Robert Cabanes
Robert Cabanes
Relier une possible démocratie du travail à un possible internationalisme ouvrier est un défi. Citant E. Varlin (Première association internationale des travailleurs, 1868) pour lequel l'union ouvrière doit garantir la paix entre les nations, et s'appuyant ensuite sur des commentaires de Gramsci et de Simone Veil, entre autres, l'auteur questionne la possibilité de réalisation de l'injonction de Marx : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». Observant les handicaps de l'industrie (taylorisme, individualisme, fordisme) et les ressources du travail (émergence des biens communs, démocratie du travail, nouveau monde de gestion du travail, ancien et nouveau syndicalisme), ce texte plaide pour une démocratie du travail généralisée, capable d'assurer l'exercice d'une internationale ouvrière, « l'échange des enracinements ouvriers » (S. Veil) et in fine, la gestion durable de la planète.
Essayer de relier une possible démocratie du travail à un possible internationalisme ouvrier est un défi. Ces deux possibles sont-ils encore envisageables ensemble ? Citant Eugène Varlin, pour qui l'Internationale ouvrière est la condition de la paix entre les nations, Robert Cabanes s'appuie également sur des commentaires d'Antonio Gramsci, de Simone Weil, de Bruno Trentin et de Karl Marx, qui posent la question des capacités de la démocratie à infiltrer le travail concret et à assurer l'essor d'une internationale ouvrière par l'«échange des enracinements», proposé par Simone Weil, qui deviendrait du même coup la condition d'une gestion durable de la planète.
« Faire » la ville pour tous ses habitants, y compris les plus démunis, ne peut pas, plus, être la seule affaire de pouvoirs publics dont on continuerait de tout attendre. C'est aussi l'affaire des gens des quartiers, des associations, des professionnels. À Fortaleza, une des métropoles du Nordeste brésilien, se déroule depuis une douzaine d'années une histoire fort instructive pour tous ceux qui, partout dans le monde, se posent des questions sur le mieux vivre en ville. Elle résulte de la rencontre de trois expériences originales : l'expérience d'une démocratisation des institutions municipales dans le domaine de la gestion urbaine avec, par exemple, la création d'un Conseil municipal populaire d'habitants ; l'expérience d'associations très enracinées localement et actives tant dans le domaine de l'autoconstruction que dans celui de l'animation de quartier ; une expérience pédagogique peu habituelle, à travers une école qui forme des cadres associatifs dits « chercheurs populaires », capables de penser la ville et d'y agir dans ses zones les plus pauvres, afin de construire le lien entre renforcement associatif et démocratisation municipale.
Ce livre soulève des problèmes connus mais accentués par le coronavirus : critique du taylorisme, problèmes de santé-sécurité, manque de démocratie au travail réduisant la capacité d'organisation des entreprises. L'isolement de chaque travailleur, le mépris des petits métiers, soudain découverts comme essentiels, la désinvolture face aux « deuxièmes lignes » sont de véritables contre-sens pour l'organisation du travail collectif. Il faut relier ces problèmes de conception du travail à ceux d'une écologie qui maîtrise le dérèglement climatique et participe du même souci : le soin de la planète. Renforcer le syndicalisme à l'international ressort de la même exigence. Ce souci est éloigné de celui de notre gouvernement. C'est moins une question de coût que d'esprit.