Rose Després
Rose Després
nous vivons une schizoïde et rageuse infamie prescrite par des mutants blasés ces mêmes toxiques facsimilés sans discernement possible même à l'ixième puissance La poète veille sur le monde. Rien n'échappe à son regard incisif : ni les abus des élites, ni leur rhétorique ignoble, ni les conséquences, planétaires ou intimes, de leurs vices. Résolument du côté des « otages » d'une conception cruelle et extractiviste des relations humaines, la poète offre une oeuvre d'une profonde actualité, marquée par la lutte contre les injustices et s'élevant en solidarité avec les laissés-pour-compte.
« J'ai devancé le cortège qui te portait trop lentement. Mon sang coule encore vers ton océan, ta souffrance me navigue sur une vague de perles tumultueuses. Ta rancoeur laisse des cicatrices sur mon cou pendant que toi, le pendu, tu te fixes une place dans le cinéma réincarné. » Depuis 1982, avec « Fièvre de nos mains », Rose Després bâtit une oeuvre poétique dense qui lui a valu la reconnaissance de ses pairs. Commentant la parution en 2000 de « La vie prodigieuse », Maurice Raymond affirme que « [l]e lecteur, lisant les recueils à la suite, a nettement l'impression d'assister à la naissance d'une écriture (et d'un poète), du désengluement amniotique à l'affirmation de soi. [...] Spectacle exemplaire s'il en est, affirmant les modalités de l'ordre et de la forme sur celles du chaos, les réalités connexes de l'ouverture et de la liberté sur celles de l'étroitesse et de l'asservissement. » (Éloizes, automne 2001) Les quatre premiers recueils de Rose Després, ici réunis, sont présentés par David Lonergan. La publication comprend une biobibliographie et un choix de jugements. Acadienne engagée dans les milieux artistique et culturel de Moncton, ROSE DESPRÉS a remporté le prix Antonine-Maillet /Acadie Vie pour « La vie prodigieuse », et le prix Éloize pour « Si longtemps déjà ».