Rita Maldonado Branco
Rita Maldonado Branco
On peut lire José Millas Martin sur deux plans : la protestation romantique de l'homme « traqué », abusé par une « société qui a tout prévu », même de le régler sur carte perforée ; l'exaltation du comique et de l'humour, qui crée un univers parallèle où respirer redevient possible. Méthode d'écriture : voici tantôt des télégrammes à la construction expéditive - à l'aide du magnétophone, ils ont raflé à l'homme consommateur, sur le zinc, dans la rue, les bribes de phrases qui échappent à sa misère ; tantôt des poèmes en prose plus personnalisés où mal d'enfance, lassitude innée, haine des religions et du garde à vous, illusions de l'amour croisent leurs cris profonds (ici José Millas Martin se révèle l'aîné de Venaille, Biga et autres poètes du Nouveau Réalisme, qui d'ailleurs ne l'ont peut-être jamais lu) ! tantôt une exploitation pure et simple (vraiment sans intervention de l'auteur ?) des prospectus commerciaux, des titres de la presse, des déchets des mass media, des exemples de « l'écriture de secte