Stéphane Frioux
Stéphane Frioux
Dans un contexte social et médiatique largement ouvert sur les thématiques et problématiques environnementales, l'animal sauvage s'invite dans les débats humains. Objet de discussions passionnées de la part des scientifiques, des naturalistes et des écologues professionnels aussi bien qu'amateurs, il a désormais acquis droit de cité dans les travaux des sciences humaines et sociales. Dans leur diversité, les animaux non domestiques ont parfois été redoutés ou chassés pour procurer des ressources indispensables à la vie humaine. L'ère contemporaine a commencé à brouiller les frontières que l'on croyait solidement établies entre différents statuts accordés aux animaux : certaines espèces sont désormais considérées comme victimes de l'action humaine dans un contexte d'inquiétude grandissante face aux dégradations réelles ou supposées commises par les hommes à l'encontre des écosystèmes. Des animaux emblématiques, tels l'ours et le loup, font l'objet de mesures de protection ou de restauration, le brouillage des frontières entre nature et culture, domestique et sauvage, étant illustré par l'artificialisation d'espaces et d'espèces que l'on voudrait maintenir « sauvages ». Les études de cas rassemblées dans le présent ouvrage s'interrogent sur la place de l'animal en France : cadre d'enquête volontairement restreint, mais qui permet cependant un vaste questionnement interdisciplinaire, balayant différents espaces (littoraux, montagnards, mais aussi urbains), sur une durée longue.
En matière d'hygiène et de santé, la période qui s'étend des années 1770 jusqu'aux lendemains de la Première Guerre mondiale marque une véritable révolution. À côté de « victoires » restées célèbres comme les vaccinations contre la rage et contre la variole, on assiste à une première médicalisation de la société. Partout en Europe, dans un contexte de plus en plus urbain et industriel, un système d'acteurs se met en place. Il inclut des professionnels plus nombreux, mieux formés, les pouvoirs publics ou les initiatives privées et des individus dont le rapport au corps et à la santé se modifie considérablement. Une époque d'indéniables progrès qui ne doit pas empêcher de prendre en compte les limites des combats hygiénistes, grâce à une synthèse inédite de travaux récents menés sur les problèmes de l'eau, des pollutions urbaines ou des maladies professionnelles. Destiné aux étudiants en histoire ou à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la médecine et des soins, le présent ouvrage combine le récit chronologique avec de nombreuses approches thématiques. Il intègre également la dimension internationale de la circulation des hommes et des pratiques, car elle réside au coeur de la genèse des systèmes de santé modernes.
Moment pivot dans l'histoire environnementale de la France, la IIIe République est profondément marquée, jusque dans son idéologie, par une certaine conception de la nature et de l'environnement. Elle se distingue par une identité duale, tout à la fois celle de la petite paysannerie et des paysages ruraux, et celle des hauts lieux de la modernité dont Paris est l'archétype.La période prise entre les bouleversements du premier XIXe siècle et la " Grande Accélération " d'après 1945, se caractérise par un fort volontarisme politique qui cherche à accompagner le " progrès " - notamment celui porté par la deuxième industrialisation - dans les transformations qu'il fait subir au territoire.Si les moyens ne sont pas toujours à la hauteur, l'ambition est là : jardiner le plus intensément possible la France, la rendre productive dans tous ses recoins pour favoriser la prospérité de la nation. Cette mise à profit des ressources naturelles s'appuie également sur un empire colonial qui s'étend et se structure, et dont l'environnement est bouleversé par le prométhéisme républicain et sa logique d'extraction.Pour ce régime né et mort de défaites militaires, et qui a dû affronter les horreurs du premier conflit mondial, la guerre est l'horizon constant : elle détermine à son tour un rapport singulier à une nature à mobiliser ou à soigner. La IIIe République est ainsi ce moment historique singulier, tissé d'audace et de prudence dans le rapport des contemporains à la modernité et à l'environnement, où s'esquisse le visage de la France d'aujourd'hui.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, les sociétés humaines ont vécu une double transition : vers un mode de vie et un environnement sans cesse plus urbanisés, et vers une prise en compte accrue de l'impact environnemental de leurs activités. A partir des années 1970, les deux phénomènes se sont nourris mutuellement, suscitant une multitude d'initiatives pour défendre des espaces « naturels », ou lutter contre la pollution industrielle ou automobile. Une enquête collective menée dans les agglomérations de Lyon et de Grenoble, mais aussi au niveau des politiques nationales, restitue la richesse d'innovation sociale de cette époque, les bouleversements subis par les territoires urbanisés, et apporte une profondeur historique indispensable à la réflexion sur la situation contemporaine. Stéphane Frioux est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Lyon 2 et membre du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (UMR CNRS 5190 LARHRA). Il a coordonné le projet de recherche TRANSENVIR.