ce livre en expose les principes.
Face à la catastrophe annoncée, les bonnes âmes appellent l'humanité à " dépasser ses divisions " pour s'unir dans un " pacte écologique ". Cet essai polémique s'attaque à cette idée reçue. Il n'y aura pas de consensus environnemental. L'unanimisme ne saurait en la matière être que de façade. Loin d'effacer les antagonismes existants, la crise écologique se greffe au contraire à eux pour les porter à incandescence. La nature devient un champ de bataille.