Sébastien Roffat
Sébastien Roffat
Sur un continent totalement dominé par la production américaine de cartoons et en particulier des films de Walt Disney, des artistes français tentent un pari fou : créer en France des dessins animés. Le temps est-il venu qu'advienne un dessin animé français ? Est-ce enfin, depuis la fin de la Première Guerre mondiale, l'émergence d'une école française du dessin animé après vingt ans d'errements ?
De 1936 à 1958, la société Les Gémeaux fondée par Paul Grimault (1905-1994) et André Sarrut (1910-1997) a été le plus grand studio d'animation d'Europe. À partir de 1948, la société se lance dans la production du premier long métrage de dessins animés français : La Bergère et le Ramoneur (devenu Le Roi et l'Oiseau). Au fi l d'une incroyable épopée qui prend place en pleine Occupation allemande de la France se croisent, les scénaristes Aurenche, Blondeau, Leenhardt, Prévert, les compositeurs Wiéner, Delanno, Désormière, Kosma et toute une équipe de près de quarante personnes. Il est aussi question de la Direction générale de la Cinématographie nationale, du ministère allemand de la Propagande et de Goebbels qui tous s'intéressent aux dessins animés de Paul Grimault et d'André
Le 29 mai 1953 sort sur les écrans parisiens un film très attendu : La Bergère et le Ramoneur réalisé par Paul Grimault, scénario de Jacques Prévert, musique de Joseph Kosma, produit par André Sarrut par le studio les Gémeaux. En 1980, Paul Grimault sort Le Roi et l'Oiseau, une nouvelle version de La Bergère et le Ramoneur qu'il estime être la bonne. Encensé par la presse, le film reçoit le prix Louis-Delluc. Retour sur la production de deux films mythiques qui dans l'esprit du public n'en forment souvent qu'un.
Le 12 avril 1992, Euro Disney ouvre ses portes après quatre années de travaux et cinq ans après la signature de la Convention de 1987 qui lie l'Etat français à la Walt Disney Company. Le projet de développement urbain du secteur IV bientôt appelé Val-d'Europe est un projet ancien, qui date en réalité de la fin des années 1970. Car le projet Euro Disney, c'est certes la construction du premier parc à thèmes Disney en Europe mais c'est également une gigantesque opération immobilière qui va pour toujours changer la ville nouvelle de Marne-la-Vallée. En 1994, Euro Disney prend le nom de Disneyland Paris.
Pinocchio, Bugs Bunny, le premier long métrage d'animation en Chine, en Italie, au Japon, les courts-métrages couleurs... Tous ces films ont été tournés durant la Seconde Guerre mondiale. Par quel tour de force, les gouvernements en guerre ont-ils orchestré la mise en oeuvre de la propagande par le dessin animé ? Que nous apprennent ces bandes d'animation sur la vie de réalisateurs de dessins animés des années quarante ? Quels intérêts les régimes totalitaires ou démocratiques ont-ils eus à soutenir une forme de cinéma aussi coûteuse ?
Le gouvernement de Vichy n'a-t-il pas cherché à utiliser le dessin animé comme moyen de propagande ? Comment se positionne la société "Les Gémeaux" entre obsession disneyenne du public, nostalgie d'une splendeur passée des journalistes, promotion de l'art français du gouvernement et recherche d'une voie nouvelle par Grimault et Sarrut ? Entre 1940 et 1944, les tensions s'exacerbent quant à la définition d'une animation "française". C'est ce que l'auteur explore dans ce troisième volume.
Les quatre années d'Occupation sont pour le dessin animé français une période de tergiversations politiques : à quoi sert-il de réaliser des dessins animés sous l'Occupation ? La finalité est-elle la même pour tous ou y a-t-il des conflits d'intérêts entre l'occupant allemand et les autorités de Vichy ? Cet ouvrage propose de voir comment s'organise la nouvelle politique économique de Vichy en matière de dessins animés. Comment sont produits et financés les dessins animés français ?