Stanislas Tain
Stanislas Tain
Olivier cache un secret inavouable : sa mère est morte, mais il continue de vivre comme si de rien n’était. Ce thriller psychologique glaçant explore la folie ordinaire et l’engrenage du mensonge, jusqu’à l’explosion finale.
C'est la finale du championnat de France de tennis individuel féminin pour les 17 ans. Alice, la tenante du titre, arrive pour quelques jours avec sa famille sur le lieu du match, au bord de la mer. Pendant qu'elle s'entraîne avec son père, sa mère et son petit frère profitent de la plage. Prêt à tout raconte ce qui se passe dans la tête de l'héroïne, et c'est une belle réussite : autour de l'intimité d'Alice, Stanislas Tain crée une toile attrayante dans laquelle il nous enferme, la cellule familiale et les enjeux sportifs oppressent, l'apprentissage se transforme en manipulation, chacun joue son propre match et marque ses points en souriant... Mais pour gagner on se demande quoi. Dans une remarquable maîtrise aussi bien de l'intrigue que de l'écriture, Stanislas Tain pose une histoire presque convenue, mais on n'est ici pas loin de Jean Echenoz, avec des phrases sèches et rythmées où d'infimes détails et une ponctuation stricte jouent de l'effet, faisant rebondir les situations pas forcément où on les attend. Les pages de Prêt à tout se tournent alors et captivent comme les points d'une compétition impitoyable. Et les efforts d'Alice pour trouver la faille dans le jeu de la vie et gagner une liberté légitime illustrent tout ce que la jeunesse attend et offre aux adultes censés l'élever et qu'ils ne voient pas toujours. Car de qui ce livre est-il l'histoire, finalement ? Alice ? Son père ? Sa famille ? Le tennis ? La nôtre ?
Un discours institutionnalisé sur la maternité prédomine dans notre société et dicte ce qui fait d'une femme une « bonne » mère. Les auteurs de cet ouvrage résistent à ce discours en présentant l'expérience de la maternité sous ses multiples visages, y compris ceux en contexte d'itinérance, de toxicomanie, de violence et de pauvreté.