Samuel Lalande-Markon
Samuel Lalande-Markon
Comment vivre ? Les kilomètres s'accumulaient inexorablement sur la route tracée au coeur du pays de l'épinette noire. Je sortais du tableau Krieghoff troué de notre mémoire collective, avec l'envie de réécrire à ma manière le récit de la vie réelle. La roue avant de mon vélo fendait l'avenir. En faisant le récit d'une expédition de trois mille kilomètres qui l'a mené du point le plus au sud du Québec à son point le plus au nord, Samuel Lalande-Markon nous donne à voir un territoire méconnu, aux beautés insoupçonnées. Mais le pays traversé est aussi intérieur : l'aventurier nous dit ce que font bouger en lui les reliefs glacés de la baie d'Hudson, le tracé des frontières et la toponymie, et surtout les hommes et les femmes rencontrés en chemin, repères vivants au coeur de distances vertigineuses. Une réflexion nécessaire sur un espace nordique qui, pour la plupart d'entre nous, demeure dans le champ du fantasmé plus que du réel.
« J'allais à la rencontre d'un territoire que je connaissais à peine, celui de la carte comme celui de l'âme, afin d'y découvrir, peut-être, un aspect inexploré du monde qui ne me ferait plus jamais le voir de la même manière. L'avenir pouvait encore surgir à tout moment. » Parcourir les 3 000 kilomètres qui séparent les extrémités sud et nord du Québec, c'est le défi que s'est lancé Samuel Lalande-Markon. Pour combler le vide que ces territoires méconnus laissent dans les imaginaires, il a arpenté, à vélo et à ski, cette péninsule immense faite de forêts et d'étendues glacées, de silences et de fulgurances. Parce qu'un territoire n'appartient qu'à celui qui l'habite de corps et d'esprit, Samuel Lalande-Markon s'inscrit dans une aventure plus grande que lui. À la rencontre des peuples autochtones, l'expédition géographique se transforme en exploration humaine. Au gré des références historiques, linguistiques, littéraires et musicales, se dessine peu à peu une fresque anthropologique et sensible d'un territoire et de ses habitants.