Sandrine Cabut
Sandrine Cabut
Addictions, dépression, boulimie, anorexie, toc... De multiples maladies psychiatriques sont et pourront bientôt être soignées par la psychochirurgie. De nombreuses personnes handicapées ont déjà retrouvées une vie normale. Et ce n'est qu'un début. La psychochirurgie suscite cependant de nombreuses questions éthiques relatives au métissage homme-machine et aux risques de normalisation des comportements. L'histoire de cette spécialité est émaillée de scandales. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des individus aux comportements jugés déviants sont passés entre les mains de chirurgiens : homosexuels, toxicomanes, individus agressifs et pervers. À Montréal de jeunes hommes pratiquant l'onanisme furent lobotomisés tandis qu'en RFA des interventions sophistiquées s'appliquèrent à des déviants sexuels en échange de remise de peine. Aujourd'hui, une « psychochirurgie 2.0 » est en passe de bénéficier des progrès vertigineux de la connaissance du cerveau et des nouvelles technologies (ces fameuses NBIC). Les anciennes techniques, faisant appel à la destruction du tissu cérébral, n'ont pour autant, jamais disparu. En Amérique du Sud, des sujets agressifs sont traités par des techniques très ciblées de lésions cérébrales, recourant parfois aux radiations, tandis qu'en Chine des individus morphinomanes, par millier, ont été « sevrés » par destruction d'un noyau cérébral. Peut-on imaginer dans le futur une « neuroanatomie de la morale ». Qu'adviendra-t-il lorsque le centre de la pédophilie sera identifié ? Lorsque le circuit de l'agressivité sera localisé ? Les enjeux de la psychochirurgie en France n'avaient jusqu'à présent jamais fait l'objet d'un livre complet et accessible.
On se laisse prendre au rythme soutenu de cette histoire qui conjugue les us et coutumes du Forum des Halles aux ressources insoupçonnées de la biotechnologie. Le Courrier de l'Ouest Panique chez les dealers. Le cadavre de l'un d'eux est retrouvé dans le canal Saint-Martin. Un deuxième est poignardé dans les toilettes du forum des Halles. Les autres n'arrivent plus à fourguer leur came. Les toxicos, qui ont décroché, finissent pourtant à la morgue, avec une curieuse tache noire sur la nuque. Pourquoi l'enquête ramène-t-elle toujours à une multinationale américaine et à une anodine boutique des Halles ? Pour percer ces mystères, un groupe hétéroclite se met en chasse : Lucas Dubourg, flic et champion de billard, son ami Éric Lebrett, dilettante et as des arts martiaux, Ariel Sérif, scientifique et photographe amateur.
Les éléments sont là pour un bon roman noir, ce que nous offrent avec talent ces deux écrivains. L'Ours polar Alain Ravachol, vieil anar devenu altermondialiste, est assassiné dans son salon de thé parisien à la fin d'une réunion de militants d'Attac. Du vrai travail de professionnel. Le capitaine Lucas Dubourg découvre vite que l'ancien soixante-huitard a un passé plutôt trouble : il a abrité des Brigades Rouges au moment de la lutte armée en Italie. Mais les pistes se multiplient ; entre l'obsession de son ami Éric Lebrett pour un mystérieux motard adepte des backrooms, et des témoins particulièrement récalcitrants, Lucas Dubourg commence à voir rouge. Après Contre-Addiction, Contre-Attac est le second volume des aventures du capitaine Dubourg, flic bougon et amateur de billard, de son compère Éric Lebrett, ainsi que d'Isabelle Trébuchet et Ariel Shérif, deux filles qui n'ont pas froid aux yeux.