Sabine Choquet
Sabine Choquet
La France, État-nation, est hantée par la peur que la reconnaissance de la diversité ne remette en cause son unité nationale. Les particularités individuelles peuvent s'exprimer librement dans la sphère privée, mais paraissent ne pas avoir leur place dans l'espace public comme l'ont révélé les affaires du burkini, de la burqa ou le refus de reconnaître à la langue corse un statut officiel. Pourtant les différences linguistiques, culturelles et religieuses ne sont pas nécessairement un facteur de fragilisation. Dans certains pays, au premier rang desquels le Canada, elles sont même promues au rang de symbole national. Leur préservation est devenue le ciment de la cohésion du pays. « Unis par la diversité », ils affichent avec fierté leurs différences comme un étendard et un témoignage de leur capacité à vivre ensemble dans un respect mutuel.
Dans les démocraties contemporaines, la violence de l'état est devenue presque imperceptible. En France, les images de violences policières restent l'un des seuls témoignages visibles de son existence. Bien qu'elles heurtent la sensibilité du public, elles paraissent moins spectaculaires que les exécutions capitales et les châtiments physiques qui étaient mis en scène sur la place publique au XVIIIe siècle. Mais l'état français est-il pour autant moins violent qu'autrefois ? Violence politique, symbolique, militaire, verbale ou physique, violence punitive ou dissuasive, cet essai présente les différentes formes de violence employées par l'état, et analyse les mutations contemporaines qui contribuent à les rendre de moins en moins visibles.
Pour ses défenseurs, le multiculturalisme représenterait un progrès. Cette nouvelle idéologie dominante incarnerait la possibilité d'un monde meilleur, plus fraternel, dans des sociétés toujours en proie à la xénophobie. Le multiculturalisme indiquerait une troisième voie salvatrice, celle par laquelle la civilisation occidentale pourrait devenir un sanctuaire de la différence. Mais n'y aurait-il pas dans le multiculturalisme des forces réactionnaires passées inaperçues ? Se pourrait-il que ce programme soit contraire à ce que représentent la France des Lumières et la modernité politique ? Qu'est-ce qui se dissimule sous cette valorisation quotidienne de la diversité ? En partant du XIXe siècle pour remonter jusqu'à nos jours, Jérôme Blanchet-Gravel démontre que ce projet favorise la division de la société en une multitude de tribus constamment tournées vers le passé.
Que peut nous apprendre l'art sur la globalisation économique ? En retour, comment comprendre les nouvelles formes de l'art contemporain à la lumière de cette mutation sociale et intellectuelle? Appuyant son analyse sur l'expérience vécue aussi bien que sur les écrits de Victor Segalen ou les aventures artistiques les plus novatrices aujourd'hui, Nicolas Bourriaud dresse la cartographie d'un monde en mouvement. Entre menace d'uniformisation et tentation du retour aux racines, entre multiculturalisme et traditionalisme qui assignent tous deux les individus à leur prétendue «identité», la culture mondialisée est en quête d'une troisième voie qui sorte du postmodernisme pour aller vers l'«altermodernité» dont ce livre esquisse les figures. Un organisme qui fait pousser ses racines au fur et à mesure qu'il avance : tel est le sens du mot radicant, par lequel Nicolas Bourriaud définit cette modernité émergente, s'opposant à la radicalité qui hanta le siècle précédent.
Que peut nous apprendre l'art sur la globalisation économique ? En retour, comment comprendre les nouvelles formes de l'art contemporain à la lumière de cette mutation sociale et intellectuelle? Appuyant son analyse sur l'expérience vécue aussi bien que sur les écrits de Victor Segalen ou les aventures artistiques les plus novatrices aujourd'hui, Nicolas Bourriaud dresse la cartographie d'un monde en mouvement. Entre menace d'uniformisation et tentation du retour aux racines, entre multiculturalisme et traditionalisme qui assignent tous deux les individus à leur prétendue «identité», la culture mondialisée est en quête d'une troisième voie qui sorte du postmodernisme pour aller vers l'«altermodernité» dont ce livre esquisse les figures. Un organisme qui fait pousser ses racines au fur et à mesure qu'il avance : tel est le sens du mot radicant, par lequel Nicolas Bourriaud définit cette modernité émergente, s'opposant à la radicalité qui hanta le siècle précédent.