Samuel Archibald
Samuel Archibald
Une violation de domicile a mal tourné quelque part au Lac. L'inspecteur-chef Leroux traque les tueurs, avec l'aide d'un sergent-détective Ilnu à la morale élastique. Il faut se méfier de Leroux. Moins molosse que vieux buck, il ne montre jamais les dents. Mais quand il se met à ruminer, les coupables n'ont aucune chance. Sauf bien sûr s'il s'égare, dans ses pensées ou les beaux yeux de Caroline.
Ça fait deux jours qu'il mouille et les bêtes à l'étable s'ébrouent comme à l'approche d'un grand cataclysme. À Saint-André, des gens attendent au bar-salon Le Cristal que le temps se répare un peu. Au début, il n'y a que Loulou, la barmaid primordiale. Puis apparaît Rénald, très agité, nerveux comme un enfant qui a peur. Il y a un silence. Avec grand fracas entrent Martial, Mario et un inconnu, tous les trois détrempés. Prisonniers de la tempête, ils vont tour à tour raconter leur histoire et se confier leur peur la plus étrange, jusqu'à ce que chacun comprenne qu'il a un rôle à jouer dans une histoire plus terrible encore, et qui est toujours en train de s'écrire.
À l'autre bout du monde il y a Arvida, ville modèle érigée au début du vingtième siècle par l'industriel américain Arthur Vining Davis. Le narrateur de ce livre est né là, dans la capitale de l'aluminium, construite en cent trente-cinq jours. Petite utopie nordique peuplée de braves gens, de menteurs compulsifs et de pures crapules. Dans les quatre paroisses d'Arvida, le long du Saguenay et par-delà l'horizon bleuté des monts Valin, on se raconte des histoires de nuits en forêt et de matins difficiles. Des histoires de jeunes filles innocentes et de bêtes sauvages, de meurtre raté et de mutilation rituelle, de roadtrip vers nulle part et de maison hantée. Des histoires tantôt tristes, tantôt drôles, tantôt horribles, et souvent un peu tout ça à la fois, mémorables pour leur profonde authenticité, même si, il faut bien le dire, elles sont toutes à moitié fausses et à moitié inventées. Digne fils de son conteur de père, Samuel Archibald se révèle dans ces pages un émule de Cormac McCarthy obsédé par Proust, un héritier d'Anne Hébert qui a trop lu Jim Thompson et Stephen King.
On l'a trouvé ti-cul dans un terrier de loup. D'après la légende, en tout cas. Ses nouveaux parents humains l'ont appelé Tommy. À l'école, les enfants étaient méchants avec lui. Il s'est mis à ressentir l'appel de la forêt. Mon frère et moi, on l'aimait bien, Tommy, même s'il grognait parfois et courait comme une bête sauvage. On lui a dit qu'on connaissait quelqu'un qui saurait si sa vraie place était parmi nous ou parmi les loups. C'est comme ça que Tommy a rencontré Bill Bilodeau.