Rene Ballet
Rene Ballet
Bill, citoyen de Dallas (Texas, USA), découvre la France. Voici sa correspondance avec l'un de ses amis restés au pays.
Réussite intellectuelle, sentimentale, mondaine : on fréquente les Harcourt comme l'on va admirer ces trapézistes qui ont peaufiné leur numéro depuis vingt-cinq ans. Mais ce couple n'est-il pas un soleil froid ? Un de ces astres lointains, brillant de tous leurs feux, mais déjà morts depuis des millions d'années. Un jour, Dominique prend un coup de lucidité, comme on prend un coup de froid : toute leur vie, auront-ils fait autre chose que jouer, se jouer des autres et d'eux-mêmes ? Elle part à la recherche des témoins de leurs premières années, ces jeunes intellectuels qui s'affrontaient à coups de tessons d'idées. Ils se portent bien, ils portent même beau, mais ils sont atteints d'un étrange lumbago, la respectose : le besoin de respectabilité, d'être reconnus, qui les a frappés à la quarantaine. Eux qui flottaient dans des projets pas à leurs mesures, sont désormais très présentables dans leur prêt-à-penser bien coupé. Soleil froid est l'histoire de ce retour aux sources. Périlleux itinéraire, qu'aucune agence ne propose en voyage organisé : « en individuel seulement... et ça coûte cher... et nous n'assurons pas le retour. »
Claire et Philippe se sont désirés, se sont déchirés, se sont mariés. Chacun est le témoin de la jeunesse de l'autre, de ses illusions, de sa faillite ; chacun est possédé par l'autre. Ils ne peuvent plus vivre ensemble ; Philippe lance leur voiture contre un mur - les jours finissent à l'aube. Ils ne savent pas mourir ensemble ; au dernier moment, Philippe redresse. Claire s'est remariée avec Marc. D'une ancienne paralysie, Marc conserve un corset de cuir qui lui donne un maintien raide et un surnom, le Colonel. Claire ne cache rien à Marc. Marc ne cache rien à Claire. Leurs rapports ont la transparence de la froideur du verre. Pour Marc, le plaisir est la chose la plus sérieuse de la vie. Il a pris jadis son plaisir à la guerre, puis aux luttes politiques. Il prend, maintenant, son plaisir avec Claire. Claire, Marc et Philippe se retrouvent sur une île des Cyclades. Deux maîtres dominent l'île. Baracas - le tyran local - règne sur les ouvriers, les marins et les vierges avec son argent, sa canne et son chien. Le Meltemi - le vent du Nord - règne sur les nerfs. Quand il s'arrête, une torpeur de plomb s'abat sur l'île. Alors que toute l'île attend le retour du Meltemi, les intrigues se dénouent. Baracas a engrossé une adolescente, Mélina. Réussira-t-il à légitimer le bâtard en contraignant son fils Stavro à épouser Mélina ? Claire restera-t-elle avec Philippe ou avec Marc ? Pour Philippe, renouer avec Claire, c'est retrouver sa jeunesse. Pour Marc, l'amour est un jeu d'adresse et de réflexion. Le roman d'amour dans lequel l'auteur cherche à démystifier la passion est aussi un roman d'action, d'aventure fourmillant d'intrigues parallèles.
Dany, pilote de bombardier, rentre d'Algérie et va voir à Grenoble la femme de son navigateur mort après l'atterrissage forcé de leur avion en zone ennemie. Elena dirige un institut de beauté et mène une vie libre et facile entourée d'amis. Elle n'éprouve aucune émotion en parlant de son mari dont elle était sur le point de se séparer. Elle entraîne Dany dans une station de montagne voir l'arrivée d'une course automobile à laquelle participe un de ses amis. Plongé dans cette ambiance qui forme un grand contraste avec sa vie récente, Dany ne s'indigne pas et essaie de comprendre ceux qui l'entourent. Après une nuit passée dans un bar, il devient l'amant d'Elena et lui avoue qu'il est responsable de la mort de son mari et garde de cette aventure un souvenir affreux. Il lui avoue aussi qu'il vient de signer un engagement de cinq ans pour l'Algérie. Elena lui conseille de déserter et lui propose de passer en Suisse où elle mettra un chalet à sa disposition. Mais Dany, qui est resté sous l'impression de deux mondes à part, de langages qui n'ont pas la même signification, s'enfuit. Il explique dans une lettre qu'il retourne en Algérie malgré son dégoût et son horreur pour la vie militaire : là au moins, il n'a pas besoin d'une grille pour décrypter les propos qu'il entend. Son retour est une fuite. On retrouve dans ce récit le talent de l'auteur des « Jours commencent à l'aube » et d'« Échec et Mat ».
Une jeune femme monte dans le train pour fuir Paris qui la brûle. Elle préfère finalement la mort à la pénombre. Que sait-on d'elle ? Un visage d'oiseau, des yeux traqués. Son prénom invraisemblable ; tout le monde l'appelait Ki. L'existence de quatre personnes a coupé la sienne. Ki apparaît en filigrane dans leur témoignage. Pour l'étudiant lyonnais, elle est inséparable du « groupe » et des nuits blanches de l'été 1956. Le sculpteur breton lui doit sa plus belle oeuvre. Hélène et Taca ont voulu la tirer de son monde irréel. Elle en est morte. Pourquoi ? Au lecteur de mener l'enquête. Toutes les pièces du dossier lui sont transmises.
1987, dans une grande usine métallurgique française : entre traditions ouvrières et mutations brutales, Des usines et des hommes plonge au cœur des débats, des conflits et des espoirs qui animent le quotidien des travailleurs.
De la Belle Époque à la « drôle de guerre ». Le monde se déchire : les Soviets et les nazis, les Ligues et le Front populaire, les « Brigades » en Espagne et la « cinquième colonne » en France. Mais la vie se « mondialise » : le cinématographe devient le « ciné », Lindbergh traverse l'Atlantique et voici les premiers postes de TSF. Le tout vu à travers le prisme de quatre-vingt-dix regards, dans le tohu-bohu de l'actualité.
Agglomération rouennaise menacée de contamination. Stop. Foyer principal d'irradiation à Petit Quevilly. Stop. Contacts suspects entre cinq récidivistes et la bande de la rue Paul Doumer. Stop. Préparent un coup. Stop. Trafic de la matière. Stop. Surveillance maxi... Et la BMW noire démarra. À son bord, deux « correspondants » de « l'Agence ». Deux spécialistes de la surveillance de cette matière plus précieuse et plus dangereuse que l'or ou l'uranium. Mais l'un déjà est irradié, placé en « Zone rouge ». N'est-il pas trop tard ?
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Il a été un espoir, un projet. Puis il est devenu un modèle et a fait des victimes : certains y ont perdu la vie ; d'autres, la parole. Mais c'était l'oeuvre d'un falsificateur opérant sous une fausse identité. Le véritable réalisme socialiste reste un bel inconnu à découvrir.
Il y a eu Emilienne. Il y a Mic. Il y aura l'inconnue. Trois femmes ? Non, une. Le miroir est à trois faces, mais la présence est la même, qui élude toute prise et demeure, même absente, avec son secret jalousement gardé. Face à elle, Vincent, le lanceur d'idoles, qui a voulu faire, de la cover-girl, la femme-mythe à deux dimensions. Situé dans le monde international de la mode, et des émeutes de mai 1968, des nuits d'Antonioni et d'un Paris-Alphaville à la Godard - drugstores et éclairs de magnésium, épaves de l'underground et C.R.S., après-minuits redoutables et plages au petit matin - ce récit stendhalien, qui débute comme un duo contrasté, éclate soudain pour se muer en un jeu incantatoire de l'imaginaire : c'est le roman du roman, écrit par un personnage qui se nomme Je. Et c'est l'entrée dans un nouveau labyrinthe, tout en reflets et phantasmes, où l'irréel prend le pas sur le réel : qui est Vincent, qui est Je, et quelle est l'inconnue ?
Dans l'étau de Paris insurgé, un homme se terre. D'où vient-il ? Formé dans l'ombre de Drieu La Rochelle, mais aussi lié à Carbone et aux tortionnaires de la rue Lauriston, c'est un habitué du "One Two Two", bordel le plus select de l'occupation. Tenté par le fascisme, il s'est rallié à Doriot pour devenir une "grande plume" de la presse collaboratrice. Séducteur, il se laisse aimer par les femmes, quand soudain... il découvre l'amour-passion, l'amour-défi. Mais n'est-ce pas l'impossible rêve de commencer une autre vie ? Cerné. Qui forcera en premier sa "planque" : les résistants ou ses "amis" qui veulent se débarrasser d'un témoin gênant ? Grand reporter, essayiste, romancier, René Ballet dévoile les dessous de l'été 1944 ; déjà, dans les beaux quartiers, d'étranges contacts se nouent...
Ancien résistant, militant, un écrivain est interviewé à la télévision. Il s'y voit et s'y entend dire ce qu'il n'a jamais dit. Ce n'est pas lui qui parle : c'est un double de synthèse que nul ne peut distinguer de l'original. Sa femme en vient à se demander si elle vit avec l'homme qu'elle a aimé ou avec sa doublure. Lui-même ne se reconnaît plus. Seul un geste fou pourrait déjouer la manipulation... ou refermer le piège. Grand reporter, essayiste, romancier, René Ballet n'a pas écrit un ouvrage de science-fiction. Avec ou sans manipulation informatique, certains pourraient bien s'y reconnaître.
Pourquoi les grandes usines métallurgiques de Montluçon devinrent-elles un cimetière industriel et pourquoi un parc tertiaire surgit-il sur ces friches ? Pourquoi boutiques de luxe et agences bancaires envahissent-elles le quartier ouvrier de la Ville-Gozet et pourquoi, dans les grands ensembles, des familles sombrent-elles jusqu'à en perdre la notion du temps ? René Ballet a pris le pouls de cette ville sinistrée et renaissante. Parcourant le centre. Traînant dans des bistrots sortis d'un film de Carné. Questionnant chef d'entreprise et syndicalistes, historien et fraiseur sur machine à commande numérique, docteur et metteur en scène. Comme un « localier », ces correspondants assurant les rubriques locales. Mais il a aussi accompagné Pierre Goldberg, maire communiste de Montluçon. Stopper le déclin, repartir, s'adapter aux mutations : est-ce possible ? La réponse, il ne l'a pas cherchée dans les discours mais sur le terrain.